Un directeur de théâtre limogé à cause d'un opéra

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Agence France-Presse
Moscou

Les autorités russes ont limogé le directeur d'un théâtre de Sibérie ayant mis en scène une version controversée d'un opéra de Richard Wagner, qui avait provoqué le courroux de la puissante Église orthodoxe et une série de manifestations.

Le ministre russe de la Culture Vladimir Medinski a renvoyé dimanche le directeur du Théâtre d'État de Novossibirsk, Boris Mezdritch, dont l'établissement avait accueilli la représentation de Tannhäuser de Wagner.

La version originale de l'oeuvre du compositeur allemand conte l'histoire d'un poète déchiré entre ses désirs charnels envers la déesse de l'amour Vénus et sa recherche du Salut au sein de l'Église.

Transposée dans un univers contemporain, la version de Novossibirsk faisait de Jésus Christ le personnage d'un film érotique tourné par le chevalier Tannhäuser, ce qui a provoqué la colère des milieux ecclésiastiques accusant l'oeuvre de «profaner un symbole révéré par les chrétiens».

«Les oeuvres réalisées avec l'argent de l'État (...) ne devraient pas promouvoir une division dans la société» ou causer «des manifestations de masse, des discours, des affaires en justice ou des rassemblements», a fustigé M. Medinski.

La première de cette adaptation avait été jouée en décembre mais le scandale a éclaté pour la première fois en février, lorsqu'un responsable régional de l'Église orthodoxe a porté plainte.

Le Parquet russe avait alors estimé que la représentation «profanait publiquement» un symbole religieux, mais la plainte s'était finalement soldée par un non-lieu.

L'Église a néanmoins continué à faire pression sur le théâtre et dimanche, près de 1000 personnes s'étaient encore rassemblées à Novossibirsk pour protester contre l'opéra.

Il appartiendra désormais au nouveau directeur du théâtre de décider s'il maintient ou non l'oeuvre à son répertoire.

L'insulte envers les sentiments religieux des croyants est un délit en Russie, passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison.

En 2012, des membres du groupe contestataire féministe Pussy Riot avaient été condamnés à deux ans de prison pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» après avoir «profané» une église lors d'une «prière punk» contre le président russe Vladimir Poutine.

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