Le monde de la finance s'invite dans les discussions sur le climat

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Cette zone était auparavant sous l'eau du Lac Mead, aux États-Unis.

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Agence France-Presse

«Comment réorienter les 1000 milliards?» C'est autour de ce thème pragmatique que se réunit vendredi la sphère financière mondiale, en référence aux 1.000 milliards de dollars d'investissements annuels nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés.

Le «Climate finance day», organisé au siège de l'Unesco à Paris, vient clore un «Business and Climate Summit» visant à mobiliser le secteur privé sur la thématique du climat, d'ordinaire l'apanage du monde politique.

«En l'état actuel, le système financier mondial et l'orientation des flux de capitaux ne sont pas compatibles avec l'objectif de limitation à 2°C du réchauffement de la planète, qui fait l'objet d'un consensus mondial depuis 2009», estiment les organisateurs de l'événement, la Caisse des Dépôts, la Banque européenne d'investissement (BEI) et l'association de promotion de la place financière parisienne Paris Europlace.

«En l'état actuel, le système financier mondial et l'orientation des flux de capitaux ne sont pas compatibles avec l'objectif de limitation à 2°C du réchauffement de la planète, qui fait l'objet d'un consensus mondial depuis 2009.»

Les organisateurs du «Climate finance day»

Et à l'heure des politiques d'austérité et des restrictions budgétaires, les financements publics ne pourront pas assurer seuls les investissements nécessaires à la réalisation des objectifs, d'où l'idée de ce sommet financier.

«C'est la première fois que l'industrie financière internationale va se rassembler sur le sujet, elle est d'autant plus concernée que les financements viendront des marchés, et ce même si elle ne participe pas directement aux discussions gouvernementales», souligne auprès de l'AFP Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace.

Plus de 1000 participants, banquiers, assureurs, fonds d'investissements ou investisseurs institutionnels, assistent à cet événement auquel participeront les ministres français des Finances Michel Sapin et des Affaires étrangères Laurent Fabius et labellisé COP21, la conférence internationale sur le climat qui se déroulera à Paris début décembre.

«L'idée, c'est de mettre en lumière les initiatives qui se développent, les pratiques qui peuvent servir d'exemple et d'accélérer les démarches», explique M. Bresson.

Des engagements concrets

Premier type d'initiative mis en avant: la réallocation d'actifs, qui consiste à investir vers des entreprises plus vertes et sortir du capital des mauvais élèves (charbon ou pétrole, par exemple).

Pour montrer l'exemple, la Caisse des dépôts, bras financier de l'État français et initiatrice de l'événement, a annoncé qu'elle allait désormais prendre en compte l'aspect «transition énergétique» dans ses prises de participation et militer en faveur du respect de certains objectifs dans les entreprises où elle est actionnaire.

La banque française Crédit Agricole a également récemment annoncé son intention de «ne plus financer les projets de mines de charbon ni les exploitants spécialisés dans cette activité».

«C'est un mouvement encore en amorçage, qui a été emmené par quelques grands fonds souverains en Europe du nord et des fonds d'investissement aux États-Unis. Les sociétés de gestion françaises telles que Amundi AXA IM, Natexis/ Nirova sont également engagées dans cette voie», commente M. Bresson.

Second type d'initiative: le développement d'outils de financement spécifiques comme les obligations vertes, ou green bonds, qui permettent aux industriels ou aux collectivités de trouver sur les marchés les financements de leurs projets d'énergie renouvelable. Sur ce secteur en développement, la France est au premier rang mondial des émissions.

La troisième famille d'initiative concerne le secteur de l'assurance et tourne autour de la couverture et de l'analyse des risques climatiques.

Les différents acteurs devraient par ailleurs chacun annoncer des engagements concrets, qui seront répertoriés sur une plate-forme commune.

«Dans le discours, il y a une prise en compte des enjeux énergétiques et de l'opportunité de rendement lié à la transition énergétique», estime Pierre-René Lemas, le directeur général de la Caisse des Dépôts. «Après, ce qu'on espère, c'est qu'un certain nombre d'opérateurs importants vont annoncer leur passage à l'acte».

La Caisse souhaiterait pouvoir rééditer l'événement pour faire un point d'étape d'ici deux ans.

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