L'Alberta veut devenir leader de l'industrie verte

Le plan dévoilé hier par le gouvernement de... (Photo Amber Bracken, La Presse Canadienne)

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Le plan dévoilé hier par le gouvernement de l'Alberta prévoit une augmentation du prix des émissions de gaz à effet de serre. De 15 $ la tonne, il passera à 20 $ en janvier 2017 et 30 $ la tonne l'année suivante. Au centre, la première ministre Rachel Notley.

Photo Amber Bracken, La Presse Canadienne

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Une semaine avant l'ouverture de la conférence de Paris sur le climat, le gouvernement de l'Alberta a dévoilé hier son plan de lutte contre les changements climatiques.

La scène aurait été inimaginable, il y a un an à peine. Réunis sur la même tribune, la première ministre de l'Alberta, des représentants de l'industrie pétrolière et de groupes environnementaux, dont Steven Guilbeault, d'Équiterre. Tous étaient heureux de voir l'Alberta s'engager à devenir «leader de l'industrie verte».

« Aujourd'hui, nous tournons la page », a lancé la première ministre Rachel Notley au début de son discours, qu'elle a dû interrompre plusieurs fois. La foule présente au dévoilement de son plan de lutte contre les changements climatiques l'acclamait chaudement, telle une vedette rock. 

« C'est un changement de cap majeur et important pour l'Alberta, indique Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie, pour Greenpeace. Évidemment, ils partent de très loin. » 

La province produit plus du tiers des gaz à effet de serre du pays. 

La «taxe carbone»

Le plan dévoilé hier prévoit une augmentation du prix des émissions de gaz à effet de serre. De 15 $ la tonne, il passera à 20 $ en janvier 2017 et 30 $ la tonne l'année suivante. L'Alberta s'inspire du Québec, a dit Rachel Notley, mais « tous les capitaux vont rester dans la province », a précisé la première ministre.

Contrairement au Québec et à la Californie, la province n'adhère donc pas à la Bourse du carbone. L'argent de la taxe servira notamment à créer un fonds d'ajustement pour les entreprises et leurs travailleurs et à investir dans les transports en commun et les infrastructures vertes. 

« Selon cette annonce, les émissions de carbone de l'Alberta pourraient bientôt plafonner et commencer à décroître, a réagi Tim Gray, directeur du groupe Environmental Defence. Il s'agit d'un moment charnière capital survenant après plusieurs années au cours desquelles les émissions de carbone ont augmenté de manière incontrôlée. »

Le charbon

Le scénario présenté hier prévoit que 30 % de l'électricité de l'Alberta proviendra d'énergies renouvelables d'ici 2030 (contre environ 9 % maintenant) et la fin de la pollution par le charbon, qui sera remplacé par étapes. La province compte 18 centrales au charbon qui lui fournissent la moitié de son électricité. 

L'industrie des sables bitumineux sera mise à contribution, puisque le gouvernement lui impose une limite annuelle d'émission de gaz à effet de serre de 100 mégatonnes. 

Bien que les groupes environnementaux auraient voulu un plafond plus bas, Steven Guilbeault rappelle que les sables bitumineux sont responsables de la moitié de l'augmentation des gaz à effet de serre du Canada depuis 1990.

Si l'annonce a été bien accueillie en général, certains groupes émettent des réserves. « Nous sommes inquiets par le fait que le gouvernement albertain n'a pas défini des cibles de réduction des émissions à court et à long terme », indique Patrick Bonin, de Greenpeace. 

La première ministre Rachel Notley rencontrera aujourd'hui Justin Trudeau à Ottawa, en compagnie de ses collègues des autres provinces.

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