Les bélugas particulièrement vulnérables aux maladies et aux catastrophes

La population de bélugas dans le Saint-Laurent reste... (PHOTO ALAIN DÉCARIE, LA PRESSE)

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La population de bélugas dans le Saint-Laurent reste stable depuis les années 80, mais elle a subi d'importants changements démographiques, avec notamment un taux de mortalité élevé chez les nouveau-nés.

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(QUÉBEC) La population adulte des bélugas du Saint-Laurent est devenue si concentrée dans l'espace qu'elle est particulièrement vulnérable aux maladies et aux catastrophes environnementales, a indiqué hier le comité fédéral qui a désigné ce mammifère marin comme une «espèce en voie de disparition».

Le rapport définitif du Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC) est toujours en révision. Mais de nouvelles informations rendues publiques hier lèvent un peu plus le voile sur les raisons qui ont mené les chercheurs à changer la désignation de l'espèce, la semaine dernière.

Le COSEPAC utilise un système de codification pour expliquer comment il évalue la situation des espèces. Les codes sur le béluga confirment que sa population a été réduite de plus de la moitié au cours des trois dernières générations.

La population trop concentrée

On apprend par ailleurs que plus de 95% des bélugas en âge de se reproduire sont regroupés dans la même population, dans un territoire restreint. La plupart des espèces comprennent des sous-populations qui sont éparpillées, mais ce n'est pas le cas de ce mammifère marin.

Cette situation les rend encore plus vulnérables, explique David Lee, spécialiste des mammifères marins au COSEPAC.

«Supposons qu'il y a un déversement, la floraison d'une algue toxique ou l'émergence de toute autre menace, ça pourrait affecter la quasi-totalité de la population», a-t-il résumé.

Depuis que les scientifiques surveillent le béluga du Saint-Laurent, dans les années 80, la population est restée stable, autour de 1000 individus. C'est moins du cinquième de la population de la fin des années 1800 et du début des années 1900.

Or, de nouveaux éléments ont incité le comité fédéral à rehausser le niveau d'alerte au sujet du béluga.

«Depuis le milieu des années 2000, la population montre des signes d'importants changements démographiques, incluant un taux de mortalité accru chez les nouveau-nés et une diminution de la proportion des jeunes individus dans la population», peut-on lire dans la «justification de la désignation».

À cette tendance démographique s'ajoutent de nombreuses menaces comme les pathogènes, les algues toxiques, la pollution, la perturbation causée par le bruit et diverses autres intrusions dans l'habitat des bélugas.

Inquiétant au possible

Robert Michaud, du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), n'est guère surpris des nouvelles explications de ses collègues du COSEPAC. Ce chercheur suit de près la population des bélugas et étudie quatre hypothèses pour expliquer la mort des nouveau-nés.

Ce phénomène récent pourrait être attribué à la diminution de la couverture de glace en hiver, à la réduction des stocks de hareng ou à la présence de contaminants, avance-t-il. La navigation de plaisance accrue en été pourrait aussi être en cause.

«Il n'y a pas de statut plus inquiétant que «en voie de disparition», indique M. Michaud. Mais si, en plus d'allumer la lumière rouge, on pouvait faire clignoter, je pense que c'est ce qu'ils auraient fait.»

La désignation du béluga du Saint-Laurent comme une espèce en voie de disparition a incité la société TransCanada à mettre sur la glace son projet de bâtir un port pétrolier à Cacouna, la semaine dernière. Ce terminal se situerait en pleine zone de reproduction des bélugas.

Un projet de loi sur la sécurité des pipelines

Le gouvernement Harper a confirmé l'adoption d'une série de mesures annoncées ces derniers mois pour renforcer la sécurité des pipelines. Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Greg Rickford, a déposé un projet de loi, hier, et il est venu le présenter à Québec, en plein débat sur l'oléoduc Énergie Est de TransCanada. Ottawa confirme qu'il exigera que chaque entreprise responsable d'un pipeline dispose d'un fonds de 1 milliard de dollars pour intervenir en cas de déversement. Il leur impose aussi la responsabilité dite «absolue», c'est-à-dire qu'elles doivent payer d'éventuels dommages causés par leurs installations même si elles n'en sont pas responsables. Le ministre Rickford ne s'en cache pas, il espère que son projet de loi permettra de rassurer les Québécois face au projet Énergie Est. «Nous sommes ici parce que les Canadiens voudraient en savoir plus au niveau des enjeux énergétiques et savoir ce que le gouvernement fédéral va faire dans la prochaine étape au niveau de la sûreté et de la sécurité des pipelines, a expliqué le ministre. Je sais bien que c'est un sujet à l'ordre du jour.»




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