Sylvain Bellemare: «Le son est un grand travail d'équipe»

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Le Québécois Sylvain Bellemare a remporté l'Oscar du meilleur montage sonore, dimanche soir.

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Qui aurait cru que la gestion du son était un grand travail d'équipe dans la construction d'un long métrage?

Sylvain Bellemare, qui a remporté dimanche soir l'Oscar pour le meilleur montage sonore avec son travail sur le film Arrival de Denis Villeneuve, l'a pourtant dit haut et fort sur la scène du Dolby Theatre, sa statuette à la main. Et hier en fin d'après-midi, il insistait de nouveau sur cette dimension en entrevue téléphonique avec La Presse.

«On s'est couchés tard cette nuit. Mais tout ça reste bien simple dans mon esprit, a indiqué le lauréat d'une voix enjouée. Pour nous, pour l'ensemble des participants, le son constitue un grand travail d'une équipe constituée de gens très talentueux. S'il y a une chose que je veux dire, c'est bien celle-là. C'est fondamental!»

Pour Arrival, l'originalité et la qualité du montage sonore tiennent notamment dans la création d'un univers de sons entièrement naturels, a expliqué M. Bellemare lorsqu'on lui a demandé de décrire son plus gros défi du film.

«Ce désir d'avoir des sons naturels a nécessité beaucoup d'enregistrements, dit-il. Par exemple, pour donner le son des communications radio, nous avons réellement enregistré des sons d'appareils audio et non pas utilisé des "plug-in" déjà fabriqués.»

«Nous avons aussi enregistré des mouvements de roche et de glace pour créer les sons de déplacement du vaisseau.»

«Nous sommes aussi allés dans les forêts profondes de la Nouvelle-Zélande pour capter le chant d'un oiseau rare dont le nom m'échappe», ajoute-t-il.

Avec Arrival, ce dernier a accompli son plus grand projet en carrière. «Normalement, dans une grosse production québécoise, nous pouvons être sept ou huit personnes au maximum dans l'équipe sonore. Pour Arrival, j'avais une quarantaine de personnes sous ma responsabilité. J'en étais un peu comme le chef d'orchestre.»

Une soirée mémorable... pour plus d'une raison

M. Bellemare et sa femme étaient encore dans la salle du Dolby Theatre lorsque la controverse entourant la remise de l'Oscar du meilleur film a éclaté. «J'ai d'abord pensé que c'était une autre mise en scène de Jimmy Kimmel, qui a été très bon, a-t-il dit. C'est une grosse bourde. Mais en fin de compte, je suis très heureux pour Moonlight, qui est un film tout en finesse.»

Au début de la soirée, Arrival était finaliste dans huit catégories. M. Bellemare, qui a célébré ses 49 ans il y a quelques jours, est le seul de l'équipe à être reparti avec un Oscar. Rappelons que deux semaines plus tôt, celui-ci et ses collègues Claude La Haye et Bernard Gariépy Strobl avaient remporté le BAFTA (les Oscars britanniques) pour le meilleur son d'ensemble.

Il ne sait pas encore ce que ces prix vont changer dans sa carrière. Pour le moment, il rentre à Montréal aujourd'hui pour reprendre le travail sur le long métrage Radius de Caroline Labrèche et de Steeve Léonard.

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Le Québécois Sylvain Bellemare a remporté l'Oscar du meilleur montage sonore, dimanche soir.

PHOTO LUCAS JACKSON, REUTERS

Qu'est-ce que le montage sonore?

Guy Desjardins, enseignant depuis une trentaine d'années et actuellement rattaché à l'Institut Trebas, explique que le montage sonore n'est pas un travail uniquement associé au cinéma, mais à tout document vidéo qui comporte aussi une dimension audionumérique.

«Le montage sonore consiste à remplacer et ajouter tous les sons nécessaires pour appuyer une image. Au cinéma, environ 90 % des sons que l'on entend n'ont pas été enregistrés durant le tournage.»

Il prend en exemple une scène captée dans un restaurant avec deux acteurs principaux. «Les dialogues des deux acteurs sont enregistrés au tournage, dit M. Desjardins. Mais tout le reste est ajouté: les échanges entre figurants, les bruits de la cuisine, de la ventilation ou encore un ustensile tombant au sol.»

S'il y a un lauréat de la soirée de dimanche plus heureux que M. Bellemare aujourd'hui, c'est sans doute son collègue Kevin O'Connell, qui a remporté un Oscar pour le mixage sonore, qui consiste à ajuster le niveau de chaque élément sonore dans l'ambiophonie d'une oeuvre.

Pourquoi? Parce que M. O'Connell avait été finaliste à 20 (!) reprises aux Academy Awards sans jamais avoir gagné. Le journal britannique The Guardian l'a même qualifié de «nommé le plus malchanceux de l'histoire des Academy Awards».

Le vent aura tourné en sa faveur dimanche soir alors qu'il était récompensé pour son travail sur le long métrage Hacksaw Ridge de Mel Gibson. «C'est la plus grande sensation de toute ma vie», a dit l'heureux oscarisé en recevant son trophée.




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