Une comédie grinçante suédoise rafle la Palme d'or

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Le réalisateur Ruben Östlund n'a pas caché sa joie lorsqu'il est monté sur scène.

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Aurélie MAYEMBO, Nicolas PRATVIEL
Agence France-Presse
CANNES

Énorme surprise à Cannes: la Palme d'or a été attribuée dimanche au film suédois The Square, réalisé par Ruben Östlund, une comédie féroce qui tourne en dérision le monde de l'art et de la bonne société.

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Le réalisateur de 120 battements par minute, Robin Campillo, a récolté le Grand Prix du Festival de Cannes.

Photo Thibault Camus, Associated Press

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La réalisatrice Lynne Ramsay et l'acteur Joaquin Phoenix ont été récompensés pour You Were Never Really Here.

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Östlund, qui avait remporté le prix du Jury 2014 dans la catégorie Un certain regard pour Snow Therapy, apporte à la Suède sa première Palme (son compatriote Alf Sjöberg avait remporté la récompense suprême à deux reprises, du temps qu'elle s'appelait «Grand prix»). Il succède au palmarès au Britannique Ken Loach, couronné l'an dernier pour son drame social I, Daniel Blake.

Dans The Square, ajouté à la dernière minute d'une compétition marquée par la noirceur, l'acteur danois Claes Bang incarne le conservateur d'un musée d'art contemporain qui prépare une exposition sur la tolérance et la solidarité. Son univers bascule avec le vol de son cellulaire et de son portefeuille alors qu'il porte secours à une femme.

«C'est un film formidable et une équipe formidable», s'est exclamé sur la scène du Palais des festivals Östlund, en invitant la salle à hurler avec lui de bonheur.

Dans son film, un des rares à avoir fait rire aux éclats, notamment avec une scène mémorable de préservatif, Östlund a voulu dénoncer par le sarcasme les petites et grandes lâchetés des nantis cultivés face aux migrants, réfugiés et sans-abri.

«Il (Östlund) a réalisé ce film extrêmement drôle d'une main de maître. Ca parle du politiquement correct, qui est une dictature, peut-être aussi horrible que n'importe quelle autre dictature. Ce sujet aussi sérieux a été traité avec une imagination incroyable», a commenté le président du jury Pedro Almodovar 

Grand prix pour 120 battements par minute

120 battements par minute du Français Robin Campillo et Faute d'amour du Russe Andreï Zviaguintsev faisaient pourtant figure de favoris.

Robin Campillo a remporté le Grand Prix, le plus prestigieux après la Palme, pour son film coup de poing sur les combats de l'association Act Up à Paris pendant les années sida.

Dans ce film, il restitue les opérations spectaculaires d'Act Up, des jets de poches de faux sang aux débats pour décider des actions à mener... Mais il montre aussi le sexe, l'amour, les défilés de la firté gaie et les soirées exutoires au son de la musique house.

Faute d'amour a lui obtenu le Prix du Jury, pour son histoire sur la disparition d'un enfant qui ne supporte plus les disputes de ses parents qui se battent pour ne pas le garder.

Dans ce film âpre, le cinéaste, notamment récompensé du prix du scénario en 2014 pour Léviathan, dépeint une société russe individualiste et déshumanisée.

Autre surprise, alors que son film avait été accueilli tièdement, l'Américaine Sofia Coppola a remporté le Prix de la mise en scène pour The Beguiled, son remake du film éponyme de Don Siegel (1971) avec Colin Farrell et Nicole Kidman, situé dans l'Amérique de la guerre de Sécession.

Dans son sillage, trois autres femmes se sont invitées au palmarès.

Reine de Cannes avec deux films en compétition, Nicole Kidman a reçu un Prix spécial pour le 70e anniversaire du Festival.

L'Allemande Diane Kruger a remporté le Prix d'interprétation féminine pour sa performance dans In the Fade du Germano-Turc Fatih Akin. Elle y incarne Katja, une Allemande qui décide de se venger de terroristes néonazis qui ont tué dans un attentat son mari et son fils de six ans.

L'actrice Diane Kruger a été honorée pour sa... (Photo Thibault Camus, Associated Press) - image 2.0

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L'actrice Diane Kruger a été honorée pour sa performance dans In The Fade du réalisateur Fatih Akin.

Photo Thibault Camus, Associated Press

Netflix bredouille

Lynne Ramsay, réalisatrice britannique du drame psychologique You Were Never Really Here, a elle partagé le Prix du scénario avec le Grec Yorgos Lanthimos auteur de The Killing of a Sacred Deer.

Pour sa performance époustouflante dans You Were Never Really Here, l'acteur américain Joaquin Phoenix décroche le Prix d'interprétation masculine. À 42 ans, il est consacré pour sa partition tout en intensité dans le rôle d'un vétéran, traumatisé, mutique et ultra-violent, qui doit exfiltrer une adolescente d'un réseau de prostitution.

«C'est un prix tout à fait inattendu. J'ai renvoyé mes souliers vernis», a déclaré un Joaquin Phoenix visiblement surpris, chaussé de souliers de course en toile sur la scène.

Sans surprise, Netflix, qui avait pour la première fois deux films en lice (Okja et The Meyerowitz Stories), est absente du palmarès. La plateforme américaine a refusé de sortir ses films en salles, une décision qui a heurté le milieu du cinéma, à commencer par Pedro Almodovar.

Le palmarès du 70e Festival de Cannes

- Palme d'or : The Square du Suédois Ruben Östlund

- Grand Prix : 120 Battements par minute du Français Robin Campillo

- Prix de la mise en scène : The Beguiled de l'Américaine Sofia Coppola

- Prix du scénario ex-aequo : The Killing of a Sacred Deer du Grec Yorgos Lanthimos et You Were Never Really Here de la Britannique Lynne Ramsay

- Prix du jury : Faute d'Amour du Russe Andreï Zviaguintsev

- Prix d'interprétation féminine : l'Allemande Diane Kruger pour In The Fade

- Prix d'interprétation masculine : l'Américain Joaquin Phoenix pour You Were Never Really Here

- Caméra d'or : Jeune Femme de la Française Léonor Serraille

- Palme d'or du court métrage : Xiao Cheng Er Yue (Une nuit douce) du Chinois Qiu Yang

- Mention spéciale du court métrage : Katto (Le plafond) du Finlandais Teppo Airaksinen

- Prix spécial du 70e anniversaire du Festival de Cannes : Nicole Kidman




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