La prochaine ère glaciaire retardée à cause du réchauffement climatique

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Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère pourraient ainsi faire de l'époque actuelle la plus longue période interglaciaire de l'histoire de la Terre.

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Agence France-Presse
PARIS

La prochaine ère glaciaire, qui aurait pu intervenir dans 50 000 ans, pourrait être retardée d'autant du fait du réchauffement climatique généré par l'homme, indique jeudi une étude publiée dans la revue Nature.

Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère pourraient ainsi faire de l'époque actuelle la plus longue période interglaciaire de l'histoire de la Terre.

Sans ce facteur humain, le prochain âge glaciaire aurait pu commencer dans 50 000 ans, soulignent les auteurs, conduits par Andrey Ganopolski du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

«Mais les émissions de CO2 liées à la combustion de pétrole, de charbon et de gaz suffisent à le retarder de 50 000 ans,» indique M. Ganopolski: «En gros, nous sommes en train de sauter un cycle glaciaire, ce qui est sans précédent».

Les âges glaciaires sont liés en partie à des évolutions naturelles de l'orbite de la Terre, modifiant ainsi son exposition au soleil, et à des gaz à effet de serre.

Les ères interglaciaires tempérées durent normalement de 20 000 à 30 000 ans. La dernière période de glace s'est achevée il y a environ 11 000 à 14 000 ans, ouvrant alors l'ère géologique de l'Holocène.

Beaucoup de scientifiques parlent désormais d'«anthropocène» pour désigner la période actuelle entamée à la Révolution industrielle, marquée par l'influence de l'homme sur les processus terrestres.

«Il est stupéfiant que l'humanité puisse influencer ainsi les mécanismes de formation de la Terre», souligne M. Ganopolski, dont l'équipe a modélisé les conditions atmosphériques, océaniques, cycle du carbone, etc. des huit dernières périodes glaciaires pour prévoir les suivantes.

À ce jour, l'humanité a injecté quelque 500 gigatonnes de carbone (Gt C) dans l'atmosphère via ses émissions de CO2. Les climatologues du GIEC préviennent que le total ne doit pas dépasser 1000 Gt C si l'on veut rester sous la limite relativement gérable d'un réchauffement à + 2 °C.

Si les émissions atteignent ces 1000 Gt C, «la probabilité de voir l'ère glaciaire débuter avant 100 000 ans devrait se trouver bien réduite», estiment les auteurs.

Dans le passé, ce sont ces périodes glaciaires qui ont formé notre environnement, les sols, les paysages, «comme aucune autre force sur la planète», rappelle le directeur du PIK, Hans Joachim Schellnhuber.

Ces âges glaciaires ne sont pas forcément les plus faciles à vivre, mais le retour retardé du prochain cycle ne devrait pas compenser les impacts dévastateurs du réchauffement, soulignent les commentateurs.

«La suppression d'un âge glaciaire a moins d'impact direct que le réchauffement accru d'une planète qui aurait pu se refroidir tranquillement», relève Chris Rapley, de l'University College de Londres.

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