Climat: le projet d'accord final repoussé à samedi matin

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Le chef de la diplomatie française et président de la COP21 Laurent Fabius.

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Anthony LUCAS
Agence France-Presse
PARIS

Le projet d'accord final pour lutter contre le réchauffement de la planète a été repoussé de vendredi à samedi matin, a-t-on appris auprès de la présidence française de la conférence mondiale sur le climat.

« Nous préférons nous donner le temps de consulter les délégations tout au long de la journée de vendredi », avant de présenter le texte final en vue d'une adoption directe en séance plénière, a-t-on précisé de même source. Le texte « sera présenté samedi matin tôt pour une adoption à la mi-journée », a-t-on ajouté.

La difficile recherche d'un accord s'est prolongée dans la nuit de jeudi à vendredi à la conférence climat de Paris, la France jugeant les négociations « extrêmement proches du but » tout en appelant à des compromis pour surmonter les désaccords persistants.

« Nous sommes extrêmement proches du but » et « il est temps de conclure », a déclaré Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21, en soumettant aux 195 pays un projet d'accord intermédiaire, nouvelle base de discussion pour une nuit de tractations.

Le texte présenté jeudi soir « tranche sur plusieurs options » mais « quelques points spécifiques restent entre crochets » et ne sont donc toujours pas réglés. Il s'agit des « plus complexes », a reconnu M. Fabius, en citant « la différenciation (le partage des efforts entre pays développés et les autres, ndlr), les financements et l'ambition » de l'accord.

« Il reste à faire les derniers mètres et comme dans un marathon, ce sont souvent les derniers mètres qui sont les plus compliqués », a-t-il ajouté.

Les premières réactions des ONG étaient plutôt positives tout en regrettant des « reculs ».

Elles sont satisfaites de voir figurer dans le projet une limite du réchauffement maximal de la planète « bien en deçà » de 2 °C par rapport au niveau préindustriel, comme de voir mentionner « la poursuite des efforts pour limiter la hausse à 1,5 °C ».

Cette limite de 1,5° est une revendication de plus de cent pays, en particulier les États insulaires, menacés de disparition par la hausse du niveau des océans.

Sur l'ambition de l'accord, les ONG sont en revanche plus négatives, jugeant les dates de révision des plans de réduction des émissions de gaz des États « trop tardives » pour respecter la limite des 2 °C.

Les pays se sont entendus en 2009 sur l'objectif de +2 °C mais leurs engagements pour limiter les émissions, pris en vue de la COP21, conduisent la planète vers un réchauffement de +3 °C.

Les ministres devaient se retrouver peu avant minuit (18h, heure de Montréal) pour plancher sur le nouveau texte et reprendre les tractations entre délégations sous la présidence française.

Signe d'échanges intenses, la présentation de ce texte, attendue à la mi-journée, a d'abord été repoussée en soirée, avant d'être repoussée à samedi.

Clivage historique

Le temps presse pour surmonter les divergences et sceller ce pacte qui a pour ambition d'empêcher des dérèglements climatiques de plus en plus sévères (sécheresses, inondations, fonte accélérée des glaciers, etc.).

La séance plénière de mercredi soir, au cours de laquelle les pays s'étaient exprimés à tour de rôle, avait permis de mesurer l'ampleur des désaccords persistants sur les sujets clé.

Parmi eux, le thème récurrent de la « différenciation » entre les pays développés et les autres dans les efforts à fournir contre le réchauffement. Un clivage historique dans les négociations climatiques, et que les pays riches jugent dépassé en raison du développement économique de gros émergents comme la Chine ou l'Inde.

Autre question pesant sur les discussions, les financements dont doivent bénéficier les pays en développement, notamment, les plus vulnérables pour lutter contre le réchauffement et faire face à ses impacts.

Les pays pauvres réaffirment avec force leur droit au développement et leur volonté de ne pas être mis sur le même pied que ceux du Nord, à la fois responsables historiques du réchauffement et disposant de plus de moyens pour y faire face.

Concernant les financements, ils tiennent à ce que les 100 milliards de dollars annuels promis par les pays développés à partir de 2020 soient une somme « plancher », régulièrement revue ensuite à la hausse. Le projet d'accord présenté jeudi soir fait mention de ce « plancher », à la satisfaction des ONG, mais cette disposition est jusqu'ici refusée par les pays riches.

Le pacte qui prendra le relais en 2020 du protocole de Kyoto engagera pour la première fois les pays en développement à agir contre le réchauffement.

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