Accord de Paris: les pays doivent passer de la parole aux actes, dit Ban Ki-moon

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Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a fait valoir que les pays ayant ratifié l'accord de Paris devront se soumettre à « un mécanisme bien conçu de reddition de compte » quant à leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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(REYKJAVIK) La ratification de l'accord de Paris sur les changements climatiques « n'est qu'un début », a soutenu le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, samedi. Lors d'un bref entretien avec La Presse, il a fait valoir que les pays signataires doivent maintenant passer de la parole aux actes. Ils devraient se soumettre à « un mécanisme bien conçu de reddition de comptes » quant à leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

« L'accord de Paris entrera en vigueur le 4 novembre », a-t-il indiqué en marge de sa participation à l'assemblée annuelle de l'Arctic Circle, qui porte sur les enjeux nordiques.

À ce jour, 74 pays, représentant près de 59 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ont ratifié l'accord. C'est davantage que les deux seuils fixés pour assurer sa mise en oeuvre, s'est-il réjoui. Il fallait qu'au moins 55 pays représentant 55 % des émissions mondiales acceptent officiellement l'entente.

En vertu de l'accord de Paris adopté en 2015, les pays signataires s'engagent à limiter la hausse de la température « bien en deçà de 2 °C » par rapport aux niveaux préindustriels et à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5 °C ».

Dès 2018, les pays participants devront faire le point sur leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, a indiqué Ban Ki-moon à La Presse. L'exercice aura lieu par la suite tous les cinq ans.

Le secrétaire général a ajouté qu'il devrait y avoir une aide financière importante de la part de la communauté internationale « pour aider les pays en développement » à réduire leurs émissions et à s'adapter aux conséquences des changements climatiques.

Un fonds a été créé à cette fin l'été dernier. Quelques pays se sont engagés à y contribuer. Le Canada entend le faire à hauteur de 5 millions de dollars. Il a ratifié l'accord de Paris le 5 octobre dernier.

Les promesses du Canada

Le Canada a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005. Le premier ministre Justin Trudeau a ainsi fait siennes les cibles du précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper. Pour le gouvernement Couillard, ces cibles manquent d'ambition. Il faut en faire plus pour respecter les engagements prévus à l'accord de Paris, selon Québec.

Ban Ki-moon a d'ailleurs invité la société civile à continuer de faire pression sur les gouvernements pour que ceux-ci prennent les moyens nécessaires à la mise en oeuvre de l'accord. Il a salué en conférence de presse l'élan mondial qui a permis d'arriver au résultat que l'on connaît aujourd'hui.

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L'ex-premier ministre portugais António Guterres sera le prochain secrétaire général des Nations unies.

Photo Denis Balibouse, archives Reuters

Le mandat de Ban Ki-moon se termine à la fin de l'année. Son successeur est connu : l'ex-premier ministre portugais António Guterres.

Au cours des 10 dernières années, Ban Ki-moon a fait de la lutte contre les changements climatiques une priorité. Il en a fait la preuve une nouvelle fois à l'assemblée annuelle de l'Arctic Circle, à Reykjavik. L'Arctique est en train de fondre et le sort du monde est lié à cette région, a-t-il déclaré en substance.

Le prochain grand rendez-vous sur le climat (COP22) sera la conférence de Marrakech, au Maroc, en novembre.

Le Nord au coeur de la future politique internationale du Québec

Le Québec est le seul État à l'exception de l'Islande à financer l'Arctic Circle, organisation née à Reykjavik consacrée à l'étude des enjeux nordiques. Sa contribution représente 4 % du budget annuel. Ce genre d'initiative est appelé à se multiplier : le premier ministre Philippe Couillard veut donner aux enjeux nordiques une place de choix dans la prochaine politique internationale du Québec.

Les 50 000 $ versés chaque année par le gouvernement du Québec à l'Arctic Circle proviennent du fonds du Plan Nord. C'est d'ailleurs la principale dépense, et de loin, dans la promotion internationale de ce plan gouvernemental lancé par l'ancien premier ministre Jean Charest. Le fonds consacre 70 000 $ annuellement pour faire connaître le Plan Nord à l'étranger.

L'Arctic Circle a été créé en 2013 par le président islandais de l'époque, Ólafur Ragnar Grímsson, qui en est aujourd'hui le dirigeant.

M. Grímsson a expliqué aux trois journalistes québécois présents que le budget annuel de l'Arctic Circle s'élève « approximativement » à 1 million de dollars américains (donc 1,3 million en dollars canadiens, selon le taux du jour).

« La contribution du Québec n'est pas très élevée, mais pour nous, elle est importante en tant que signal d'appui politique », dit Ólafur Ragnar Grímsson, dirigeant de l'Arctic Circle.

Il a d'ailleurs tenu à saluer l'appui du Québec envers l'Arctic Circle dès le début de sa rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard samedi, en marge de l'assemblée annuelle. M. Couillard en est à sa troisième présence à cet événement.

Présent à l'assemblée annuelle, le patron de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé, a expliqué que la contribution financière du Québec « donn[ait] plein de privilèges, des participations gratuites [à l'assemblée annuelle], de la visibilité, le local qu'on a ici. C'est un package ». Québec sera l'hôte d'un forum de l'Arctic Circle en décembre, mais on ignore à quel coût. 

Philippe Couillard voit le Québec comme un « précurseur » avec son implication dans l'Arctic Circle. Il a fait valoir que la première ministre de l'Écosse, Nicola Sturgeon, était présente à l'assemblée cette année, tout comme Ban Ki-moon. « Ça devient de plus en plus un événement, au-delà de la science, de politique internationale », a-t-il soutenu.

Québec élabore en ce moment sa nouvelle politique internationale, attendue en 2017. « Chaque fois qu'on peut entrer dans un processus multilatéral, international, sur des enjeux importants pour nous, on va le faire. Le Nord, pour nous, c'est un enjeu très prometteur sur lequel on va mettre beaucoup d'énergie dans les prochaines années », a affirmé le premier ministre.

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