Wang... mais aussi Casadesus!

La jeune pianiste chinoise Yuja Wang en concert... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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La jeune pianiste chinoise Yuja Wang en concert avec l'OSM hier soir à la maison symphonique. Elle jouera en reprise samedi et dimanche.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

Après avoir entendu - corrigeons: VU et entendu - Yuja Wang traverser le gigantesque troisième Concerto de Rachmaninov en 42 minutes sans une once de nervosité, sans le moindre problème de technique, au contraire avec un son de piano toujours plein et toujours clair, riche en basses et cristallin à l'aigu, avec une musicalité toujours en éveil et, surtout, avec la respiration et l'imagination d'une authentique interprète (et jusque dans les cadences), bref, devant tant d'évidences, il n'y a aucun doute: voici ce qu'on appelle une pianiste complète, digne de figurer parmi les grands.

Très attendue par une salle comble - et une quantité inhabituelle de jumelles! -, Yuja Wang, à 27 ans nouvelle star mondiale du piano, paraît dans un léger drapé blanc, suivie du chef invité Jean-Claude Casadesus, qui, à 78 ans, pourrait être son grand-père.

Fort conscient qu'on est venu pour elle et non pour lui, M. Casadesus anime le Rachmaninov avec tout le professionnalisme requis. Il suit la pianiste à la seconde, jusque dans ses plus subtils rubatos, et commande à l'OSM un accompagnement toujours agissant et digne de la somptueuse partition.

La vedette disparaît sous l'ovation prolongée, mais l'intérêt ne baisse pas pour autant. Une autre grande oeuvre russe, la sixième Symphonie de Tchaïkovsky - la Pathétique -, complète le programme.

Bien que ce ne soit pas là sa spécialité, le chef français s'engage entièrement dans cette musique, y entraîne tout l'orchestre et en livre une interprétation tourmentée, voire larmoyante, et parfaitement convaincante.

Quelques petites imprécisions des cuivres ne gâtent pas le tableau. L'orchestre entier sonne avec puissance et plusieurs solos sont à signaler: le lugubre basson, la clarinette, l'obsédante séquence des timbales.

La salle répond au Tchaïkovsky de M. Casadesus aussi bien qu'au Rachmaninov de Yuja Wang. L'inévitable se produit: les applaudissements éclatent après la tonitruante conclusion du troisième mouvement. Mais le compositeur n'a pas tout dit. Il lui reste à plonger l'auditeur dans le «lamentoso» final.

Ce programme, d'abord donné hier soir dans la série «OSM Express» et donc sans entracte, sera repris samedi à 20h et dimanche à 14h30, cette fois avec entracte. On notera un changement: l'Ouverture de fête de Chostakovitch, annoncée à ces deux concerts, ne sera pas jouée.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité: Jean-Claude Casadesus. Soliste: Yuja Wang, pianiste. Hier soir, Maison symphonique, Place des Arts. Reprise samedi, 20h, et dimanche, 14h30.

Programme: Concerto pour piano et orchestre no 3, en ré mineur, op. 30 (1909) - Rachmaninov; Symphonie no 6, en si mineur, op. 74 (Pathétique) (1893) - Tchaïkovsky




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