Brott et McGill: la surprise de la soirée

La jeune Anita Pari, le chef Boris Brott... (Photo: fournie par Annette Woloshen)

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La jeune Anita Pari, le chef Boris Brott et son orchestre.

Photo: fournie par Annette Woloshen

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Claude Gingras
La Presse

Les chocolats de Geneviève Grandbois étaient absolument exquis, la jeune Anita Pari s'est révélée, à 16 ans, presque aussi à l'aise au violoncelle qu'au piano, mais la surprise de la soirée, ce fut encore la qualité de jeu que Boris Brott obtint de son Orchestre de chambre McGill. Preuve que la chose est possible lorsque tous s'en donnent la peine.

La quinzaine de cordistes formant la base de cet ensemble, et qui se limite si souvent à des lectures anémiques, avait tout à coup du corps, marquait vigoureusement les accents et jouait avec justesse. Il est vrai que le chef semblait inhabituellement inspiré et que la petite bande avait été augmentée à 30 musiciens par l'addition de vents et de timbales.

Bref, on aurait dit que la forte concurrence - Montréal entend régulièrement cinq orchestres de chambre - avait enfin réveillé et stimulé le plus ancien d'entre eux.

Une ouverture de Prometheus étonnante d'énergie donne le ton de la soirée. La fameuse Petite musique de nuit, qui suit, révèle une bonne articulation collective et de vraies nuances, en même temps que de légers problèmes d'intonation qui ne reviendront pas par la suite.

Une partie du programme étant un hommage aux fondateurs de l'orchestre, Alexander et Lotte Brott, leur fils Boris a choisi une pièce que papa composa pour maman violoncelliste, pièce d'abord intitulée Rhapsody et ensuite transformée en Arabesque.

Habile sous-produit du Schelomo de Bloch, la pièce de 13 minutes débute par un long et difficile solo de violoncelle. Anita Pari (que le programme appelait aussi «Bari») sait jouer du violoncelle et possède une belle sonorité. Mais elle a perdu quelques points quant à la justesse, alors qu'elle a traversé le Concerto K. 414 de Mozart sans une fausse note et, mieux encore, avec une concentration et une musicalité absolues. Au surplus, elle avait composé des cadences tout à fait dans l'esprit de l'oeuvre. La Danza extrana de sa main, jouée en rappel, offre peu d'intérêt cependant.

Quant aux chocolats figurant en tête du menu, ils accompagnaient l'exécution d'une suite de Maxime Goulet dont les quatre mouvements se veulent évocateurs d'autant de saveurs: caramel, noir, menthe et café. Sur scène, le jeune compositeur décrivait chaque pièce, dégustait un chocolat et invitait à en faire autant ceux et celles qui avaient acheté la précieuse petite boîte de quatre morceaux. Pour les chocolats, nous décernons 10 sur 10. Pour la musique: disons que, dans le genre langoureux ou sud-américain, c'est réussi.

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ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL. Chef d'orchestre: Boris Brott. Soliste: Anita Pari, violoncelliste et pianiste. Mardi soir, salle Bourgie du Musée des beaux-arts.

Programme:

Ouverture de Prometheus, op. 43 (1801) - Beethoven

Sérénade no 13, en sol majeur, Eine kleine Nachtmusik, K.525 (1787) - Mozart

Arabesque, pour violoncelle et orchestre (1957) - Brott

Chocolats symphoniques (2013) - Goulet

Concerto pour piano et orchestre no 12, en la majeur, K. 414 (1782) - Mozart




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