Avant-garde: une femme à Berlin ***1/2

La pièce Avant-garde.... (Photo fournie par Caroline Laberge)

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La pièce Avant-garde.

Photo fournie par Caroline Laberge

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Espace Go met fin à une saison en trois actes avec Avant-garde, une magnifique première rencontre au sommet entre Denis Marleau et Dominique Quesnel.

La saison écourtée d'Espace Go, en raison de travaux majeurs qui commenceront incessamment, se conclut, comme elle a commencé, sur le thème de la misogynie. 

En début de saison, Une femme à Berlin décrivait la survivance des Berlinoises malgré les exactions russes à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avant-garde s'attarde au sort d'une jeune provinciale, Marieluise Fleisser, sous le joug d'un génie, Bertolt Brecht.

Cette jeune femme à Berlin est écrivaine. Le poète - Bertolt Brecht n'est jamais nommé dans ce récit écrit à la troisième personne - vampirisera les talents de la dramaturge pour faire mousser sa propre carrière. Il montera même une de ses pièces dans le but implicite de faire scandale, ce qui détruira presque Marieluise Fleisser, amoureuse du maître. 

Pour incarner les mémoires de Fleisser qui, envers et contre Brecht, réussira à devenir romancière et dramaturge par la suite, Denis Marleau a pertinemment fait appel à nulle autre que Dominique Quesnel. 

La comédienne nous offre une autre de ses magistrales performances, modulant avec expertise sa voix chaude pour rendre autant la détresse que la résilience du personnage, ainsi que les points de vue des personnages secondaires, dont le glacial poète et l'idiot d'époux.

Le metteur en scène Denis Marleau a construit un écrin parfait pour ce magnifique texte et son interprète avec un traversant où se situe également le musicien Jérôme Minière. Avec son accent distancié français, tant en allemand qu'en anglais, celui-ci chante certaines des chansons les plus connues que Kurt Weill a écrites avec Brecht, dont Mac the Knife et Alabama Song.

La musique et les images du Berlin d'époque, manipulées au ralenti par Stéphanie Jasmin, assurent le contrepoint parfait à une performance dont le crescendo bien planifié nous amène à l'explosion de douleur du personnage principal. Renversant !

Seuls quelques passages musicaux tonitruants du Déclin, dans la salle d'à côté, et l'égoïsme de vilains tousseurs - sachant que vous êtes malade et que vous serez dans une salle intime, de grâce, restez à la maison ! - viennent parfois gâcher ce touchant spectacle.

***1/2

Avant-garde

De Marieluise Fleisser

Traduction d'Henri Plard 

Mise en scène de Denis Marleau

À Espace Go jusqu'au 15 avril




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