OSM / Pour Berlioz... et Arcuri

Jacques Lacombe, chef invité cette semaine à l'OSM.... (Photothèque Le Soleil)

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Jacques Lacombe, chef invité cette semaine à l'OSM.

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Claude Gingras
La Presse

Le présent concert de l'OSM fait partie d'une série au nom bien long et bien étrange: «Les Grands concerts du mercredi 1 BBA». De quoi être surpris, car c'est la première chose qu'on lit en ouvrant la page-programme. Il faudrait peut-être trouver une formule plus simple... En attendant, continuons la lecture.

Voici Le Corsaire, l'une des ouvertures les plus tumultueuses de Berlioz. On a entendu cette musique bien des fois. Pourtant, on croit la découvrir. Jacques Lacombe est à l'origine de cette petite révélation. Venant pourtant de passer le cap de la cinquantaine, Lacombe affiche ici, comme dans tout ce qui suit, une énergie débordante qu'il communique sans relâche à cet orchestre dont il fut déjà le chef assistant. Il y a là autant de pure poésie que de prodigieux tapage et, partout, une couleur et un relief incroyables qui confirment deux choses: l'OSM peut sonner comme l'un des grands orchestres du monde et la Maison symphonique, comme l'une des grandes salles de la planète.

Brillante idée, cette commande à Serge Arcuri. Voici l'un de nos compositeurs les plus intéressants. Mais on pense rarement à lui. On pense toujours aux mêmes (on sait lesquels!). Le titre Les Mouvements de l'âme peut sembler naïf, mais il correspond assez bien au contenu: durant 13 minutes presque statiques, un monologue du violon auquel l'orchestre fait écho, et qui se maintient dans un contexte sonore d'une discrétion et d'un raffinement extrêmes. Enfin, se dit-on, une musique actuelle qui s'exprime sans mobiliser automatiquement un régiment de percussions. Et qui laisse une réelle impression, comme en témoigne le silence très attentif de la salle comble.

Andrew Wan (qui partage avec un autre le titre de violon-solo de l'orchestre) semble avoir apporté le maximum à cette musique écrite pour lui. Seul le compositeur pourrait le dire. Il est venu saluer, simplement, et sans les débordements qui accompagnent habituellement ces premières.

Le jeune Wan revenait tout de suite après pour le fameux Tzigane de Ravel, qui débute par 58 mesures de violon sans orchestre. Pour l'ensemble, une exécution absolument brillante, sinon toujours scrupuleusement fidèle à toutes les nuances indiquées. Hélas! à l'orchestre, du travail bâclé. Il est clair que les répétitions ont porté sur le reste du programme.

Après l'entracte, l'OSM reprend, pour la énième fois, la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, qu'il donnait encore en février dernier. Lacombe l'y avait d'ailleurs dirigée en 2003, en omettant regrettablement, comme cette fois-ci, la longue reprise au premier mouvement. Sa précédente interprétation avait été meilleure. Cette fois, l'orchestre joue beaucoup trop fort - les cuivres surtout - et le solo très attendu du cor-anglais ne trouve pas notre irremplaçable Pierre-Vincent Plante à son habituel sommet de perfection.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité: Jacques Lacombe. Soliste: Andrew Wan, violoniste. Maison symphonique, Place des Arts. Mercredi soir (série «Grands Concerts»); reprise samedi, 20 h.

Programme:

Le Corsaire, ouverture de concert, op. 21 (1845) - Berlioz

Les Mouvements de l'âme, pour violon et orchestre (2013) (création) - Arcuri

Tzigane, pour violon et orchestre (1924) - Ravel

Symphonie no 9, en mi mineur, op. 95, B. 178 (du Nouveau Monde) (1893) - Dvorak




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