Terrasses vite faites, mal faites

Ce cylindre de béton n'a pas été coulé... (PHOTO FOURNIE PAR PUR PATIO)

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Ce cylindre de béton n'a pas été coulé à une profondeur suffisante pour résister aux mouvements du sol.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

En franchissant la porte-fenêtre, vous découvrez une belle grande terrasse, véritable prolongement de la cuisine pour les jours d'été. Combien de temps cette structure de bois gardera-t-elle fière allure?

La plupart des terrasses en milieu résidentiel commencent à se dégrader en moins de cinq ans. Mal conçues, elles finissent par s'affaisser, se décrocher de la maison et pourrir. Voici comment repérer leurs plus flagrants défauts de construction.

En construction neuve, la terrasse est souvent le dernier élément mis en place. L'entrepreneur a hâte de terminer son projet. Et surtout, il sait qu'une terrasse mieux construite ne lui rapportera pas un cent de plus.

«Notre gros marché, ce sont les maisons qui ont moins de cinq ans. La terrasse est complètement à refaire», explique Louis Philippe Lord, propriétaire de Pur Patio.

Les erreurs que commettent les entrepreneurs généraux sont largement répétées par les propriétaires qui s'aventurent dans la construction de leur terrasse en se contentant de quelques conseils recueillis en quincaillerie.

L'appui au sol

Au Québec, nos sols sont souvent imbibés d'eau. Ils subissent plusieurs épisodes de gel et dégel, surtout au printemps. Cela provoque des mouvements de sol qui peuvent facilement soulever une terrasse et la déposer tout croche.

Les poteaux de bois dont la base est enfouie dans le sol ou simplement déposée sur une plaque de béton carrée sont à proscrire. Ils bougeront avec le sol et finiront par pourrir.

Les poteaux appuyés sur un bloc de béton de type «Dek-Block», communément appelé «patte d'éléphant», finiront aussi par bouger. Ces blocs déposés en surface du sol subiront les mouvements du gel et dégel et les transmettront à la terrasse.

Enfouis dans le sol, les cylindres de béton de type «Sonotube» seraient une bonne solution, mais ils sont la plupart du temps mal installés. Le sol gelé s'agrippe aux parois poreuses du béton et parvient à les soulever. Il leur faudrait une semelle plus large en leur base, pour contrer cette traction.

Ressemblant à une hélice de bateau, le pieu vissé est l'appui à préférer. Il est vissé à environ deux mètres dans le sol, sous la profondeur du gel. Il est installé par des entrepreneurs spécialisés, pour environ 150 $ le pieu.

«Le pieu vissé est devenu tellement abordable qu'on n'a plus de raison de ne pas s'en servir» - Gabriel Larocque, fondateur de Balcons urbains.

L'ancrage à la maison

Les terrasses sont très souvent mal fixées à la maison. En démontant une vieille terrasse, il n'est pas rare de découvrir que de l'eau s'est infiltrée et que même la structure du bâtiment auquel elle s'accroche est pourrie.

En situation de transaction immobilière, un bon inspecteur en bâtiment n'hésitera pas à se faufiler sous la terrasse, pour tenter de voir si des ancrages adéquats ont été utilisés et si la pourriture a déjà commencé son oeuvre.

Structures douteuses

Les poteaux doivent servir à soutenir une poutre, qui elle soutient plusieurs solives. «J'ai souvent vu des poteaux espacés aux huit pieds, mais sans poutre pour relier les solives», rapporte Gabriel Larocque. Parfois, il n'y a qu'une seule poutre pour 16 pi de portée, ce qui est largement insuffisant.

Même les entrepreneurs tournent les coins ronds en enfonçant des vis à 45 degrés pour retenir toutes ces pièces de bois ensemble. «Une vis ou un clou en diagonale, ça ne tient rien et ça fait fendre le bois dans le sens de son grain, explique Louis Philippe Lord. On utilise plutôt des étriers, à 1,50 $ la pièce en quincaillerie.»

En vrac...

AUCUN ESPACE ENTRE LES PLANCHES

L'humidité et les résidus organiques resteront emprisonnés dans le plancher, ce qui entraînera leur pourriture.

CLOUS ET VIS D'INTÉRIEUR

Le métal des clous et vis qui ne sont pas conçus pour un usage extérieur se dégradera en réagissant au cuivre contenu dans le traitement du bois.

COUPES NON TRAITÉES

Dès qu'on réalise une coupe dans une pièce de bois traité, la face exposée doit être traitée au pinceau. Sinon, c'est par cette face que la pourriture attaquera.

PORTES TROP BASSES

Le bas de la porte-fenêtre devrait être au moins 10 cm plus haut que le niveau du plancher de la terrasse, pour prévenir les infiltrations d'eau par le seuil.

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