FFM: Rozon et Rémillard pourraient prendre le relais

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Le grand manitou du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon.

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À l'aube de la 39e édition du Festival des films du monde (FFM), Gilbert Rozon, grand patron du Groupe Juste pour rire, et Maxime Rémillard, grand patron de Remstar et du Groupe V Média, manifestent leur intérêt pour une reprise du Festival des films du monde, a appris La Presse.

Il faudra toutefois réunir certaines conditions, dont l'accord du fondateur et président Serge Losique. Si le scénario ne se concrétise pas, M. Rozon songe aussi à créer d'ici deux ans un festival de cinéma qui ne ferait toutefois pas concurrence au FFM, dit-il.

«Je serais disposé à apporter ma contribution si l'on veut de moi et si les conditions sont réunies. Je serais prêt à l'envisager sérieusement, mais il faut que M. Losique le souhaite. Je n'en ai pas parlé à M. Losique, je n'ai pas fait d'approches, c'est à lui de dire s'il est ouvert à l'idée [d'avoir des partenaires]. Je ne souhaite pas son désaveu, je pense au contraire qu'il mérite d'être remercié pour ce qu'il a fait pour le FFM», souligne Gilbert Rozon en entrevue à La Presse.

«Il y a un intérêt possible comme il y a [incontestablement] place à Montréal pour un important festival de cinéma. C'est dans l'intérêt de notre industrie de pérenniser l'oeuvre de M. Losique, mais des conditions gagnantes doivent être réunies pour une implication de notre part», a indiqué par courriel à La Presse Maxime Rémillard.

Au cours des derniers mois, les deux hommes d'affaires ont discuté de ce projet de prendre ensemble la barre du FFM advenant l'accord de M. Losique. Pour la deuxième fois cette année, le FFM se déroule sans l'appui financier de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC), de Téléfilm Canada et de la Ville de Montréal, qui ont annulé plus d'un million de dollars en commandites par année en 2014 et en 2015.

«Je vois bien que les rapports avec les gouvernements ne sont pas au beau fixe. Un festival ne peut pas exister [sans subventions], c'est carrément impossible», explique Gilbert Rozon, qui aimerait «essayer de donner un deuxième souffle au FFM». Une réflexion qui est normale pour tous les grands événements culturels, fait-il remarquer. 

«Moi-même, j'ai eu des moments de crise [avec le Festival Juste pour rire]», rappelle M. Rozon, qui insiste sur le fait que tout projet de relance du FFM ne peut se faire sans l'appui de son président et fondateur Serge Losique. «M. Losique a organisé 39 éditions de ce festival, qui est son enfant. Je comprends très bien l'émotion [qui le pousse à] s'accrocher à son enfant. Il a consacré sa vie à son festival. Je ne serai pas celui qui va prendre le marteau pour cogner sur le clou», dit Gilbert Rozon, qui aimerait que M. Losique conserve un rôle avec le FFM.

Losique a de bons mots pour Rémillard

De son côté, Serge Losique se montre ouvert, mais il reste très prudent devant l'intérêt manifesté par des gens d'affaires réputés du milieu culturel comme Maxime Rémillard et Gilbert Rozon. Il rappelle qu'il a été approché au fil des ans par «une quinzaine de personnes, et ça ne s'est jamais matérialisé». 

«Les paroles, ça ne coûte rien, laisse entendre Serge Losique, en entrevue à La Presse. Talleyrand disait: "La parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée." On ne ferme jamais la porte à personne. [Le FFM] est une grande cathédrale, les gens peuvent entrer quand ils veulent, que ce soit le public, les commanditaires ou des associés.»

Le fondateur et président du FFM a toutefois de bons mots pour Maxime Rémillard, qu'il a déjà voulu convaincre de se joindre au conseil d'administration du FFM. 

«M. Rémillard est un homme très sympathique, affirme M. Losique. S'il a des propositions à nous faire, il peut nous approcher, il sait très bien que la porte est toujours ouverte. J'espère qu'un jour, il va m'appeler et qu'on va s'asseoir, qu'il pourrait devenir mon associé. J'ai [déjà] voulu l'attirer au conseil d'administration pour faire le pont entre lui et les hommes d'affaires.»

M. Losique ajoute aussi «respecter beaucoup M. Rozon», mais ne voit pas «en quoi il pourrait nous aider. Il a déjà son festival, il a eu des musées, c'est à vous de voir où sont ces musées-là. Si M. Rozon ne cherchait pas de subventions ou s'il était une grosse société privée...».

Le «plan B» de Gilbert Rozon

Si le statu quo persiste à la tête du FFM, le Groupe Juste pour rire explorera l'idée de créer un festival de cinéma distinct, qui ne ferait toutefois pas concurrence au FFM. «C'est un plan B», résume Gilbert Rozon, qui reste discret sur les détails de ce projet. M. Rozon aimerait idéalement lancer ce festival de cinéma d'ici un à deux ans.

Ce n'est pas la première fois que le Groupe Juste pour rire s'intéresse à un festival de cinéma. En 2004, Gilbert Rozon avait déposé une candidature à l'appel d'offres de Téléfilm Canada et la SODEC pour organiser un festival de cinéma à Montréal. 

Les organismes subventionnaires avaient reçu quatre propositions et avaient choisi celle de l'Équipe Spectra, qui a organisé le Festival international de films de Montréal en 2005, avant d'abandonner. M. Rozon avait alors tenté en vain de fédérer plusieurs festivals de cinéma, notamment Fantasia.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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