Le Canada ratifie l'accord de Paris

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Le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

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(OTTAWA) «Journée historique». «Un grand moment pour le Canada». De Washington à Ottawa en passant par les principales capitales des pays de l'Europe, on a souligné à grands traits mercredi l'entrée en vigueur prochaine de l'accord de Paris sur les changements climatiques, résultat de la ratification de l'accord par un nombre suffisant de pays au cours des dernières semaines.

Le Canada fait partie de la liste des pays qui ont officiellement ratifié l'accord à la suite d'un vote de 207 à 81 à la Chambre des communes et au terme de trois jours de débats souvent acrimonieux. Le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois ont voté en faveur de la motion ratifiant l'accord tandis que le Parti conservateur a voté contre.

Ce vote a eu lieu mercredi soir quelques heures après que l'ONU a annoncé que l'accord de Paris sur le climat entrerait en vigueur dans 30 jours, soit avant le coup d'envoi de la prochaine grande conférence climat (COP22) à Marrakech, au Maroc.  Le seuil requis - ratification par 55 pays représentant au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre - a été franchi.

« C'est un grand moment pour le Canada », a affirmé la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, avant la tenue du vote dont l'issue ne faisait aucun doute étant donné que le gouvernement libéral de Justin Trudeau est majoritaire aux Communes.

À Paris en décembre 2015, les États se sont entendus pour limiter en dessous 2°C (voire 1,5°) la hausse du thermomètre mondial par rapport à la Révolution industrielle, sous peine d'impacts ingérables. À ce stade, les engagements nationaux pris dans ce cadre conduisent le monde à +3°C.

Le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

Le vote de mercredi est survenu deux jours après que le premier ministre a annoncé que le gouvernement fédéral imposera une taxe carbone de 10 $ la tonne dans les provinces qui n'auront pas adopté une forme de tarification du carbone à partir de 2018. Cette taxe sera majorée de 10 $ la tonne par année par la suite pour atteindre le prix plancher de 50 $ à compter de 2022.

Les provinces telles que la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse qui n'ont aucune forme de tarification du carbone auront deux ans pour adopter leur propre plan à défaut de quoi elles se verront imposer une taxe par Ottawa.

Cette mesure a été vivement dénoncée par le Parti conservateur à Ottawa et par certaines provinces, en particulier la Saskatchewan.

Aux Communes, mercredi, soir, le Parti conservateur a voté contre la motion du gouvernement ratifiant l'accord de Paris parce qu'il s'oppose à la partie de la motion qui évoque l'idée d'imposer une taxe carbone comme moyen de lutter contre les changements climatiques. Il a d'ailleurs tenté d'amender la motion permettant la ratification de l'accord de Paris afin de préciser que les provinces auraient la latitude adopter les mesures qui leur conviennent pour réduire les émissions de GES. Mais cet amendement a été défait.

«Nous sommes d'accord avec l'accord de Paris. Nous sommes d'accord sur le fait qu'il s'agit d'une taxe, mais nous ne sommes pas d'accord avec l'idée de la charger à la population canadienne. L'idée même d'imposer une taxe est très libérale», a déclaré le chef adjoint du Parti conservateur, Denis Lebel.

«Nous sommes pour l'accord de Paris. Nous sommes pour l'accord de Paris. Nous sommes pour l'accord de Paris. Est-ce que je peux être plus clair que ça? Nous ne sommes pas en faveur de l'imposition d'une nouvelle taxe et ça doit se faire avec la conjonction et le travail coordonné des provinces. Or vous avez trois provinces qui ont claqué la porte, et le premier ministre l'a dit, il impose - c'est le mot qu'il a employé à la période de questions lundi - il impose une nouvelle taxe. Ce n'est pas une bonne idée », a pour sa part affirmé le député conservateur Gérard Deltell.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a déploré la décision des conservateurs de voter contre la motion. « Tant pis pour eux. Le monde entier se mobilise pour lutter contre les changements climatiques et on le fera sans les conservateurs canadiens. Ça fait 10 ans qu'ils nous bloquent de toute façon », a-t-il déclaré.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a accusé le gouvernement Trudeau de manquer d'ambition quant aux cibles de réduction de GES - elles sont les mêmes que celles proposées par l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper - et d'avoir ratifié l'accord de Paris sans avoir élaboré un plan « clair et crédible » pour les atteindre.

À Washington, le président américain Barack Obama a salué «une journée historique» dans la lutte contre le réchauffement climatique après l'annonce de l'entrée en vigueur de l'accord international conclu à Paris fin 2015.

«Aujourd'hui est une journée historique dans la lutte pour protéger notre planète pour les générations futures», a soutenu M. Obama, estimant qu'elle pourrait rester dans l'histoire «comme un tournant».

«L'accord de Paris ne pourra, à lui seul, résoudre la crise climatique», a souligné M. Obama lors d'une brève allocution depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Cependant, a-t-il insisté, l'entrée en vigueur du texte, qui vise à limiter la hausse de la température en deçà de 2°C par rapport au niveau préindustriel, «envoie le signal que notre avenir sera celui des énergies propres».

Cet accord «nous donne la meilleure chance possible sauver notre planète», a encore dit le président américain qui avait fait de la lutte contre le changement climatique l'une de ses priorités en arrivant au pouvoir en 2009.

«Aucun pays, même un pays aussi puissant que le nôtre, ne peut relever ce défi seul. Nous devons nous y attaquer ensemble», a-t-il encore dit.

- Avec AFP

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