Créer des quartiers où il fera bon vivre

Croître sans s'étaler, c'est favoriser la transformation de... (ILLUSTRATION FOURNIE PAR VIVRE EN VILLE)

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Croître sans s'étaler, c'est favoriser la transformation de quartiers existants en des milieux de vie complets, qui soutiennent une diversité d'activités et de modes de transport, estime l'organisation Vivre en Ville.

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Les villes croissent en contrôlant de plus en plus leur destinée. Appelées à se densifier sans s'étaler, plusieurs poussent loin leur réflexion pour tirer le meilleur parti de secteurs déjà établis et créer des quartiers où il fera bon vivre. C'est le cas à Montréal, Laval, Québec et Candiac, ont découvert ceux qui assistaient au premier Rendez-vous Collectivités viables, organisé le 14 juin par Vivre en Ville pour souligner son 20anniversaire.

Le point commun de ces quatre municipalités? Leur intention de construire des milieux de vie inspirants, indique Christian Savard, directeur général de l'organisme fondé en 1996 pour inciter les villes à changer leur mode de croissance.

«On sait que des gens veulent continuer de s'étaler, sans se compliquer la vie. Mais on sent chez d'autres un désir de reconstruire la ville sur la ville. On veut le montrer et inspirer.»

Les parcelles de terrain sous-utilisées, les espaces en friche et les stationnements abondent dans nos centres-villes et nos banlieues, fait-il remarquer. «Ils pourraient être exploités pour accueillir la croissance anticipée au cours des prochaines années, dit-il. Il faut en tirer profit pour changer progressivement le visage des municipalités.»

Les quatre villes québécoises au premier plan lors du colloque désirent transformer des zones conçues pour l'automobile ou d'anciennes friches industrielles, qui sont loin d'être accueillantes. Les secteurs Namur-De la Savane et Anjou-Langelier, l'ancienne gare de triage d'Outremont et ses abords (Montréal), la portion sud du parc industriel Montcalm (Candiac), la redéfinition d'un tronçon de 900 m de la route de l'Église (une artère importante à Québec) et les abords des stations de métro Cartier, De la Concorde et Montmorency (Laval) sont quelques exemples des endroits appelés à être métamorphosés dans un avenir plus ou moins rapproché.

Or, chacune de ces municipalités se dote d'outils réglementaires pour reconstruire à sa façon ces coins de son territoire et favoriser l'éclosion de quartiers dynamiques, bien desservis par les transports collectifs, où les déplacements à pied et à vélo pourront se faire en toute sécurité.

«On va tenter d'humaniser certains coins du territoire et gagner du terrain sur l'automobile», a souligné Daniel Cyr, conseiller en aménagement urbain au Bureau des grands projets, à Laval.

Ailleurs au Canada

Les actions entreprises par trois villes proactives, Edmonton, Toronto et Ottawa, ont aussi été mises de l'avant afin d'inspirer les 200 personnes réunies dans la salle.

«Pour planifier l'avenir, une nouvelle façon de penser est requise», a indiqué Peter Ohm, urbaniste en chef de la Ville d'Edmonton, aux prises avec une croissance rapide due à l'immigration et la création de nouveaux quartiers aux extrémités tandis que les quartiers centraux sont en déclin.

Le plan de développement municipal «The Way We Grow», adopté il y a six ans, permet la construction de l'intérieur, vers le haut, dans les quartiers existants («build in, build up»). Des quartiers dominés traditionnellement par des bungalows commencent à se densifier, alors que les maisons vieillissantes sont remplacées par des maisons jumelées ou en rangée et des tours d'habitations.

«Il y a une plus grande diversité d'options, et les personnes âgées ont la possibilité de demeurer dans leur quartier quand elles vendent leur propriété, a-t-il précisé. C'est bon pour les écoles et pour les commerces, et la communauté demeure pleine de vie.»

Le rôle des promoteurs a aussi été exploré. Des représentants de la Corporation Proment, d'Ivanhoé Cambridge, de Prével et de Tergos ont expliqué comment ils s'y prennent pour accroître la qualité de vie dans leurs projets respectifs.

«La banlieue est encore perçue comme le lieu où élever des enfants», a quant à elle souligné Carole Després, codirectrice du Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues.

Alors qu'un nombre élevé de maisons et d'infrastructures, datant d'une cinquantaine d'années, doivent être rénovées, l'occasion est belle de faire une remise en question, croit-elle.

«On peut refaire à l'identique ou on peut faire mieux, pour passer de banlieue à écobanlieue», a-t-elle souligné.

Vivre en Ville en a profité pour lancer deux publications de la collection Outiller le Québec, afin de croître sans s'étaler.

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