Netflix fait réagir avec un film sur l'anorexie

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Avant même sa sortie sur Netflix, le film To the Bone a fait couler beaucoup d'encre, plusieurs observateurs faisant le parallèle avec la série controversée 13 Reasons Why. Est-ce que la réalisatrice glorifie les troubles alimentaires? Y encourage-t-on l'anorexie? Est-ce qu'une personne qui souffre ou qui a souffert d'un trouble alimentaire devrait regarder ce long métrage? Voici notre compte rendu de ce film offert depuis vendredi sur la plateforme canadienne.

L'histoire

La réalisatrice Marti Noxon a décidé de raconter son combat contre l'anorexie dans le film To the Bone. Les spectateurs y suivent Ellen (Lily Collins), jeune femme anorexique depuis quelques années, au grand désespoir de ses proches, qui ne savent plus comment s'y prendre pour l'aider. Elle sera hospitalisée dans un centre où un médecin (Keanu Reeves) utilise des méthodes non conventionnelles pour aider ses patients. Parmi eux, un danseur de Londres, une femme enceinte et une jeune adolescente accro à sa doudou «Tu ne trouves pas qu'elle est grosse, Emma Stone? Elle doit porter du 6!», dira une des filles atteintes d'un trouble alimentaire. Ellen, qui ne veut surtout pas que son bras dépasse le diamètre d'une pièce de monnaie, confiera au Dr Beckham qu'elle sait «que la vie peut être belle», mais qu'elle ne «parvien[t] pas à [s]'arrêter» de s'autodétruire. Ce dernier tentera de lui prouver le contraire.

L'opinion d'ANEB Québec

Anorexie et boulimie Québec (ANEB Québec) a publié un communiqué avant la sortie du film pour faire quelques mises en garde. Finalement, après l'avoir visionné, Janique Raymond-Migneault, responsable de la ligne d'écoute, n'a que de bons mots pour ce long métrage. «Je suis agréablement surprise, il y a plusieurs aspects positifs qui ressortent de tout ça. D'abord, il y a une grande place accordée à la souffrance, et aussi au rétablissement. Nous sentons aussi l'impuissance des proches de la jeune femme, ils sont complètement démunis», dit-elle.

«Ça permet vraiment de mieux comprendre la maladie, même si ça demeure un film.»

Elle applaudit également la diversité des types de troubles alimentaires présentés dans cette fiction et la diversité ethnique et de genre des personnages. Par contre, elle invite les gens qui souffrent ou ont souffert de trouble alimentaire à demeurer prudents: «Je leur suggère de ne pas le voir, parce que ça peut être très "confrontant" à regarder. Sinon, de le visionner avec quelqu'un avec qui ils pourront ensuite en discuter», dit Janique Raymond.

To the Bone met en vedette Lily Collins... (PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION) - image 2.0

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To the Bone met en vedette Lily Collins et Keanu Reeves.

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Pas de grande controverse en vue

Après avoir reçu un bel accueil au festival Sundance, le long métrage de Netflix est maintenant diffusé sur sa plateforme. Pour l'instant, les critiques sont divisés. Quelques-uns applaudissent la proposition cinématographique. C'est le cas du média américain Vox, qui écrit que «To the Bone est un bon exemple du genre de sujets que Hollywood hésite à traiter». Le film en déçoit aussi plusieurs, dont la blogueuse Amelia Tait, ancienne anorexique, qui croit que le film présente une vision romantique de la maladie. Parmi les autres points dénoncés par des médias ou des experts, il y a la maigreur de Lily Collins, qui ne cache pas avoir déjà souffert de troubles alimentaires. Toutefois, l'équipe de tournage a souligné que l'actrice de 28 ans a été suivie par une nutritionniste, après le tournage, pour s'assurer qu'elle retrouve son poids santé.

Notre verdict

Difficile de ne pas être ému par To the Bone lorsque vous avez côtoyé cette maladie de près, que ce soit personnellement ou chez un proche. Les scènes où Ellen compte avec fierté les calories de ses repas, où ses proches crient leur impuissance lors d'une thérapie familiale et où une jeune femme sent un sac de biscuits à défaut de s'autoriser à en manger peuvent rappeler bien des souvenirs. Quand même, tout est loin d'être dramatique dans ce récit. Loin de là même, puisque l'espoir est au rendez-vous. Et grâce à plusieurs pointes d'humour et à la personnalité attachante des patients hospitalisés, la réalisatrice rend cette histoire lumineuse. Est-ce un grand film ? Non. Mais c'est une fiction efficace qui permet de mieux comprendre la détresse et la souffrance que vivent des personnes atteintes de cette maladie.




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