Les conteneurs à l'honneur

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Le 30 août dernier, 99 étudiants ont reçu les clés de leur conteneur, au Havre, en France.

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Les constructions qui intègrent des conteneurs suscitent beaucoup de curiosité. Le phénomène n'est pas nouveau. Mais depuis une dizaine d'années, avec l'internet, les réalisations attirent davantage l'attention, à travers le monde.

Parmi les plus réputées, notons le complexe Container City et l'hôtel Travel Lodge, tous deux à Londres, les logements pour étudiants à Keetwonen, à Amsterdam, le musée Papertainer en Corée du Sud, ainsi que les logements du collectif TAM Associati pour les médecins d'un hôpital au Soudan. À la fin d'août, par ailleurs, une résidence universitaire a été inaugurée au Havre, en France.

Plusieurs résidences privées sont aussi faites à partir de conteneurs maritimes. Au Québec, l'architecte Pierre Morency a utilisé trois conteneurs pour réaliser sa résidence secondaire, le chalet du chemin Brochu au lac Aylmer. En 2007, son projet lui a valu le prix Marcel-Parizeau de l'Ordre des architectes du Québec pour une maison de moins de 150 000$.

Sept conteneurs donnent une forme originale à la... (Photo: Robert Mailloux, archives La Presse) - image 2.0

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Sept conteneurs donnent une forme originale à la maison de Jocelyne Labelle et Bernard Morin.

Photo: Robert Mailloux, archives La Presse

À Sainte-Adèle, la jeune entreprise Maison Idekit se spécialise dans la construction de maisons, d'usines, d'entrepôts et d'espaces à bureaux faits à partir de conteneurs maritimes de dernier voyage. «Il n'y a pas de limite à l'imagination», indique avec enthousiasme l'architecte Bernard Morin, qui a entraîné sa conjointe, Jocelyne Labelle. dans l'aventure.

Leur carnet de commandes se remplit. D'ici janvier, ils ont six habitations à livrer, qui intègreront de quatre à douze conteneurs, dans différentes régions du Québec et dans la région d'Ottawa. «On ne peut pas produire à grande échelle et faire des projets personnalisés, indique Bernard Morin. Mais éventuellement, nous voulons faire des logements en série.»

Après avoir effectué un projet sur la conversion de conteneurs dans le cadre de leur maîtrise en affaires internationales et gestion du design, à Toulon, en France, cinq diplômés ont décidé d'aller plus loin dans cette direction. Dans un premier temps, ils ont fait le relevé de ce qui s'est fait, dans le monde, sur un site internet encore en ligne. Ils sont maintenant à la recherche de leur premier contrat.

«Le conteneur est un objet de rêve pour un designer, indique Mike Pinder, un des membres de l'équipe d'Intra+, joint en France. Il a une structure solide, mais il offre en même temps beaucoup de flexibilité. De plus, il ne coûte pas cher et comme on le recycle, on obtient un crédit fiscal.»

Un blogueur français, qui se fait connaître sous le pseudonyme de dA dOrf, s'intéresse depuis 10 ans au phénomène. Son site, container.li, attire 10 000 internautes chaque mois.

Le designer trouve inconcevable que les maisons soient encore construites sur des chantiers, sous la pluie, comme à l'époque des Romains. À l'instar des avions et des voitures, il croit qu'elles devraient être préfabriquées en usine. C'est pourquoi les conteneurs ont attiré son attention.

«La révolution à laquelle je m'attendais ne s'est jamais produite, a-t-il indiqué lors d'un entretien téléphonique. Certes, les conteneurs, posés sur des terrains, sont monnaie courante dans les pays en voie de développement ou dans les bases polaires. Mais on compte moins d'une centaine de réalisations qui ont une valeur architecturale significative et une vraie valeur sur le marché immobilier, dans le monde.»

Un des écueils? Ce produit d'occasion, qui n'a pas été pensé pour la construction, doit se conformer aux normes de l'industrie. C'est un défi technique que les constructeurs et les architectes relèvent individuellement, en l'absence de normes spécifiques aux conteneurs, et qui se complexifie à mesure que les boîtes de métal sont empilées, découpées et assemblées.

Les habitations réalisées sur mesure à l'aide de conteneurs ne coûtent pas beaucoup moins cher que des maisons conventionnelles, précise Bernard Morin, de Maison Idekit. «Si on fait un bâtiment selon les règles, on économise sur la structure, dit-il. Mais la finition intérieure et extérieure, la plomberie et l'électricité demeurent les mêmes. Dans notre cas, les conteneurs ont toujours un revêtement extérieur pour se conformer aux règlements municipaux. Nous avons quand même l'avantage de travailler en usine, dans des conditions contrôlées.»

La prochaine étape? Il s'est inspiré d'Habitat 67 pour concevoir un complexe en copropriété composé de conteneurs, répartis sur trois ou quatre étages. Les modules sont espacés de façon à laisser passer la lumière. Il est à la recherche d'un promoteur dans la région de Montréal. C'est à suivre...

Pour plus d'information: www.container.li, www.intra-plus.com, www.maisonidekithome.com, www.estaqueconteneur.over-blog.fr

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