Émonder pour mieux préserver

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Selon Nathalie Vézina, coordonnatrice à la Société internationale d'arboriculture Québec, il y a toujours un maximum de branches que l'on peut élaguer, normalement pas au-delà de 20 %. Procéder ainsi permet de préserver la santé de l'arbre à long terme.

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Montréal est l'une des rares grandes villes qui peuvent s'enorgueillir de compter sur une impressionnante canopée, une richesse en milieu urbain. Ce qui la distingue est le nombre d'arbres ailleurs que dans les parcs, et les propriétaires semblent de plus en plus conscients de leur valeur. Longtemps négligé, l'entretien des arbres commence à trouver sa place dans l'aménagement résidentiel.

Le réflexe n'est toutefois pas encore aussi ancré que celui d'entretenir son jardin ou sa pelouse. Il faut parfois certains événements pour nous rappeler à l'ordre. «Quand il vente fort, que des branches s'abattent sur des voitures, les gens voient la catastrophe à la télé, ils prennent peur et notre téléphone explose», explique Denis St-Germain, copropriétaire d'Émondage St-Germain. 

«La demande augmente aussi quand ils travaillent dans leur jardin ou quand ils ouvrent leur piscine et s'aperçoivent qu'il y a trop d'ombre et que l'eau reste froide!» C'est un peu pourquoi la demande est forte au printemps dans les entreprises d'élagage. 

Mais contrairement à la croyance populaire, l'entretien des arbres peut se faire à tout moment, ou presque. «Il n'y a pas de période prescrite pour faire l'élagage, soutient Nathalie Vézina, coordonnatrice de la Société internationale d'arboriculture Québec (SIAQ). On va essayer de respecter la dormance, la coulée de sève et la floraison d'un arbre en fonction de son essence. Par contre, quand il y a danger, la sécurité prévaut, évidemment. Les travaux se font donc 12 mois par année. Ce sont seulement les restrictions d'accès aux sites qui rendent les interventions moins propices pendant l'hiver.» 

Importante formation

Les épisodes de verglas de plus en plus fréquents et, plus récemment, les problèmes avec l'agrile du frêne ont toutefois poussé certains à s'improviser élagueurs, selon Mme Vézina. «Il n'y a pas de permis nécessaire, contrairement au domaine de la construction, fait remarquer la coordonnatrice de la SIAQ. Mais il faut avoir vu de vrais élagueurs travailler dans un arbre pour comprendre qu'on est loin du travail à l'égoïne.»

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Les élagueurs qui sont formés pour travailler près des fils à moyenne tension disposent d'un équipement spécialisé comme des nacelles isolées, des mâts plastifiés ainsi que des outils isolés. Le tout est testé chaque année.

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Il est donc recommandé de faire affaire avec un élagueur membre de la SIAQ. «On s'assure de bénéficier d'un spécialiste diplômé en arboriculture qui dispose d'une assurance responsabilité civile et qui est enregistré auprès de la CNESST, fait valoir Mme Vézina. Aussi, ils ne travaillent pas au noir.» 

Et quand les travaux doivent se faire près de fils électriques à moyenne tension, on doit par ailleurs faire appel à des élagueurs mandatés par Hydro-Québec. «Il faut avoir suivi la formation de base donnée par Hydro-Québec, après quoi il faut compter sur des employés qui ont déjà fait ce genre de travail, car la meilleure formation se fait sur le terrain, soutient Denis St-Germain. Un élagueur réseau doit, entre autres, être capable de contrôler où ses branches vont aller. Aussi, il faut toujours avoir peur, se méfier, car ça demeure un travail dangereux. Mais il y a toujours des élagueurs casse-cous parce que c'est toujours l'argent qui mène... Le client va, bien sûr, choisir le travailleur qui demande 400 $ au lieu de 1200 $. Mais l'an dernier encore, il y a eu un mort. L'ignorance est le plus grave danger.» 

Des prix qui varient

Plusieurs facteurs influent sur le prix d'une opération d'élagage, notamment l'essence de l'arbre, son emplacement, les obstacles qui l'entourent, sa grosseur, le type d'élagage qui doit être fait, les équipements et le nombre d'élagueurs requis, le niveau de qualification des professionnels, le degré d'urgence et même la proximité géographique des équipes d'intervention. 

C'est pourquoi il vaut mieux ne pas être trop pressé et planifier ses travaux. 

«Plus on avance en saison, plus le calendrier s'allonge. Le printemps est donc la période idéale pour penser faire ses travaux. Comme les élagueurs vont travailler en fonction des urgences, c'est souvent mieux quand le client n'est pas pressé», indique Nathalie Vézina.

Aussi, comme pour tout autre corps de métier, vaut mieux recueillir trois soumissions. «Un client qui est en amour avec son arbre mais qui suspecte une maladie peut tomber sur un entrepreneur sans scrupule qui va couper même si ce n'est pas nécessaire, reconnaît Nathalie Vézina. C'est comme un garagiste qui remplace une pièce qui n'a pas besoin d'être changée... Mais un élagueur consciencieux va savoir qu'on peut lui demander de revenir régulièrement par la suite. À terme, il y a plus d'argent à faire avec un bon entretien et c'est meilleur pour la santé de l'arbre. Ça démontre l'importance de faire un élagage cyclique lorsque c'est nécessaire.»




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