Des niveaux d'eau «anormalement bas»

La rivière des Mille-Îles.... (Photo: Robert Skinner, Archives La Presse)

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La rivière des Mille-Îles.

Photo: Robert Skinner, Archives La Presse

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L'été n'est même pas encore officiellement commencé, mais la sécheresse fait déjà du tort aux forêts et aux cours d'eau.

Les niveaux de plusieurs cours d'eau du Québec sont anormalement bas. «Par exemple, pour cette période de l'année, la rivière des Prairies a le plus bas débit jamais enregistré depuis le début des mesures, il y a 35 ans. Il est presque deux fois inférieur à la moyenne», observe Pierre Corbin, géographe-physicien à Hydro-Météo et au Centre de prévision des crues du Québec.

 

La rivière des Mille-Îles suscite aussi l'inquiétude. Hier, la municipalité de Terrebonne a décidé d'interdire l'arrosage sur son territoire jusqu'à nouvel ordre. Les villes de Gatineau et Longueuil ont aussi interdit l'arrosage.

Le fleuve Saint-Laurent n'échappe pas au phénomène. À Lachine, son débit était hier de 6520 m3 à la seconde. C'est le plus faible jamais enregistré pour cette période.

Les causes sont simples: l'hiver dernier a été le plus doux jamais enregistré et les précipitations ont été de 20% inférieures aux moyennes, puis ce printemps est plutôt sec. À noter que le niveau du fleuve dépend aussi de l'intervention humaine, c'est-à-dire du Conseil international de contrôle du fleuve Saint-Laurent, un organisme canado-américain.

Alfred Jaouich, directeur du département des sciences de la Terre et de l'atmosphère de l'UQAM, remarque de chez lui les conséquences de cette baisse du niveau de l'eau: «J'habite au bord du fleuve à Varennes et je vois certains paysages pour la première fois de ma vie. Et nous ne sommes qu'en mai. Imaginez ce que ce sera à l'automne, quand le niveau de l'eau est à son plus bas!»

À moins de précipitations importantes dans les prochaines semaines, MM. Corbin et Jaouich croient que plusieurs problèmes risquent de survenir: mort de poissons, prolifération d'algues, sédiments qui remontent à la surface, problèmes d'approvisionnement en eau potable...

Le commerce s'en ressent aussi, explique Jean-Paul Lejeune, directeur des communications du Port de Montréal. «Les navires doivent alléger leur charge. C'est un peu le même principe que les camions qui diminuent leur charge au printemps à cause de la fragilité des routes. Cela préoccupe les entreprises.» Il précise toutefois que le trafic au port a augmenté de 12,3% en avril par rapport à la même période l'année dernière, où les effets de la crise économique se ressentaient davantage.

19 incendies de forêt

Pendant ce temps, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) maintient son alerte rouge, la plus élevée, en vigueur depuis lundi. Les feux à ciel ouvert restent donc interdits dans tout le territoire au nord du fleuve Saint-Laurent et à l'ouest de Baie-Comeau. «Le seul changement, c'est qu'on a recommencé à permettre les travaux forestiers dans cette zone, mais seulement entre 20h et midi, quand le risque est moins élevé», dit Gérald Lacasse, coordonnateur à l'information de la SOPFEU.

Au moment de mettre sous presse, 19 incendies de forêt étaient encore actifs au Québec. Tous étaient circonscrits, y compris l'un d'une superficie de 1780 hectares, à 200 km au nord de Chicoutimi.

Il y a eu 257 incendies de forêt au Québec depuis le début de 2010. C'est beaucoup plus que la moyenne pour cette période, qui se chiffre à 186.

 

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