Ottawa craint l'explosion des coûts des désastres naturels

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Même si elle a entraîné moins de 500 millions de dollars de dommages, la crue de la rivière Richelieu en 2011 est sans doute la pire inondation terrestre que le sud du Québec ait connue depuis la Confédération, selon Environnemnet Canada.

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Le gouvernement fédéral prévoit que la multiplication des désastres naturels causés par les changements climatiques entraînera une facture salée pour les Canadiens. Avant 1995, on avait répertorié seulement trois catastrophes naturelles qui avaient causé des dommages de 500 millions de dollars ou plus au pays. Mais entre 1996 et 2009, on a recensé chaque année un désastre naturel qui a causé des dommages de plus d'un demi-milliard.

Pour le gouvernement Trudeau, la meilleure solution pour éviter une facture encore plus salée est d'investir afin d'adapter les infrastructures du pays pour les rendre plus résistantes aux conditions météorologiques extrêmes.

Déjà une facture élevée

À 5,2 milliards de dollars, les inondations qui ont frappé le sud de l'Alberta en juin 2013 à la suite de pluies abondantes (200 mm en 2 jours) constituent la catastrophe naturelle la plus dévastatrice de l'histoire du Canada - plus coûteuse encore que la crise du verglas de 1998 (3,2 milliards). Le quart du territoire de l'Alberta a été inondé, 1000 kilomètres de chemins ont été détruits, et plus de 100 000 personnes ont été forcées de quitter leur domicile. Quatre personnes ont aussi perdu la vie. En 2013, le gouvernement de l'Alberta estimait qu'il faudrait une décennie pour reconstruire les zones sinistrées.

Un coût annuel de 43 milliards d'ici 2050?

Le ministère de la Sécurité publique, qui gère le Programme national d'atténuation des catastrophes, s'inquiète de la montée en flèche des factures liées aux désastres naturels. En moyenne, on estime que les dommages causés par les désastres naturels résultant des changements climatiques s'élèveront à au moins 5 milliards de dollars par an d'ici 2020 et oscilleront entre 21 et 43 milliards d'ici 2050. «Du point de vue du gouvernement fédéral, la hausse des coûts liés aux désastres naturels est particulièrement inquiétante dans la mesure où le Ministère gère les accords» pour dédommager les provinces frappées par les catastrophes naturelles, peut-on lire dans le cahier de breffage du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Un accord revu à la baisse

En 2015, le ministère de la Sécurité publique a modifié la formule de partage de coûts des Accords d'aide financière en cas de catastrophe (AAFCC), au grand dam des provinces. Les modifications font en sorte que la facture d'une catastrophe doit atteindre 3$ par habitant de la province touchée pour obtenir des fonds fédéraux, contre 1$ par habitant auparavant. Résultat: le Québec doit maintenant payer seul les catastrophes de 25 millions et moins, par exemple. Par la suite, la facture est partagée de manière à ce qu'Ottawa assure une plus grande part des coûts jusqu'à concurrence de 15$ par habitant. Au-delà de ce montant, le gouvernement fédéral paie 90% des coûts.

Investir pour réduire les risques

Depuis 2014, le gouvernement fédéral encourage les provinces et les municipalités à investir pour renforcer ou adapter leurs infrastructures de manière à ce qu'elles puissent mieux résister aux désastres naturels, notamment les inondations. Ottawa s'est ainsi engagé à verser 200 millions sur cinq ans, à compter de l'an dernier, pour financer diverses mesures d'atténuation des inondations. Le gouvernement Trudeau a pour sa part annoncé dans son récent budget d'autres investissements pour «l'adaptation et la résilience de l'infrastructure» aux changements climatiques. Ainsi, 248 millions seront investis pour améliorer les canaux de sortie du lac Manitoba et du lac Saint-Martin. Ce projet permettra de mieux régulariser les niveaux de ces lacs et fournira donc une protection contre les inondations pour les résidants et les entreprises établis à proximité.

Des économies à long terme

Selon la Fédération canadienne des municipalités (FCM), les gouvernements économiseront beaucoup d'argent à long terme s'ils investissent pour adapter les infrastructures aux changements climatiques : chaque dollar investi aujourd'hui peut prévenir des dommages éventuels de 9 à 38$. «Par exemple, un montant de 100 000 $ investi stratégiquement dans une structure de gestion des eaux pluviales peut prévenir plusieurs millions de dollars en dommages éventuels liés aux inondations», affirme la FCM dans un récent document publié sur les enjeux prioritaires des municipalités au moment de l'arrivée au pouvoir du gouvernement libéral. Le gouvernement fédéral est du même avis : il estime que les investissements de 1,1 milliard le long de la rivière Rouge, au Manitoba, ont permis d'économiser 30 milliards en pertes et dégâts qui auraient pu être causés par des inondations, selon le ministère de la Sécurité publique.

- Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse

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