Sables bitumineux: National Geographic s'en prend à l'Alberta

Malgré les critiques, l'industrie des sables bitumineux est... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Malgré les critiques, l'industrie des sables bitumineux est importante d'un point de vue économique non seulement pour l'Alberta, mais pour tout le pays, souligne Michael Ignatieff.

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Joël-Denis Bellevance
La Presse

(Ottawa) Le magazine américain National Geographic a de nouveau propulsé le bilan environnemental du Canada à l'avant-scène de l'actualité hier en publiant un reportage accablant sur les répercussions de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta.

La publication de ce texte dans le dernier numéro du prestigieux magazine survient quelques jours avant que le ministre de l'Environnement Jim Prentice ne se rende à Washington afin d'amorcer les pourparlers entre le Canada et les États-Unis sur l'énergie propre.

 

Le premier ministre Stephen Harper et le président Barack Obama ont décidé d'entreprendre ces pourparlers la semaine dernière afin de conjuguer leurs efforts pour lutter contre les changements climatiques. Par le passé, le président Obama a déjà exprimé ses inquiétudes au sujet des retombées environnementales de l'exploitation des sables bitumineux.

Ce texte, qui est accompagné de nombreuses photos, a eu pour effet de diviser hier la classe politique à Ottawa en deux camps: d'un côté le gouvernement Harper et le Parti libéral, qui ont défendu l'industrie des sables bitumineux, et de l'autre le Bloc québécois et le NPD qui ont soutenu que ce reportage prouve une fois de plus que le Canada est un cancre au chapitre de la protection de l'environnement.

Devant les journalistes, le ministre Prentice a tenté de minimiser les retombées négatives à l'étranger de ce reportage de 24 pages, même si le National Geographic est publié en 32 langues et compte un lectorat total de près de 50 millions de personnes.

Investir dans la technologie

M. Prentice, qui représente la circonscription de Calgary-Nord-Centre à la Chambre des communes, a reconnu que l'industrie des sables bitumineux doit faire davantage d'efforts pour limiter l'impact sur l'environnement de la transformation de cette ressource. Mais il a aussi laissé entendre que d'autres pays ont du travail à faire.

«Je crois qu'il faut mettre ce reportage dans un contexte. Comme l'a dit le président et le premier ministre quand ils ont eu leurs discussions la semaine dernière, le défi des États-Unis est de produire de l'électricité propre avec le charbon et le défi du Canada est de produire du pétrole propre. La réponse à tout cela passe par des investissements dans les technologies. Nous allons travailler avec les États-Unis pour y arriver», a dit M. Prentice.

Dans son reportage, le magazine soutient que les images des usines de transformation des sables bitumineux sont saisissantes et ressemblent à rien de moins qu'à des chantiers «sombres» et «sataniques».

Le magazine commence son reportage en présentant une photo de la région où se trouvent les gisements de l'Athabasca avant l'exploitation des sables bitumineux. On y voit des lacs à l'état naturel et une forêt boréale en pleine santé.

Mais dans les pages suivantes, le National Geographic publie des images-chocs démontrant les dégâts causés à l'environnement par l'exploitation des sables bitumineux, notamment des lacs grisâtres et des routes boueuses.

Durant sa visite à Washington lundi et mardi prochains, le ministre doit rencontrer notamment son homologue américain, Steven Chu, et Todd Stern, qui est le négociateur des États-Unis pour les changements climatiques.

Tout comme le ministre Prentice, le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, s'est porté à la défense de l'industrie des sables bitumineux. Il a soutenu que cette industrie est importante pour la prospérité du pays et qu'elle emploie des milliers de personnes, dont de nombreux Québécois.

Industrie importante

«Je ne tire pas mes conclusions sur une industrie canadienne à partir des propos de National Geographic ou qui que ce soit. C'est une industrie énormément importante, pas seulement pour l'Alberta, mais pour tout le pays», a affirmé M. Ignatieff.

«Nous sommes une superpuissance énergétique. Nous avons des défis environnementaux qu'il faut affronter et nous avons toujours dit qu'il faut améliorer la performance environnementale des sables bitumineux. Mais ce que je n'accepte pas du Bloc, c'est qu'il critique sans cesse une industrie qui emploie pas mal de Québécois», a-t-il ajouté.

Ces propos ont fait bondir de colère le député du NPD d'Outremont, Thomas Mulcair. Il a accusé M. Ignatieff de vouloir courtiser les électeurs de l'Alberta en se portant ainsi à la défense de l'industrie des sables bitumineux.

«Le Canada est un délinquant environnemental avec sa manière d'exploiter les sables bitumineux. À l'échelle planétaire, c'est un des plus gros gâchis de la planète», a-t-il affirmé. «M. Ignatieff, ayant été absent du pays pendant près de 40 ans, cherche à faire sa marque depuis son retour. Il constate que les libéraux n'ont pas beaucoup de sièges dans l'Ouest. Il pense qu'en parlant comme cela, ça va aider les libéraux dans l'Ouest», a-t-il ajouté.

Selon le chef bloquiste Gilles Duceppe, le gouvernement Harper ne changera pas ses politiques environnementales à la suite du reportage critique dans le National Geographic.

«M. Harper est totalement lié aux pétrolières pour ne pas dire vendu aux pétrolières», a laissé tomber M. Duceppe.




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