Parfum de scandale autour du film Love

Aomi Muyock, le réalisateur Gaspar Noe, Karl Glusman... (PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Aomi Muyock, le réalisateur Gaspar Noe, Karl Glusman et Klara Kristin.

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Eric RANDOLPH
Agence France-Presse
Cannes

Le scandale annoncé sur la Croisette avec la projection dans la nuit du dernier film sulfureux de Gaspar Noé, Love, semblait avoir fait «pschitt» jeudi à la mi-journée au vu des critiques ironiques et des moqueries.

Avec ses scènes de sexe crues, Love, tourné en 3D, laisse peu de place à l'imagination: éjaculations en gros plan, orgie dans un sex-club, travesti...

Un précédent film de ce réalisateur, né en Argentine, Irréversible, avait scandalisé la Croisette en 2002.

Les affiches avaient donné un avant-goût du film, l'une d'elles présentant un pénis en gros plan.

Gaspar Noé, 51 ans, a expliqué avoir voulu filmer en 3D, car cette technique donne au spectateur «un plus grand sens d'identification avec le personnage principal et son état mélancolique».

Depuis plusieurs années, des pornos classiques sont tournés en 3D.

Plus de 2000 personnes ont formé une file d'attente bien avant l'heure de la projection, peu après minuit jeudi, mais des dizaines disposant de billets n'ont pu entrer dans le Palais des Festivals et ont vivement protesté.

Le film raconte les souvenirs que Murphy, un réalisateur, a gardé de sa plus grande histoire d'amour, de passion, de jeux et d'excès.

Le cinéaste, qui vit et travaille en France, a voulu «montrer l'état amoureux dans ce qu'il a de plus charnel», selon ses notes de production.

«Depuis des années, je rêvais de faire un film qui pourrait reproduire la passion d'un couple amoureux dans tous ses excès aussi bien physiques et émotionnels», ajoute-t-il.

«Un mélodrame contemporain incluant des scènes de sexe et transcendant la règle ridicule qui dit qu'un film classique ne peut contenir des scènes explicitement sexuelles, parce que tout le monde aime faire l'amour».

«Je veux filmer ce que le cinéma s'est rarement autorisé à filmer, soit pour des raisons commerciales ou des raisons légales», concluait Noé.

Le responsable de la sélection de Cannes, Thierry Frémaux, a présenté le film en annonçant au public - quelque 2000 personnes - qu'il «connaîtrait très, très, très, bien les personnages dans deux heures».

Jeudi, il a défendu la démarche du cinéaste.

«Gaspar Noé a fait un film qu'on aime ou qu'on n'aime pas. La littérature ou la peinture visitent la question de la représentation des corps, du sexe, de l'amour physique. Très peu de cinéastes l'ont fait en 120 ans de l'histoire du cinéma : Bertolucci, Oshima, Bellocchio, Lars van Trier et Gaspar Noé».

Même producteur que Welcome to New York

Le film est produit par Vincent Maraval, également producteur de Welcome to New York sur l'affaire DSK, sorti uniquement en VSD.

Le cinéaste n'en est pas à sa première controverse. La projection, en 2002 sur la Croisette, de son film avec Monica Bellucci et Vincent Cassel, Irréversible, qui montre notamment une interminable scène de viol, avait scandalisé le festival.

Une vingtaine de personnes avaient été victimes d'évanouissements ou de crises de nerfs à la projection et des dizaines de spectateurs avaient préféré quitter la salle.

Gaspar Noé a eu droit cette fois à une longue ovation debout après la projection. Mais le film a aussi été étrillé sur les réseaux sociaux où l'on parlait de «mauvais sexe dont on ne voit pas la fin».

Les critiques de la presse sont très négatives. «Ce n'est pas un film porno - le dialogue n'arrive pas à ce niveau», a ironisé le journaliste de la BBC Jason Solomons.

Pour François Aubel, rédacteur en chef du service culture du Figaro, Love est un «film du samedi soir sur Canal + avec un argument amoureux pénible». Le Guardian britannique a trouvé le film «absurde, mal joué et bavard».

«Noé veut montrer du cul, mais ce n'est pas excitant. Il ne peut s'empêcher de troubler la beauté de sa mise en scène en ponctuant Love de son narcissisme et de son envie de déranger le monde», a commenté Clément Ghys de Libération.

«La dernière chose à faire à Cannes, c'est de lire les critiques!», a estimé pour sa part Thierry Frémaux. Une conférence de presse de Noé est prévue en début d'après-midi.

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