Suites de films: ces succès qu'on souhaite répéter

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Guillaume Lemay-Thivierge, Patrice Robitaille et Paul Doucet partagent la vedette dans Les 3 p'tits cochons 2.

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Le cinéma hollywoodien a fait de cette pratique un modèle d'affaires. La France n'est pas en reste non plus, même si, là-bas, les oeuvres desquelles on peut tirer une suite sont plus rares. Au Québec, le phénomène existe depuis plus de 20 ans. Et s'apprête à prendre un nouvel élan.

Quand on jette un coup d'oeil sur le palmarès des films ayant généré les plus grandes recettes sur le marché nord-américain en 2015, un constat s'impose. Sept des dix premières positions au classement sont occupées par de nouveaux épisodes de succès déjà bien établis. De Star Wars à Fast and Furious, en passant par The Hunger Games, Minions ou Avengers, nombreuses sont les superproductions déjà assurées d'un public pratiquement conquis d'avance. Le défi consiste alors à fidéliser cet auditoire en lui proposant un nouvel épisode duquel, espère-t-on, il ne sortira pas déçu.

Au Québec, le phénomène n'est pas aussi puissant, mais il existe. Depuis près d'une vingtaine d'années, soit depuis la sortie, en 1997, de Matusalem II - Le dernier des Beauchesne (Roger Cantin), des suites de succès populaires sont régulièrement mises en chantier. Cet été, les deux films québécois prévus au programme sont deux nouveaux chapitres d'histoires connues: Les 3 p'tits cochons 2 de Jean-François Pouliot (le 1er juillet) et Nitro Rush d'Alain Desrochers (le 31 août). Coïncidence, les deux films originaux sont aussi sortis à quelques mois de distance la même année, soit en 2007. L'an prochain, les deux plus grands succès de l'histoire du cinéma québécois, Bon Cop, Bad Cop (2006) et De père en flic (2009) auront aussi droit à un nouvel opus.

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Le président d'eOne Films Canada et des Films Séville, Patrick Roy

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Un modèle tentant

À l'heure où, à quelques variations près, les parts de marché du cinéma québécois déclinent, il est bien sûr tentant pour les producteurs et les distributeurs de s'appuyer sur des valeurs sûres pour tenter de ramener le public dans les salles de cinéma.

«Et pourquoi pas? demande Patrick Roy, président d'eOne Films Canada et des Films Séville. Il est important de produire des créations originales, mais il est aussi très sain de proposer des suites de films qui ont plu au public. Quand le contexte s'y prête, bien sûr. »

L'industrie du cinéma québécois ne dispose évidemment pas des mêmes moyens que les studios hollywoodiens. Alors que là-bas, les épisodes subséquents, produits à grands frais, obtiennent souvent plus de succès que le film d'origine, les suites de films québécois atteignent rarement les mêmes sommets de popularité que leur prédécesseur.

«Pour qu'un film ait potentiellement droit à une suite, il faut évidemment qu'il ait obtenu du succès au départ, rappelle Patrick Roy. Parfois, la popularité se déclare sur d'autres plateformes. Ce fut le cas du film de Ricardo Trogi, 1981. Dont la suite, 1987, a obtenu un plus grand succès. Dans le contexte dans lequel nous évoluons, notre défi se situe surtout au niveau créatif. Notre objectif est de produire un film encore meilleur que le premier.»

Bien faire les choses

Même son de cloche du côté de Christian Larouche, champion tous azimuts de la suite québécoise, aussi bien en tant que producteur que distributeur. Outre Les 3 p'tits cochons, le patron de Les Films Christal a notamment produit les deux suites d'Elvis GrattonÀ vos marques... party! et il a distribué les cinq longs métrages des Boys, sans contredit la «franchise» la plus célèbre de l'histoire du cinéma québécois. Une suite des Pee-Wee 3D, intitulée Junior majeur, figure aussi dans ses plans.

«Quand un film est populaire, tu te demandes s'il y a moyen de développer les personnages davantage et si le film peut potentiellement générer une bonne suite.»

