Odysséo remonte son chapiteau à Montréal

Odysséo est un spectacle multimédia centré sur la relation... (Fournie par Cavalia)

Agrandir

Odysséo est un spectacle multimédia centré sur la relation millénaire entre le cheval et l'homme. Et la femme: 10 des 20 cavaliers du spectacle sont des cavalières...

Fournie par Cavalia

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Daniel Lemay
La Presse

Créé à Laval en 2011 et présenté au même endroit deux ans plus tard, Odysséo monte cette fois son immense chapiteau à Montréal, au nord-est de l'échangeur Décarie, où le spectacle équestre multimédia débutera le 17 juin.

«C'est la dernière fois avant la fin de la tournée nord-américaine», affirme Normand Latourelle, concepteur, producteur et directeur artistique du «plus grand spectacle de tournée du monde», joint à Hong Kong, où Cavalia - le premier spectacle de la compagnie - a déjà attiré plus de 100 000 spectateurs.

Plus gros, plus complexe et plus élaboré du point de vue de la chorégraphie équestre, Odysséo a été applaudi par un million et demi de personnes à travers l'Amérique du Nord.

Rêve asiatique

La tournée asiatique de Cavalia avait d'abord été prévue pour 2011, mais le partenaire local s'est désisté après avoir mal évalué les contraintes logistiques liées à la maintenance d'une troupe de 150 artistes et techniciens... et de 50 chevaux.

La présente tournée a commencé à Singapour l'automne dernier et s'est poursuivie à Séoul, Taiwan et Hong Kong.

«Dans cette partie de l'Asie, les gens ont peu de contacts avec le cheval, qu'ils considèrent comme un animal exotique, sinon mythique», explique Normand Latourelle, qui a porté à l'autre bout du monde ce spectacle créé à Shawinigan en 2003 et auquel ont assisté plus de 4 millions de spectateurs.

Odysséo - 800 représentations en Amérique du Nord - pourrait-il prendre la route de l'Asie?

«Odysséo ne se déménage pas facilement. C'est 120 semi-remorques, sans parler des chevaux... En comparaison, le spectacle de U2 Innocence + Experience qui s'en vient au Centre Bell pour quatre soirs n'utilise que 65 semi-remorques...»

Et Latourelle de souligner que ses productions n'ont jamais eu de subventions pour les tournées: «On paie de 3 à 4 millions d'impôts par année: est-ce qu'on pourrait se faire aider un peu?»

Par ailleurs, en homme d'affaires prudent, Normand Latourelle en dira encore peu sur ses nouveaux projets, sinon qu'il travaille à la conception 1) d'un spectacle permanent; 2) en Asie; 3) qui ne sera ni un spectacle de cirque - «Le Cirque du Soleil, ça n'a pas fonctionné en Asie» - ni un spectacle équestre.

«Les gens, ici, ont un appétit vorace pour les spectacles à grand déploiement...» Normand Latourelle est justement un spécialiste de la chose...

Grande liberté

Une fois que tout a été dit, compté, branché, projeté, Odysséo reste un spectacle multimédia centré sur la relation millénaire entre le cheval et l'homme. Et la femme: 10 des 20 cavaliers du spectacle sont des cavalières... Dont Élise Verdoncq qui, partie de six chevaux, présente maintenant un numéro de liberté avec 12 arabes - du jamais vu nulle part, selon Normand Latourelle.

À Montréal, 70 chevaux de 11 races différentes feront partie du spectacle: nobles lusitaniens et espagnols, puissants Holsteiners, rapides quarter horses - la race la plus répandue sur la planète -, qui sont au grand galop en trois foulées. À un certain moment, 32 chevaux, dont huit sont montés, occupent l'hyperscène d'Odysséo: une première, là aussi.

Odysseo 3D

Ceux qui, pour une raison ou une autre, ne pourront se rendre sous le grand chapiteau blanc auront néanmoins la possibilité de «voir» la superproduction au grand écran quand le film coréen Odysseo 3D aura trouvé un distributeur québécois (ou canadien).

Présenté au Marché du film de Cannes il y a moins d'un mois, Odysseo 3D a été tourné lors du passage de la troupe à Denver en octobre 2014. Il a exigé 14 caméras et, outre le 3D, utilise la technologie 4K qui offre une résolution exceptionnelle, quatre fois supérieure à la résolution Full HD (avec 4096 pixels en largeur d'image sur écran de format 16/9).

«Ça reste une captation de spectacle, mais, dans le genre, c'est ce que j'ai vu de mieux, dira Normand Latourelle. Et ce film permettra à Odysséo d'aller partout.» Parfois en prospecteur...

Et le Cirque?

Que pense Normand Latourelle, ancien directeur général du Cirque du Soleil (1985-1990), de la vente du fleuron de la création scénique québécoise à des intérêts étrangers?

«J'ai des sentiments partagés... Je suis content pour Guy [Laliberté], mais on aurait souhaité que le Cirque, qui se cherchait un nouveau souffle, le trouve au Québec.»

Pour Latourelle, des comptables et des avocats habitués à gérer des portefeuilles aux États-Unis et en Chine ne sont pas à même de prendre des décisions de création qui confinent parfois à l'artisanat. «Le cirque reste une entreprise de création, et la création, elle est au Québec!»

Outre le metteur en scène Wayne Fowkes, un Britannique, et le directeur équestre Benjamin Aillaud, un Français, les principaux collaborateurs d'Odysséo sont des Québécois: Guillaume Lord (scénographie), Geodezik (conception visuelle), Michel Cusson (musique), Georges Lévesque (1951-2011) et Michèle Hamel (costumes).

Cavalia inc., qui a du cirque dans le nez, est-il à vendre? «J'ai toujours fonctionné avec des prêts remboursables, répond Normand Latourelle, et réinvesti tous les profits dans la compagnie, mais ça devient lourd... Si j'ai des propositions de partenariat, je vais écouter.»

_____________________________

Sous chapiteau dès le 17 juin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer