Les poêles à bois plus polluants que les autos

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Un poêle à bois homologué EPA.... (Photo: AFP)

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Un poêle à bois homologué EPA.

Photo: AFP

François Cardinal
La Presse

La majorité des épisodes de smog et de mauvaise qualité de l'air à Montréal sont liés non pas à l'utilisation de l'automobile, mais bien à celle, très polluante, des poêles à bois, préviennent des experts.

L'utilité et l'aspect réconfortant des appareils de combustion domestiques ont en effet un important revers: ils nuisent à l'environnement et à la santé publique en émettant des particules fines, potentiellement cancérigènes, qui s'attaquent au système respiratoire.

  Selon une étude d'Environnement Canada, la concentration de particules fines émise par le fonctionnement d'un poêle durant une période de neuf heures équivaut à l'émission d'une voiture intermédiaire roulant pendant une année complète.

«Quand on regarde les particules émises par les poêles à bois, on se rend compte qu'elles sont comparables à celles que l'on retrouve dans la fumée secondaire de la cigarette», indique le Dr Louis Drouin, de la Direction de la santé publique de Montréal.

Bon an mal an, Montréal peut connaître une soixantaine de jours pendant lesquels les normes sur la qualité de l'air sont dépassées. Les particules fines provenant du chauffage au bois et, dans une moindre mesure, des feux d'artifice, sont à l'origine de «la majorité des journées de mauvaise qualité de l'air», selon le Réseau de surveillance de la qualité de l'air à Montréal.

Les mesures effectuées récemment dans les stations de surveillance de la Ville ont d'ailleurs confirmé le lien entre smog et poêles à bois. À la mi-janvier, on a observé que la qualité de l'air dans les secteurs où il y a une forte concentration de poêles à bois était «mauvaise», alors qu'elle était acceptable au centre-ville.

«En hiver, les poêles à bois sont définitivement le problème le plus important, confirme André Bélisle, de l'Association de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Vu leur popularité grandissante depuis la crise du verglas, les épisodes de smog hivernal sont donc plus fréquents, plus sévères et aussi plus longs.»

Le nombre de poêles à bois au Québec a crû de 60% entre 1987 et 2007, selon Statistique Canada, alors que le nombre de logements a augmenté de 20% sur la même période.

1,5 million d'autos

La Ville de Montréal évaluait à 85 241 le nombre d'appareils de combustion au bois dans l'île en 2007, et à 50 550 unités sur son territoire.

«Si chacun des appareils de combustion au bois localisés sur le territoire de la Ville était utilisé 9 heures par jour durant 1 mois, le total des particules fines émises correspondrait à celui d'environ 1,5 million de véhicules roulant 18 000 km annuellement!», notait l'administration Tremblay dans un communiqué de presse il y a quelques mois.

Les poêles à bois sont tout particulièrement nocifs en raison de la taille des particules qu'ils émettent. Elles sont si petites qu'elles se logent dans les poumons à chaque respiration et ce, que l'on se trouve dans un quartier à forte concentration de poêles ou à l'intérieur d'une maison chauffée par un tel appareil.

Selon l'Association pulmonaire du Québec, la fumée de bois provoque une augmentation des symptômes respiratoires, du nombre de visites au service des urgences pour des infections des voies respiratoires inférieures, une exacerbation de l'asthme et une diminution de la capacité respiratoire.

«Les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes d'une maladie cardiorespiratoire préexistante courent plus de risque de souffrir de la fumée de bois, précise-t-on. Toutefois, les polluants dangereux associés à la fumée de bois affectent également les personnes en bonne santé.»

Pour en savoir plus: ville.montreal.qc.ca

santepub-mtl.qc.ca

www.pq.poumon.ca

***

 

Chauffer au bois pendant 9heures = rouler en auto pendant une année

Poêles à bois à Montréal:

Île: 85 241

Ville: 50 550

Contaminants de la combustion du bois (EPA):

17 contaminants prioritaires

14 potentiellement cancérigènes

4 cocancérigènes

6 s'attaquent au système respiratoire.

 

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