Marie-Josée Lord prend sa revanche

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La prestation de vendredi soir indique que Marie-Josée Lord travaille sérieusement.

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Claude Gingras

L'Orchestre Métropolitain avait volé la vedette à Marie-Josée Lord au concert-bénéfice de l'Institut du cancer de Montréal l'an dernier, presque à pareille date. La soprano d'origine haïtienne a pris sa revanche vendredi soir, au sixième concert annuel, où elle était rappelée «à la demande générale», selon un porte-parole de l'Institut.

Ce que nous avait offert Marie-Josée Lord l'an dernier appelait bien des réserves. Tout d'abord, elle reprenait en bonne partie un programme présenté ailleurs un an plus tôt; cette fois, elle proposait du nouveau. Ensuite, et surtout, la voix semblait reposée et sonnait d'une façon plus ferme, plus nourrie et plus timbrée, voire plus puissante, produisant même, dans certains aigus lancés fortissimo, un volume trop gros pour l'acoustique pourtant jugée parfaite de la Maison symphonique.

Nous avions parlé l'an dernier d'«aigu souvent forcé». Pas cette fois : c'est la salle qui répondait mal. Le «trémolo intermittent» a disparu, sauf au tout début du programme. «Effets de voix inutiles, maniérismes» : disparus aussi. Concernant la «diction parfois confuse», c'est encore un peu le cas, hélas! L'an dernier, nous ajoutions : «Par-dessus tout, absence d'expression authentique.» Rien de cela cette année, même que la fin du grand air de Butterfly tirait les larmes. Dans certains placements vocaux, Marie-Josée Lord se rapproche d'une autre chanteuse noire, nulle autre que Leontyne Price.

La prestation de vendredi soir indique qu'elle travaille sérieusement. Et lorsqu'elle oublie d'être «la grande star locale Marie-Josée Lord» et s'efface derrière les personnages de Rusalka, Santuzza ou Juliette, ou de Butterfly déjà nommée, elle leur redonne leur pleine dimension, elle rejoint les plus grandes et on y croit.

Choix original, aussi, l'Aria (ou première partie) de la cinquième et plus célèbre des Bachianas brasileiras de Villa-Lobos où la chanteuse confère une sorte de couleur instrumentale aux passages sur le phonème «ah». Comme accompagnement, Villa-Lobos demande ici huit violoncelles. L'OM n'en comptant que six, on avait complété l'instrumentation avec deux altos.

L'extrait de My Fair Lady n'apportait rien au programme, non plus que l'unique rappel, tiré d'une autre comédie musicale, Notre-Dame de Paris.

Le jeune chef invité Giuseppe Pietraroia a accompagné la chanteuse avec attention mais n'a rien apporté de particulier aux pages orchestrales de Rossini et de Puccini.

Le concert comportait la touchante participation de la violoniste Anne Robert qui, victime du cancer, a relaté son expérience sous la forme d'un événement livre-disque-spectacle réalisé avec son médecin, le Dr Alain Gagnon. Celui-ci, excellent pianiste, l'accompagnait dans la Méditation tirée de la Thaïs de Massenet et dans un mouvement de sonate de Beethoven. Une lectrice de poèmes non identifiée complétait l'intermède.

En début de concert, on annonça que tous les billerts avaient été vendus et que la recette était de 600 000 $.

CONCERT CONTRE LE CANCER. Orchestre Métropolitain. Chef invité : Giuseppe Pietraroia. Marie-Josée Lord, soprano, Anne Robert, violoniste, et Alain Gagnon, pianiste. Vendredi soir, Maison symphonique, Place des Arts. Bénéfice, Institut du cancer de Montréal.

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