2015 a-t-elle été l'année la plus chaude jamais enregistrée?

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Kerry SHERIDAN
Agence France-Presse
Miami

Le gouvernement américain devrait annoncer mercredi que 2015 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée, un mois après la conférence sur le climat où les dirigeants du monde se sont engagés à agir contre le réchauffement climatique.

Les scientifiques américains doivent diffuser leurs dernières données sur le mois de décembre 2015 à 12h00 à l'occasion d'une conférence téléphonique avec des membres de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) et de l'Agence spatiale américaine (NASA) qui répondront aux journalistes.

Mais l'annonce de ces chercheurs qui surveillent les températures au-dessus des terres et des océans ne fait guère de doute: 2015 devrait battre largement 2014, qui avait déjà été l'année la plus chaude enregistrée depuis le début des relevés de températures en 1880.

On sait déjà que neuf des onze premiers mois de 2015 ont battu des records de chaleur, et que «la période comprenant les 11 premiers mois de l'année a été la plus chaude enregistrée à la surface des terres et des océans», selon la NOAA, qui annonce chaque mois les résultats de ses observations.

«Nous sommes virtuellement certains que 2015 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée», a dit sans détour Jake Crouch, scientifique spécialiste du climat à la NOAA.

Des chercheurs d'un autre groupe, Berkeley Earth, qui rassemble des personnes souhaitant alerter sur les effets du changement climatique, ont déjà diffusé leurs résultats.

«Sans aucune ambiguïté, 2015 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée», affirme ce groupe. «Pour la première fois depuis le début des relevés, la température de la Terre est clairement 1°C au-dessus de la moyenne 1850-1900».

Le Berkeley Earth était pourtant plus prudent que la NOAA pour dire que 2014 avait été l'année la plus chaude: ces scientifiques indépendants avaient classé 2014 à égalité avec 2005 et 2010.

«Année importante»

Mais cette fois, des températures record en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et dans certaines parties des États-Unis ne laissent pas de place au doute: «Cette fois il est clair que 2015 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée, et de loin», a encore souligné Elizabeth Muller, directrice exécutive de Berkeley Earth.

Pour Berkeley Earth, 2015 dépasse 2014 de 0,14°C, selon les relevés de températures globaux au-dessus des terres et des océans.

Signe que la planète se réchauffe plus vite que jamais en raison des gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère lors de la combustion des énergies fossiles, les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées sont toutes intervenues depuis 1998.

Le groupe Berkeley Earth a résumé cela de manière plus directe: la Terre est d'ores et déjà à mi-chemin de l'objectif fixé par les dirigeants du monde, de rester en-dessous d'une augmentation de 2°C des températures par rapport à l'ère pré-industrielle.

La Terre pourrait «dépasser ce seuil d'ici 50 ans», prévient Robert Rohde, scientifique de Berkeley Earth.

La NOAA de son côté a estimé que la seule manière pour 2015 de ne pas devenir l'année la plus chaude serait d'avoir eu un mois de décembre inhabituellement froid, 0,16°C en-dessous du mois de décembre le plus froid jamais enregistré, qui remonte à l'hiver 1916.

Il y a peu de chances que cela se produise quand on sait que pour les États-Unis seuls, décembre a été le deuxième mois le plus chaud jamais vu.

Les dirigeants du monde se sont mis d'accord le mois dernier lors de la Conférence sur le climat (COP21) à Paris pour prendre des mesures visant à contenir à 2°C l'augmentation des températures par rapport à l'ère pré-industrielle, un pas important pour tenter de limiter les effets du réchauffement.

Mais les États-Unis, un des plus gros pollueurs au monde, comptent toujours beaucoup de climato-sceptiques, notamment chez les élus du Congrès, qui doutent ou nient complètement l'influence de l'homme dans le changement climatique.

«Je pense que pour les futures générations 2015 sera vu comme une année importante mais pas décisive dans la lutte pour aligner les politiques avec la science», a estimé l'ancien astronaute et spécialiste du climat Piers Sellers dans un éditorial du New York Times il y a quelques jours.

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