OSM: pour Chostakovitch

Le chef d'orchestre chinois Long Yu.... (Photo fournie par Shanghai Symphony Orchestra)

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Le chef d'orchestre chinois Long Yu.

Photo fournie par Shanghai Symphony Orchestra

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Claude Gingras
La Presse

Il y a fort longtemps qu'un concert de l'OSM -- ou plutôt que l'oeuvre couronnant ce concert -- avait produit un tel effet de totale communion de pensée entre le chef, l'orchestre et la musique qu'ils avaient entre les mains.

Cette expérience, nous la devons au chef invité, le Chinois Long Yu, qui s'est révélé en pleine possession de la terrifiante cinquième Symphonie de Chostakovitch et en plein contrôle de cet orchestre nouveau pour lui. L'interprétation que nous venons d'entendre, ou plus exactement de vivre, est l'une des plus intenses et des plus vraies dont peut témoigner l'auteur de ces lignes, qui place au sommet absolu de ses préférences cette partition qu'il connaît et aime depuis toujours.

Le suspense que le chef établit dès le départ, l'expression troublante qu'il imprime aux cordes, les cris sardoniques qu'il arrache aux bois déjà aiguillonnés par le squelettique xylophone, la rage qu'il commande aux cuivres et, de surcroît, aux féroces timbales traversant la tourmente : tout Chostakovitch est là, dans ces 48 minutes que la salle écoute dans un silence presque total.

Un chef qui parvient à un tel niveau d'engagement est à retenir pour un possible retour. Reste à savoir si on ne verra pas en lui un dangereux concurrent...

Ce qui précède est plus négligeable. Le chef n'est d'ailleurs pas en cause. Son compatriote Jian Wang apporte aux Variations sur un thème rococo de Tchaïkovsky un son de violoncelle profond et juste, une technique respectable et la musicalité qui convient. Mais osons le dire : le jeune Stéphane Tétreault, venu entendre son aîné, joue cette musique avec plus de précision et plus d'expression.

Ce concert axé sur la Chine débute par une pièce où Denis Gougeon fait adroitement dialoguer deux flûtes de bambou sur des claquements de petites percussions. Treize minutes qui pourraient accompagner un documentaire sur les plantations de riz.

Il y a bien pire : les Enchantements oubliés d'un certain Qigang Chen, lequel, effectivement, aurait mieux fait d'oublier les «enchantements» dont il nous accable pendant 22 minutes. Heureux élus, les bois et cuivres sont ici absents; seules en service, les cordes, les percussions et, occasionnellement, les timbales chargées de perturber cet insignifiant ronron autour de quatre notes.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité : Long Yu. Solistes : Jian Wang, violoncelliste, Qian Jun et Jin Kai, flûtistes. Hier soir, Maison symphonique; reprise ce soir, 20 h. Séries «Grands Concerts».

Programme :

  • Toy (Music Box), pour deux flûtes de bambou et orchestre (2010) - Gougeon 
  • Variations sur un thème rococo, pour violoncelle et orchestre, op. 33 (1876) - Tchaïkovsky
  • Enchantements oubliés (2008) - Chen
  • Symphonie no 5, en ré mineur, op. 47 (1937) - Chostakovitch




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