Front d'opposition contre la consigne des bouteilles de vin

Le projet envisagé par Québec d'étendre la consigne... (Archives La Presse, Bernard Brault)

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Le projet envisagé par Québec d'étendre la consigne aux bouteilles de vin continue de faire l'objet d'un intense lobbying de la part des détaillants et de l'industrie alimentaire.

Archives La Presse, Bernard Brault

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Le projet envisagé par Québec d'étendre la consigne aux bouteilles de vin continue de faire l'objet d'un intense lobbying de la part des détaillants et de l'industrie alimentaire.

Trois associations d'entreprises et le géant Nestlé viennent de grossir les rangs du principal lobby anticonsigne, a annoncé hier le regroupement bacs+. Deux associations se sont également enregistrées comme lobbyistes cet été pour faire pression sur le gouvernement Couillard.

La Presse a révélé en mai dernier que le ministre de l'Environnement David Heurtel avait demandé à son équipe de préparer un projet de loi pour la fin de l'été visant à consigner les bouteilles de vin. Au cabinet du ministre Heurtel, on refuse de s'avancer sur l'existence d'un tel plan. « Le gouvernement évalue toujours les différentes options pour répondre aux enjeux identifiés », s'est limité à dire l'attaché de presse du ministre, Guillaume Bérubé.

Depuis deux ans, les entreprises doivent financer à 100 % le coût des services municipaux de collecte sélective pour le traitement des contenants, emballages et imprimés mis en marché. Cette somme s'est élevée à 135 millions en 2013. L'organisme privé Éco Entreprises Québec (EEQ), qui gère le financement du système, s'est inscrite au Registre des lobbyistes à l'automne 2014 pour convaincre le gouvernement de « ne pas modifier la loi et le règlement afférents visant à l'élargissement du système de consigne public ».

«Impacts négatifs additionnels»

Le regroupement bacs+, le lobby pro-collecte sélective de l'EEQ, compte pratiquement tous les acteurs de l'industrie. Il dénonce les « impacts négatifs additionnels, dont les coûts d'exploitation d'un système dédoublé, et l'émission supplémentaire de gaz à effet de serre » de l'élargissement de la consigne. La porte-parole du regroupement, Louise Fecteau, explique que le système de collecte sélective serait mis en péril puisqu'en enlevant la moitié du verre du bac bleu, les centres de tri n'auraient « plus le volume requis pour justifier les investissements ». Le 3 juillet dernier, le lobby a écrit au ministre Heurtel pour que « le gouvernement ne procède à aucune modification du système actuel » sans consultation.

Le 10 août, l'Association canadienne de produits de consommation spécialisés s'est inscrite au Registre des lobbyistes pour s'opposer à la consigne. « Nous ne sommes pas d'accord avec l'éventuel élargissement du système de consigne pour inclure les bouteilles de vin et les bouteilles d'eau [...]. La suppression de ces articles de l'actuel système de collecte sélective aura un impact financier exorbitant sur les entreprises qui financent le système de collecte sélective », indique l'inscription en anglais. L'association représente une trentaine d'entreprises, dont les poids lourds Procter & Gamble, 3M et Unilever.

Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ), qui regroupe 10 associations, a ajouté un mandat à ses lobbyistes le 6 juillet dernier, pour inciter Québec à « revoir/modifier son orientation concernant l'élargissement de la consigne aux bouteilles de vin et d'eau ». La PDG du CTAQ Sylvie Cloutier soutient que le projet va « affaiblir le système de collecte sélective » et déplore que ce soit « encore une fois, les compagnies contributrices qui vont payer ça ».

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