Voir et entendre Assassin's Creed

Le chef Alain Trudel et son orchestre interpréteront des... (Photo Christina Alonso, fournie par la production)

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Le chef Alain Trudel et son orchestre interpréteront des musiques de jeux vidéo.

Photo Christina Alonso, fournie par la production

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Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Pour la toute première fois, les studios de jeux vidéo montréalais et les musiciens québécois se réunissent pour présenter un événement, le concert L'odyssée musicale du jeu vidéo, qui présentera les musiques de jeux conçus à Montréal jouées par un orchestre formé de musiciens d'ici, sous la direction du chef Alain Trudel. Tour d'horizon d'un projet unique.

Le répertoire

Ce concert sera l'occasion d'entendre la musique des jeux les plus connus conçus à Montréal par les grands studios Ubisoft, WB Games, Eidos et Bioware, ainsi que par des studios indépendants. On entendra notamment la musique d'Assassin's Creed, Batman: Arkham Origins, Deus Ex: Human Revolution, Mass Effect 3 et plusieurs autres. Le thème principal de la musique d'un jeu très attendu qui sortira en 2017, soit Mass Effect: Andromeda, sera joué en primeur. La moitié des oeuvres au programme ont été composées par des Québécois, notamment Béatrice Martin (Child of Light), Luc St-Pierre (Thief) et Antoine Vachon (Mages of Mystralia).

L'orchestre

Pour le concert, qui sera donné une fois à Montréal et une fois à Québec, le studio de production montréalais Troublemakers a réuni 58 musiciens triés sur le volet et provenant de plusieurs orchestres québécois, dont l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), I Musici et l'Orchestre Métropolitain. Le violon-solo sera Olivier Thouin, violon-solo associé à l'OSM, et le premier alto, Marina Thibeault, Révélation Radio-Canada 2016-2017. On a aussi sélectionné 40 choristes, et l'orgue et l'octobasse seront également mis à contribution.

La musique, un personnage

Le chef Alain Trudel, père de deux adolescents, ne s'était jamais attardé à la musique des jeux vidéo avant que ses enfants ne commencent à y jouer.

«Quand mes fils ont commencé à jouer, je les observais et j'ai réalisé que la musique de presque tous les jeux était symphonique, dit-il. Sans que les jeunes s'en rendent compte, la musique est pratiquement un personnage en soi, ou représente les différents personnages du jeu par ses thèmes. Quand on m'a proposé de diriger ce concert, j'ai tout de suite été intéressé. Comme tromboniste, j'aime cette musique parce qu'elle sonne, elle est souvent épique. Mon autre motivation, c'est l'espoir qu'un jour, la musique des jeux d'ici sera enregistrée par des musiciens d'ici.»

Un enjeu économique

Bien que Montréal soit une plaque centrale du jeu vidéo, la majorité des musiques de jeux faits ici, souvent composées par des Québécois, est soit produite par ordinateur, soit enregistrée par des orchestres étrangers, surtout à Seattle et en Europe. Du travail qui échappe aux musiciens d'ici.

«Cela fait deux ans qu'on se mobilise pour convaincre l'industrie du jeu vidéo que ces musiques pourraient être enregistrées, dit Denis Chabot, de Troublemakers. Le calibre de nos musiciens est très élevé, mais ils n'ont pas autant de travail qu'ils le pourraient. Depuis deux ans, nous avons mis sur pied la structure nécessaire pour offrir ce service chez nous. La seule chose qui manque encore, ce sont de crédits d'impôt comme il en existe pour l'industrie du cinéma.»

L'art dans les jeux

Il est rare que les studios de jeu, normalement des compétiteurs, s'unissent de cette façon. L'idée est venue de Jean-Sébastien Giard, cofondateur de Troublemakers, de son associé Denis Chabot et de Louis-Félix Cauchon, président de la Guilde des développeurs de jeux vidéo du Québec.

«Nous avons voulu faire ce projet pour souligner l'aspect artistique des jeux vidéo, dit Louis-Félix Cauchon. Lorsqu'on parle de nous dans les médias, c'est toujours l'aspect économique et la création d'emplois qui sont mis de l'avant. Or, les jeux font appel à plusieurs formes d'art, le dessin, l'animation, la musique, l'écriture de scénarios. On s'est dit qu'en proposant un concert symphonique comme celui-là, on pourrait rejoindre des gens en dehors du cercle habituel des jeux. On va montrer le talent qu'on a au Québec dans une formule qui plaît à tous. Pas besoin d'être un joueur pour apprécier la musique.»

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Le 9 décembre, 20 h, à la Maison symphonique et le 11 décembre, 15 h, au Palais Montcalm.




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