Turbo kid: jouer le superhéros

Dans un monde post-apocalyptique, The Kid (Munro Chambers)... (PHOTO FOURNIE PAR FILMOPTION)

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Dans un monde post-apocalyptique, The Kid (Munro Chambers) devra apprendre à se battre quand sa route croisera celle d'une bande de vilains.

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Devenir un superhéros tient-il seulement du domaine du rêve? Pas du tout! Parfois, il suffit de prendre des risques dans la vie et de cultiver les bonnes vieilles valeurs humaines, nous disent les comédiens de Turbo Kid.

Turbo Kid est un film sanglant. Digne d'un massacre moyen-âgeux. Le long métrage est truffé de combats épiques où les personnages s'étripent, se transpercent, s'étêtent et se dépècent avec lames, lasers et scies mécaniques.

Voilà, vous serez avertis, fin du constat. Parce qu'au-delà de son côté gore, ce film nous venant d'un trio de Québécois trentenaires, Yoann-Karl Whissell, Anouk Whissell et François Simard, aussi connu par l'acronyme RKSS, se veut une comédie d'action portée aussi par des moments attendrissants et un hommage aux superhéros sans doute enfouis en chacun de nous.Incarnant le personnage principal de The Kid, le comédien torontois Munro Chambers (Eli Goldsworthy dans Degrassi- The Next Generation) en est l'exemple parfait. Et il est fier de l'être!

«Plus jeune, je rêvais d'être un superhéros, raconte-t-il. Je rêvais que le professeur X cogne à ma porte et me dise: "Munro, tu as des superpouvoirs. Suis-moi et joins-toi aux X-Men." Ou encore je voyais en moi un petit Marty McFly [Michael J. Fox dans Back to the Future]. Alors, comment pouvais-je refuser l'occasion de devenir un de ces personnages dans ce film?»

Dans l'histoire, effectivement, The Kid va peu à peu migrer d'un adolescent introverti vers un superhéros au grand coeur. Vivotant en 1997 dans un monde post-apocalyptique, The Kid vit seul dans un abri souterrain, entouré de babioles récoltées dans des décharges: flamants roses, stylos, cassettes huit pistes, jeux pour enfants.

Vadrouillant son territoire sur sa bicyclette BMX, il échange une partie de son butin contre de l'eau potable et des bandes dessinées qu'il dévore. Lorsque sa route croise celle d'Apple (Laurence Leboeuf) et celle d'une bande de vilains menée par Zeus (Michael Ironside), The Kid est forcé d'apprendre de nouvelles valeurs et de se dépasser.

«Avec tout ce sang, je ne crois pas que Turbo Kid véhicule un grand message, dit Munro Chambers. On voulait d'abord avoir du plaisir. S'il y a une leçon à retenir, c'est qu'il ne faut pas avoir peur de sortir de sa zone de confort. Il ne faut pas avoir peur de tenter sa chance, que ce soit avec l'amitié, l'amour ou les gens autour de soi. On ne doit pas rester dans son coin parce qu'on s'y sent en sécurité.»

«Nous voulions simplement avoir du plaisir, confirme Michael Ironside. Nous avions envie de repousser les limites du film de genre et je pense que nous avons réussi ce pari. D'ailleurs, je n'appuie pas les films que je n'aime pas. J'ai 65 ans et la vie est trop courte.»

Valeurs de base

Pour Laurence Leboeuf, grande adepte des histoires fantastiques dans le style Lord of the Rings, Harry Potter ou Le labyrinthe de Pan, la proposition de jouer dans Turbo Kid est un cadeau. Le rôle se moule parfaitement à ses préoccupations personnelles.

«J'ai toujours rêvé d'aller dans cette branche de cinéma, confie-t-elle. Ce que j'aime de ce type d'histoire est que ça fait aller l'imaginaire; ça fait rêver. Il y a aussi le fait qu'on y retrouve l'expression de valeurs de base importantes: la bravoure, la fidélité, en amitié comme en amour, le courage. Ces valeurs, que je trouve belles et chevaleresques, sont davantage exploitées dans ce genre de films.»

Son personnage d'Apple est pour le moins singulier. Arrivant de nulle part, Apple débarque littéralement dans la vie du Kid, peu habitué à la présence d'êtres humains. Bien sûr, Apple dérange. Mais on se doute un peu qu'elle va faire fondre le coeur de Turbo.

«Apple est dans l'émerveillement, dit la comédienne. Elle est éblouie par tout ce qui l'entoure. C'est aussi ce que je trouve beau dans son personnage: elle est comme un enfant. Avec elle, les petites choses redeviennent énormes. Tout est fantastique, tout est beau. Elle a un positivisme pratiquement dérangeant. Elle est curieuse et cultive une certaine naïveté, jusqu'à ce qu'on découvre sa vraie nature...»

The Kid, au contraire, souffre d'un désordre obsessionnel compulsif, dixit Munro Chambers. «Il est assez naïf et idéaliste, décrit le comédien. Il devient très obsédé par l'univers qu'il habite. L'arrivée d'Apple dans sa vie va le forcer à vieillir un peu.»

Un beau hasard

L'obtention du rôle d'Apple est un beau hasard et une grande marque d'attention pour Laurence Leboeuf. Elle tournait dans Trauma lorsqu'un responsable du département des costumes, travaillant à la fois pour cette série et le projet Turbo Kid, lui a apporté une photo du personnage avec son visage. François Simard avait composé celle-ci sur son ordinateur. L'actrice est tout de suite tombée sous le charme.

«Ça avait l'air fantastique. J'ai demandé à mon agent de me faire parvenir le scénario. Le jour même de sa lecture, j'ai accepté.»

Survivrait-elle dans un monde post-apocalyptique? «Je me tiendrais avec les bonnes personnes, avec des gens débrouillards, dit-elle en éclatant de rire. Mais oui, je serais capable. Je suis bien plus tenace qu'on pourrait le penser.»

Ténacité, valeurs, émerveillement, bravoure, confiance, superhéros. Turbo Kid parle de bien des choses. Avec en complément (vous l'a-t-on dit?) un peu de sang...

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