Juste une p'tite nuite festive et sombre

Un numéro du spectacle hommage aux Colocs, Juste... (Photo Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Un numéro du spectacle hommage aux Colocs, Juste une p'tite nuite, par le Cirque du Soleil.

Photo Olivier Croteau, Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Il y a de la beauté, de la vulnérabilité et des prouesses physiques dans le spectacle Juste une p'tite nuite du Cirque du Soleil, dont la première avait lieu hier soir à l'Amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières.

L'équipe de la direction artistique du spectacle est parvenue à évoquer les zones d'ombre de Dédé Fortin - et son suicide - avec raffinement, émotion et subtilité. Il est toutefois dommage que l'on ait fait fi de certains traits forts de sa personnalité, dont sa fibre nationaliste.

Juste une p'tite nuite constitue le quatrième spectacle de la série hommage du Cirque du Soleil. Après Robert Charlebois, Beau Dommage et Luc Plamondon, le Cirque a choisi le répertoire des Colocs.

Même tandem à la mise en scène et à la direction musicale avec Jean-Guy Legault et Jean-Phi Goncalves. Cette fois-ci, ce dernier a travaillé avec les chansons originales du groupe. De son côté, Jean-Guy Legault a voulu «recréer un univers de party de ruelle».

On cherchait parfois Dédé Fortin et l'esprit des Colocs dans certains numéros ou certaines mises en scène - hormis sa voix qui résonnait haut et fort dans l'amphithéâtre -, mais le mariage des Colocs et du Cirque du Soleil est somme toute réussi.

«Party de ruelle»

Structures industrielles, costumes grunge, voitures abandonnées et barils marqués de graffitis dans une ambiance nocturne: c'est ce qui servait de décor au spectacle.

Le synopsis? Les rencontres de copains marginaux à la tombée de la nuit dans une ruelle délabrée. Décrocher le temps d'une «p'tite nuite» entre amis, quoi.

On a assisté à un beau numéro de mât chinois sur Belzébuth. La chorégraphie et les acrobaties évoquaient le gouffre que décrit Dédé Fortin dans cette chanson.

Duo main à main - d'une belle intensité, mais pas spectaculaire - entre deux jeunes hommes pendant Tassez-vous de d'là. La mise en scène évoquait la confiance entre deux amis. Or, la référence au texte aurait pu être plus forte.

L'émotion était à fleur de peau pendant Le répondeur, la ballade triste et poignante où Dédé, le coeur brisé, dit qu'il est jaloux de voir des gens heureux. Un acrobate à la chemise tachée de sang a offert un superbe numéro aérien en s'accrochant à une lampe suspendue au-devant de la scène.

Le public retenait aussi son souffle pendant le numéro de bungee loop au son de Dehors novembre.

Les amateurs de cirque plus «technique» ont pu se régaler pendant le numéro de trapèze de Juste une p'tite nuite et la finale sur La comète.

À l'inverse, les chorégraphies de corde à danser et les barils en feu pendant Julie étaient quelconques par rapport au grand succès des Colocs.

Certains amateurs plus purs et durs du groupe sont peut-être restés sur leur faim.

André Fortin était un fier nationaliste. Or, il y avait dans son groupe des membres ou des collaborateurs anglophones, autochtones et sénégalais. Dommage que Juste une p'tite nuite n'y fasse pas allusion, même si cela n'enlève rien à la qualité du spectacle.

L'Amphithéâtre Cogeco

Quelques mots sur le magnifique Amphithéâtre Cogeco, aménagé au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent. La température était parfaite hier soir pour en apprécier tous les atouts. La salle de 3500 sièges compte trois murs et un plafond, on a donc à la fois le sentiment d'être à l'extérieur et à l'abri. Avant de prendre place, on peut se balader sur le bord de l'eau. Un très agréable décor.




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