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Le Québec à la traîne en matière de déversement d'eaux usées

La baignade a été interdite durant neuf ans... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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La baignade a été interdite durant neuf ans à la plage du lac Raymond, à Val-Morin, en raison de la pollution causée principalement par le déversement des eaux d'égout de la municipalité voisine de Sainte-Agathe-des-Monts.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

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Plusieurs solutions existent pour réduire le nombre de débordements d'eaux usées, même dans les réseaux existants où les égouts se mêlent à l'eau de pluie.

L'ingénieur Gilles Rivard est le plus grand expert de cette question au Québec. Il a rédigé un guide à ce sujet pour le compte du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

« Les surverses arrivent dans les réseaux combinés, dit-il. Il faut donc gérer les eaux pluviales en amont pour réduire leur apport dans les conduites. »

Les solutions existent, mais la culture est difficile à changer, affirme M. Rivard.

« Il y a un gros problème de mise en place, l'approche traditionnelle domine encore, dit-il. Ça implique le chevauchement de plusieurs disciplines : urbanisme, architecture du paysage, en plus des ingénieurs civils. Alors que c'était la chasse gardée des ingénieurs civils depuis 150 ans que les réseaux d'égout existent, après les grosses épidémies de choléra de Paris et de Londres. »

Le Québec est loin d'être à l'avant-garde dans ce domaine, ajoute M. Rivard, qui cite en exemple Chicago, New York et Philadelphie, des villes où les réseaux d'égouts ont le même âge - et les mêmes défauts - qu'à Montréal.

« Ces villes ont toutes orienté leurs actions sur les infrastructures vertes. Le verdissement, c'est une tendance lourde, mais à Montréal, il n'y a pas de volonté. Il n'y a que des petits projets par-ci, par-là. »

- Gilles Rivard, ingénieur

« Il faut vraiment un changement de culture et il faut un service dédié à ça. C'est ce que les autres villes ont fait et que Montréal n'a pas fait encore. »

Pour M. Rivard, ce manque de vision d'ensemble mène à des occasions ratées, par exemple sur le Plateau Mont-Royal, où plusieurs saillies de trottoir ont été construites ces dernières années.

Il explique que ces saillies captent peut-être l'eau de pluie qui tombe directement dedans, mais elles ne drainent pas le trottoir ou la rue voisine.

L'arrondissement affirme lutter pour détourner l'eau de ruissellement en plantant des arbres et en multipliant les saillies, mais précise que le design des égouts relève de la Ville.

INFILTRER AVANT DE DRAINER

« On peut infiltrer l'eau dans le sol par différentes installations, réparties partout sur le territoire, dit Gilles Rivard. On va essayer de reproduire le comportement hydrologique qui existait avant qu'on urbanise. » Dans un environnement naturel, seulement 10 % de l'eau de pluie ruisselle. Le reste s'infiltre (50 %) ou s'évapore (40 %). Dans un environnement urbain, plus de la moitié de l'eau de pluie ruisselle (55 %) et seulement 15 % s'infiltre. Il y a aussi moins d'évaporation (30 %).

RÉDUIRE LA CONSOMMATION D'EAU

S'il y a moins d'eau qui entre dans le système, il y en aura moins à traiter à la sortie. Cette stratégie a été choisie par plusieurs villes, pas nécessairement pour cette raison. Par exemple, la ville de Saint-Jérôme a réduit la consommation d'eau moyenne de ses habitants de 561 litres par jour en 2013 à 467 litres en 2015, une baisse de 17 %. Mais malgré ces mesures, les débordements illégaux persistent par temps sec dans la rivière du Nord qui traverse cette ville.

DÉCOUPLER LES TUYAUX

Les réseaux unitaires combinent le drainage des rues et les eaux d'égout. Et quand il pleut, ça déborde. Il faut planifier les réseaux différemment, ce qui se fait déjà, selon Denis Lapointe, maire de Salaberry-de-Valleyfield et président de la Commission permanente de l'environnement de l'Union des municipalités du Québec. « Dans les nouveaux quartiers on a des réseaux "séparatifs" et on a réintroduit des fossés de surface », dit-il. Il est aussi possible de séparer les deux réseaux lorsqu'on procède à leur réfection.

AJOUTER DES BASSINS DE RÉTENTION

Si le réseau est unitaire, on peut ajouter des bassins de rétention souterrains. La Ville de Montréal en a construit un sous le boulevard Perras qui doit réduire de 40 % ses débordements dans la rivière des Prairies. Si le réseau pluvial est séparé, des bassins de rétention de surface peuvent être aménagés, qui améliorent le paysage tout en dépolluant l'eau qui lessive les chaussées et les trottoirs. La Ville de Montréal a récemment inauguré un tel bassin à Griffintown.

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