Michèle Losier brille à Bruxelles

La mezzo-soprano Michèle Losier chante Sesto dans La... (Photo: fournie par l'artiste)

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La mezzo-soprano Michèle Losier chante Sesto dans La Clemenza di Tito, de Mozart.

Photo: fournie par l'artiste

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Renaud Loranger

collaboration spéciale

La Presse

(Bruxelles) Les chanteurs québécois ont la cote en Europe et jamais plus, peut-être, qu'actuellement. Michèle Losier, dans des débuts scéniques remarqués au Théâtre royal de La Monnaie, en donne un autre bel exemple.

La mezzo-soprano chante Sesto dans une nouvelle mise en scène de La Clemenza di Tito, ultime opéra de Mozart (1791) dont l'homme de théâtre belge Ivo van Hove offre une lecture résolument moderne.

Le décor unique évoque tour à tour une chambre à coucher, un bureau, voire une salle de spectacle; les personnages portent tous des vêtements d'aujourd'hui.

Losier joue l'ami intime de l'empereur Tito, objet de la vengeance perfide de Vitellia, qu'il n'a pas choisie pour épouse. Celle-ci séduit Sesto et le convainc de commettre l'impensable et d'assassiner son ami.

L'attentat échoue, et au terme de nouveaux développements dramatiques, Tito pardonne, absout son jeune compagnon dans un geste d'une magnanimité autrement difficile à concevoir.

Intrigue politique, amour blessé, sentiments trahis, grandeur tragique de l'exercice du pouvoir sont autant de thèmes inspirés des classiques grecs qui, placés sous un éclairage contemporain, se révèlent d'une vibrante et universelle actualité.

Michèle Losier trouve ici un emploi idéal. Sur le plan dramatique, d'abord: son personnage nourrit initialement de nobles ambitions et possède un coeur pur, le coup porté dans un moment d'errance le menant à une perte certaine, si ce n'était de la clémence de son ami.

Sur le plan musical, ensuite, tant l'écriture mozartienne met en valeur le beau médium de sa voix, tout en sollicitant ses facilités virtuoses dans deux airs célèbres.

Karina Gauvin à Amsterdam

Cette fin de semaine, à Amsterdam, c'est Karina Gauvin qui magnifie Armide, l'infortunée magicienne de Gluck, la croqueuse d'hommes invétérée prise à son propre jeu, dans l'opéra éponyme (1777).

Autre décor, autre lieu, fracassant triomphe: Gauvin est tout simplement au sommet de ses moyens, de sa carrière, de son art. La voix, déjà riche en harmoniques, semble ici encore plus belle, plus capiteuse, ayant gagné en ampleur et en plénitude, caractéristiques essentielles tant le rôle est écrasant.

L'accent est souverain, le style, idoine, la tragédienne, complète. La musique coule de source, simplement. Et quel luxe d'entendre résonner avec précision chaque mot du beau texte de Philippe Quinault, rendant presque caduc le recours aux surtitres!

À ses côtés, le Renaud ténébreux et irrésistible de Frédéric Antoun, superbe aussi, sinon gêné par une émission un peu droite. L'automne de ces trois chanteurs québécois est résolument européen, et il est doré.




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