Les fous de Bassan sont menacés

«Nos fous sont en train de se faire mazouter.» Mélanie Sabourin, biologiste... (Photo: Stephane Massie)

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«Nos fous sont en train de se faire mazouter.»

Mélanie Sabourin, biologiste responsable de la conservation au parc de l'île Bonaventure, est inquiète. Aucun des 150 000 fous de Bassan de l'île n'a pour le moment les ailes engluées de pétrole - ils sont rentrés de leur migration saisonnière bien avant l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique. Mais jusqu'à 15 000 fous de Bassan âgés de moins de 3 ans se trouvent actuellement dans les eaux touchées par la marée noire.

«Les oiseaux en âge de se reproduire (qui ont 5 ou 6 ans) reviennent vers le mois de mars, explique Mme Sabourin. Il faudra voir s'ils seront touchés l'hiver prochain, à la prochaine migration. Mais les jeunes fous qui ont moins de 2 ou 3 ans pourraient être touchés. On verra l'impact dans quelques années, quand ils deviendront reproducteurs, vers 5 ou 6 ans.»

Selon François Bolduc, biologiste au Service canadien de la faune à Québec, le quart des fous de l'île Bonaventure passent l'hiver dans le nord du golfe du Mexique, selon une étude réalisée en 2007 qui a suivi 25 oiseaux à la trace avec des émetteurs GPS. L'île Bonaventure abrite 120 000 oiseaux reproducteurs et de 30 000 à 40 000 oiseaux non nicheurs, qui ont entre 2 et 6 ans. Avant l'âge de 2 ou 3 ans, les fous restent dans les territoires d'hiver pour prendre des forces.

«Les plus jeunes qui ne reviennent pas au Québec sont les plus vulnérables à la marée noire, dit M. Bolduc. Les adultes pourraient aussi être touchés durant l'hiver. Ils passent leur temps loin des côtes. Ils pourraient entrer en contact avec des particules de pétrole ou se nourrir de poisson intoxiqué.» Selon M. Bolduc, aucun programme canadien n'étudie les impacts de la marée noire.

Cela dit, la population de fous de Bassan de l'île Bonaventure est à un sommet historique. Selon un rapport réalisé en 2005, elle n'a jamais dépassé 20 000 reproducteurs entre 1887 et 1962. L'épandage de DDT pour lutter contre les insectes dans les forêts du Golfe, dans les années 60, a ralenti la croissance de la population, qui n'a dépassé 60 000 reproducteurs que dans les années 90.

L'île Bonaventure abrite la plus importante population de fous de Bassan du monde.




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