Keri-Lynn Wilson et Le vaisseau fantôme: débuts avec Wagner

Keri-Lynn Wilson, maestro.... (Photo: Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Keri-Lynn Wilson, maestro.

Photo: Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Richard Wagner est né il y a 200 ans cette année. Pour souligner l'anniversaire, l'Opéra de Montréal a programmé Le Vaisseau fantôme, en langue originale (Der fliegende Holländer). Au pupitre, la Canadienne Keri-Lynn Wilson, qui a dirigé souvent à Montréal, mais qui fera ses débuts ce soir dans une production d'un opéra de Wagner. La Presse l'a rencontrée.

Chef d'orchestre depuis déjà 19 ans, la blonde et grande femme a jusqu'à maintenant dirigé beaucoup d'opéras italiens et russes.

«J'ai toutefois dirigé beaucoup de Wagner symphonique, ce n'est donc pas complètement nouveau pour moi, dit-elle. Mais c'est la première fois que je dirige un opéra complet de lui. Pour moi, cette oeuvre est un petit bijou. C'est le premier de ses opéras qui n'est pas considéré comme une oeuvre de jeunesse. Wagner était fasciné par cette histoire du Hollandais volant, et son talent l'a fait vivre.»

«On commence déjà à y constater son évolution vers ses grands opéras à venir, poursuit-elle, même si l'architecture de l'oeuvre reste encore très classique. Il utilise déjà le leitmotiv de façon systématique, un procédé qu'il va mûrir davantage par la suite. Le drame est soutenu par l'orchestre, qui a une personnalité énorme. Il n'y a pas une seule parole qui ne soit reflétée par une couleur orchestrale. Pour un chef, c'est génial de diriger les opéras des compositeurs qui ont donné un rôle majeur à l'orchestre, comme Wagner ou Richard Strauss, qui ont vraiment traité l'orchestre comme s'il était un personnage.»

Née dans la musique

Native du Manitoba, Keri-Lynn Wilson était née pour devenir musicienne, mais ne se doutait pas, quand elle étudiait la flûte ou le piano avec ses parents, qu'elle serait un jour chef!

«Quand j'étais petite, le métier de chef me fascinait beaucoup, mais je souhaitais avant tout jouer dans l'orchestre. Je viens d'une famille très musicienne, et j'ai appris trois instruments: la flûte, le violon et le piano. À 10 ans, je jouais déjà dans un orchestre comme flûtiste et, plus tard, je suis allée à Juilliard où j'ai obtenu deux diplômes. La dernière année de mes études, j'en avais marre de jouer de la flûte, alors j'ai eu envie d'étudier la direction. C'était une transition logique, car j'avais une base très riche comme musicienne.»

Alors qu'un certain machisme a longtemps régné au sein des institutions musicales - attitude soulignée publiquement par d'autres femmes chefs d'orchestre, comme la Française Claire Gibault - Keri-Lynn Wilson refuse de considérer son sexe comme un obstacle à sa carrière.

«À mon avis, cela ne doit rien changer. Je ne sais pas si on me juge différemment, mais pour moi, ce n'est pas une préoccupation. Une fois que la musique est commencée, avec l'orchestre, je suis jugée comme musicienne, comme personnalité, et pas comme femme. Mais comme il n'y a pas autant de femmes chefs, on me pose toujours cette question.»

De toute façon, pour elle, le vedettariat des chefs prend un peu trop d'importance. «Les chefs sont surestimés, dit-elle en éclatant de rire. Ce n'est pas nous qui sommes les célébrités, ce sont les compositeurs! Ce ne sont pas nos oeuvres. Naturellement, on doit avoir une forte personnalité, du leadership, de la passion, une capacité d'inspirer le public et les musiciens, mais on ne doit jamais oublier que nous sommes, d'abord et avant tout, les serviteurs de la musique.»

Le Vaisseau fantôme, Opéra de Montréal, 10, 13, 15 et 17 novembre, salle Wilfrid-Pelletier.




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