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On retrouve Madeleine Péloquin, Guillaume Lemay-Thivierge, Antoine Desrochers, Alexandre Goyette et Antoine Olivier Pilon dans Nitro Rush.

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«Si on n'est pas capable de créer une histoire aussi bonne, sinon meilleure, vaut mieux oublier ça. Il faut aussi se donner le temps de bien faire les choses. Une suite n'est pas automatiquement synonyme de succès», ajoute-t-il.

Cela dit, la mise en marché d'un film de série reste un peu moins compliquée à mettre en branle que celle d'un film original. Le public saura déjà de quoi il s'agit et à quoi il peut s'attendre. Mais avec les grandes attentes vient aussi la pression d'une bonne performance.

«Tout dépend, prévient Christian Larouche. Si les suites de Bon Cop, Bad Cop et de De père en flic attirent la moitié des spectateurs qui ont vu les premiers films, ça restera quand même de très grands succès. Dans le cas des 3 p'tits cochons 2, j'estime qu'on pourra commencer à réfléchir à la possibilité d'un numéro 3 si la réponse du public est vraiment bonne. Pour cela, il faudrait que le film génère des recettes d'au moins 3 millions de dollars. En bas de ça, je n'y penserais pas.»

Pas de passe-droit

Patrick Roy ne souhaite pas communiquer les objectifs du distributeur publiquement, mais il confirme néanmoins que les attentes pour ce genre de production «sont élevées». Contrairement à ce qu'on pourrait croire de prime abord, les projets de suite ne passent pas non plus comme une lettre à la poste auprès des organismes subventionnaires. Le projet des 3 p'tits cochons 2 a dû être déposé trois fois avant de recevoir l'aval de la SODEC. De père en flic 2, déjà soumis une fois, n'a toujours pas le feu vert de l'institution québécoise.

«Les critères d'évaluation des institutions sont les mêmes pour les comédies que pour les drames, fait remarquer Claude Lalonde, coscénariste, avec Pierre Lamothe, des 3 p'tits cochons 2. Ça rend les choses un petit peu plus difficiles. Quand on nous a proposé le projet d'une suite, ce qui, pour nous, a été une surprise totale, nous avons mis un peu de temps à trouver le bon filon. Aussi, il fallait bien prendre le temps d'évaluer si nous avions quelque chose à offrir sur le plan créatif. Le plus grand défi consiste à mener les personnages plus loin. Il est clair qu'on sent autour de nous une volonté de bonne performance. Cette pression est indéniable.»

Jean-Carl Boucher et Laurent-Christophe de Ruelle personnifient Ricardo... (PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE) - image 4.0

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Jean-Carl Boucher et Laurent-Christophe de Ruelle personnifient Ricardo Trogi et Claude Boivin dans le film 1987.

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Quatre suites encore plus populaires

Les invasions barbares (2003): 913 995 entrées

Le déclin de l'empire américain (1986): 608 170 entrées

Elvis Gratton II - Miracle à Memphis (1999): 609 463 entrées

Elvis Gratton - Le king des kings (1985)*: 43 590 entrées

Karmina 2 (2001): 146 017 entrées

Karmina (1996): 85 609 entrées

1987 (2014): 270 513 entrées

1981 (2009): 112 565 entrées

* Ce film était constitué d'un collage de trois courts métrages

Des suites attendues

Les 3 p'tits cochons (2007): 578 049 entrées

Les 3 p'tits cochons 2 (2016): Date de sortie: 1er juillet

Nitro (2007): 427 935 entrées

Nitro Rush (2016): Date de sortie: 31 août

Bon Cop, Bad Cop (2006): 1 320 394 entrées

Bon Cop, Bad Cop 2 (2017): Bientôt en tournage

De père en flic (2009): 1 242 378 entrées

De père en flic 2 (2017-2018): Bientôt en tournage

Les boys, la franchise la plus lucrative

Les boys (1997): 1 125 192 entrées

Les boys 2 (1998): 1 039 578 entrées

Les boys III (2001): 910 743 entrées

Les boys 4 (2005): 626 489 entrées

Il était une fois les boys (2013): 178 804 entrées

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Tous les chiffres sont fournis par l'Institut de la statistique du Québec.

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