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Elle voulait de gros seins, son médecin est radié

C'est l'histoire d'une patiente qui voulait de gros seins. D'énormes seins. Des seins hors du commun. Et c'est l'histoire d'un médecin qui a accepté de procéder à l'augmentation mammaire avant de se rendre compte que le corps a ses limites.

Résultat: une patiente au sein droit déformé de façon importante et un médecin radié pour huit semaines.

Aussi contrite se soit-elle montrée, le docteur Élise Bernier, une omnipraticienne, a reçu le 12 août sa sanction du comité de discipline du Collège des médecins.

L'histoire remonte au 25 mars 2005. Le docteur Bernier essaie alors d'implanter une prothèse de 800 cc à sa patiente, dont l'identité est gardée confidentielle dans la décision du comité de discipline.

150 augmentations mammaires

Le docteur Bernier avait déjà procédé à quelque 150 augmentations mammaires, mais n'avait jamais tenté le coup avec une aussi grosse prothèse.

Et elle aurait dû s'en abstenir, selon le rapport d'expertise que le docteur Éric Bensimon a soumis afin de soutenir les prétentions du plaignant, le docteur Claude Mercure, syndic adjoint au Collège des médecins.

"Il nous arrive à tous de refuser d'opérer des patientes qui ont des demandes irréalistes, écrit le docteur Bensimon. Non seulement le docteur Bernier a accepté de l'opérer, mais elle a mis des implants encore plus gros que ceux que la patiente demandait."

Selon le comité de discipline, le médecin a erré en rassurant sa patiente sur la faisabilité de la chirurgie et "en procédant déraisonnablement à ladite chirurgie" qui, "bien que purement esthétique et élective, comportait des attentes hors du commun", compte tenu du volume mammaire recherché, du volume excessif des prothèses installées et de la morphologie de la patiente. La patiente, dont le sein s'est nécrosé, a dû subir une autre opération et a dû se faire retirer ses prothèses. Malgré cela, son sein droit demeure déformé.

Disant vouloir éviter à son ex-patiente de revivre les événements, le médecin Bernier a choisi de plaider coupable. Elle a préféré ne pas témoigner en personne, mais elle a fait savoir par écrit qu'elle reconnaissait et regrettait d'avoir sous-estimé de bonne foi les risques et la complexité de l'intervention. Cette opération, a-t-elle insisté, n'est pas "un juste reflet" de sa pratique. En audience, son procureur a cependant signalé à sa défense combien la compétition est vive dans le domaine de la chirurgie esthétique.

Le comité de discipline n'a pas retenu cet argument, étant d'avis "qu'une telle prémisse ne devrait jamais faire perdre de vue aux médecins oeuvrant dans ce domaine leurs devoirs et obligations déontologiques (...)."

Le Dr Bernier a promis que plus jamais elle ne poserait des implants mammaires de plus de 400 cc par côté.

Dans sa décision, le comité de discipline a rappelé que lorsqu'une chirurgie est purement esthétique, refuser d'opérer quand les attentes sont démesurées "fait partie des standards d'une bonne médecine".

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