Négociation serrée sur le climat au G20

Des activistes de Greenpeace ont manifesté devant les... (PHOTO Boris Roessler, AFP)

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Des activistes de Greenpeace ont manifesté devant les locaux où ont lieu les tractations sur le climat à Hambourg, vendredi.

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Jan DÖRNER, Fabien ZAMORA
Agence France-Presse
HAMBOURG

Isolés sur le climat, les États-Unis tentent d'arracher au G20 la possibilité de se lancer dans un processus de promotion des énergies fossiles, divergeant de l'accord de Paris signé par la quasi-totalité de la planète.

Les dirigeants des pays les plus puissants du monde réunis depuis vendredi doivent rendre public samedi après-midi leur communiqué commun et la partie consacrée au climat sera une de celles les plus scrutées en raison de la position américaine.

Le divorce entre les États-Unis et les autres pays est consigné dans un brouillon de communiqué obtenu par l'AFP : «nous prenons note de la décision des États-Unis de se retirer de l'accord de Paris» conclu fin 2015.

Mais les États-Unis tentent d'imposer un autre passage qui serait beaucoup plus polémique, selon deux sources : «les États-Unis vont travailler étroitement avec d'autres partenaires pour faciliter leur accès et leur utilisation plus propre et efficace des énergies fossiles et les aider à déployer des énergies renouvelables et d'autres sources d'énergie propre».

Cela reviendrait à entériner le fait que les États-Unis se lanceraient en cavalier seul dans un processus unilatéral de promotion des énergies fossiles, à contre-courant de la tendance générale, et qu'ils pourraient entraîner dans leur sillage d'autres pays, affaiblissant ainsi potentiellement la volonté mondiale telle qu'exprimée dans l'accord de Paris.

«Processus parallèle»

«C'est inquiétant», a réagi auprès de l'AFP Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France présent à Hambourg, pour qui si cela se confirmait «ce serait un sévère recul, car on avait réussi à éviter de parler d'énergies fossiles «propres» lors de la COP21», ayant abouti à l'accord de Paris.

«Les États-Unis tentent de créer un processus parallèle et de tirer ainsi leur épingle du jeu», selon lui.

Pour Friederike Röder, de l'ONG One, «si la démarche des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique est sincère, ils doivent soutenir des actions multilatérales, et non pas unilatérales, comme l'accord de Paris».

Selon une source proche des pourparlers, les négociateurs français sont à la manoeuvre pour empêcher les États-Unis d'imposer ce passage, mais, interrogée par l'AFP, la présidence française n'a pas voulu faire de commentaires.

Évoquant la session de travail du G20 consacrée au climat, Angela Merkel a déclaré qu'il y avait eu «beaucoup d'interventions sur l'approvisionnement durable en énergie et sans surprise la plupart (des intervenants) ont rappelé leur attachement à l'accord de Paris».

«Ce sera intéressant de voir comment nous formulons demain le communiqué final et exprimons les divergences dans ce domaine en raison de la volonté des États-Unis de sortir de l'accord de Paris», a ajouté la chancelière.

Accord «irréversible»

«Il y a un certain nombre de scénarios à l'étude. Il est trop tôt pour dire ce qu'il en ressortira. On en discute dans quelques minutes», a déclaré une source diplomatique ayant requis l'anonymat.

La nuit promet en effet d'être compliquée pour les sherpas, ces négociateurs qui vont tenter de proposer un communiqué acceptable par tous les chefs d'État ou de gouvernement.

«On travaille sur un paragraphe en (plusieurs) parties : une partie sur laquelle tout le monde est d'accord, un deuxième paragraphe sur la position américaine et uniquement sur la position américaine par rapport à la sortie de l'accord de Paris, et un troisième où les 19 autres membres du G20 restent dans l'accord de Paris», résume la source diplomatique.

«C'est un texte qui n'est pas encore consolidé. Sa structure montre qu'il y a les États-Unis d'un côté, les autres, de l'autre», analyse-t-elle.

Le projet de texte vu par l'AFP ajoute que les dirigeants des autres pays considèrent quant à eux l'accord de lutte contre le réchauffement comme «irréversible», laissant entendre qu'il serait toujours possible de négocier un retour dans l'accord pour l'États-Unis, s'ils devaient reconsidérer un jour leur position.

Cette option a été notamment évoquée par la première ministre britannique Theresa May vendredi.

«C'est important pour le monde entier et je pense que c'est toujours possible. L'accord de Paris ne sera pas renégocié. Mais je souhaite que les États-Unis trouvent un chemin pour y revenir», a-t-elle déclaré à la BBC.




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