Les catastrophes climatiques ont fait 600 000 morts en 20 ans

Ce sont les populations de la Chine et... (PHOTO AARON FAVILA, ARCHIVES AP)

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Ce sont les populations de la Chine et de l'Inde qui sont les plus touchées par les catastrophes. Viennent ensuite le Bangladesh, les Philippines (ci-dessus, après le passage du cyclone Haiyan en 2013) et la Thaïlande.

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Dominique SCHROEDER, Agnes PEDREDO
Agence France-Presse
PARIS, GENÈVE

Plus de 600 000 morts au cours des 20 dernières années en raison des catastrophes climatiques : un nouveau rapport de l'ONU illustre l'urgence d'agir contre le réchauffement, à une semaine de l'ouverture de la grande conférence de Paris sur le climat.

Depuis 1995, date de la première conférence de l'ONU sur le climat (COP1), les catastrophes provoquées par des phénomènes météorologiques comme les inondations, tempêtes, vagues de chaleur, sécheresses, «ont pris 606 000 vies», a indiqué lundi le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR) dans un rapport.

Cela représente «en moyenne 30 000 vies par an, avec en plus 4,1 milliards de personnes blessées, devenues sans-abri ou ayant eu besoin d'une aide d'urgence», précise l'ONU.

La très grande majorité des victimes (89 %) vivaient dans des pays pauvres.

Les deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre (GES), responsable du réchauffement, la Chine et les États-Unis ont subi le plus grand nombre de catastrophes, du fait notamment de l'étendue de leurs territoires. Mais ce sont les populations de la Chine et de l'Inde (3e pays émettant le plus de GES) qui sont les plus touchées.

Viennent ensuite le Bangladesh, les Philippines, la Thaïlande. En Amérique, le Brésil est le pays dont la population a été la plus affectée. En Afrique, ce sont le Kenya et l'Éthiopie.

Les inondations ont représenté à elles seules 47 % des catastrophes. Elles ont touché 2,3 milliards de personnes, dont l'immense majorité (95 %) en Asie, et fait 157 000 morts.

Bien que moins fréquentes, les tempêtes ont été les catastrophes les plus meurtrières, avec 242 000 morts. Quant aux températures extrêmes, elles ont provoqué 164 000 décès.

Ces catastrophes, «de plus en plus fréquentes», ont entraîné des pertes financières évaluées à 1,9 milliard de dollars, selon l'ONU.

«Bien que les scientifiques ne soient pas en mesure de déterminer quel pourcentage de cette hausse est attribuable au changement climatique (...), il est quasiment certain que nous allons assister à une augmentation des catastrophes météorologiques dans les prochaines décennies», précise le rapport.

C'est pourquoi «il est si important qu'un nouvel accord sur le changement climatique émerge de la COP21 à Paris en décembre», souligne la directrice de l'UNISDR, Margareta Wahlstrom, dans le rapport.

195 pays se retrouvent du 30 novembre au 11 décembre au Bourget, près de Paris, pour tenter de limiter à 2 degrés la hausse du thermomètre par rapport à l'ère pré-industrielle.

«Justice climatique»

Au-delà de cette limite, le dérèglement climatique rendrait de nombreuses régions du globe inhabitables, provoquant des cyclones plus destructeurs, sécheresses, montée du niveau des océans, chute des rendements agricoles, extinction d'espèces...

Mais à une semaine de l'ouverture de la COP21, le consensus est loin d'être acquis sur de nombreux points comme la forme juridique de l'accord, son caractère contraignant, l'objectif des 2 degrés - les pays les plus menacés, en particulier les petites îles, préférant 1,5 degré.

L'aide financière promise par les pays riches aux pays en voie de développement pour leurs politiques climatiques sera aussi l'un des points durs des discussions.

En 2009, les pays riches, responsables historiques du réchauffement, ont promis de verser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 aux pays en développement.

Mais les destinataires demandent que cette somme soit revue à la hausse après 2020, date d'entrée en vigueur de l'accord, et réclament des transferts de technologies.

«Nous voulons une justice climatique pour les milliards de pauvres de ce monde», a averti le ministre indien de l'Environnement Prakash Javadekar, dans un entretien à l'AFP à Delhi.

Un accord à Paris serait «une contribution significative pour réduire les dommages et pertes causés par les désastres», souligne l'ONU dans son rapport.

Environ 140 chefs d'État ou de gouvernement sont attendus au premier jour de la COP21 pour donner une impulsion aux négociations qui s'ouvriront sous haute surveillance après les attentats meurtriers à Paris (130 morts).

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