Alice Cooper, un rockeur en santé

À 67 ans, Alice Cooper n'est pas prêt... (PHOTO AP)

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À 67 ans, Alice Cooper n'est pas prêt de réduire la cadence: il continue de donner plusieurs spectacles par semaine. Il se produira lundi au Centre Bell, en première partie de Mötley Crüe.

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«Je suis loin de prendre ma retraite de la scène», lance au bout du fil Alice Cooper. À la fin de l'année, la légende du rock aura fait plus de 150 spectacles en 18 mois, en première partie de Mötley Crüe, qui passe par le Centre Bell lundi soir.

Cooper, 67 ans, ex-alcoolique, golfeur, pratiquant, s'est révélé un des artistes les plus sympathiques que nous ayons interviewés. Heureux hasard: nous lui avons parlé alors que son nouveau projet Hollywood Vampires, avec Johnny Depp et Joe Perry, venait de faire l'objet d'une fuite dans les médias.

Parlez-nous de votre projet Hollywood Vampires, un album qui sortira le 11 septembre?

Johnny Depp et moi avons tourné à Londres le film Dark Shadows. Le soir, nous jouions de la musique dans un bar et je me suis rappelé à quel point c'était amusant de jouer dans les bars. Les Beatles, les Stones, The Kinks, mon groupe... Nous avons tous commencé comme ça.

Johnny est un très bon guitariste. Je lui parlais de l'ancien temps du Rainbow Bar, à Los Angeles, quand je faisais partie du groupe The Hollywood Vampires. Avec Harry Nilsson, Jim Morrison, Keith Moon, John Lennon et plusieurs autres vedettes du rock qui se pointaient au bar, nous buvions toute la nuit. J'ai voulu rendre hommage à mes défunts amis ivres avec des reprises.

C'est bien de revenir à la musique de bar sans gros moyens de production. En studio, nous avons tout enregistré en direct. Dave Grohl, Paul McCartney, Brian Johnson nous ont rendu visite... L'album est très bon!

En plus de mener différents projets, vous tournez sans cesse. Vous aimez encore donner des spectacles?

Mon groupe est tellement bon. Il me rend la tâche facile. À 67 ans, je chante mieux que jamais. Et j'ai plus d'énergie qu'à 30 ans. Ma femme [Sheryl Cooper] incarne l'infirmière cinglée [Nurse Rozetta] dans mon spectacle. Donc, c'est juste du plaisir d'être sur la route. Je veux toujours donner le meilleur et le public le mérite.

C'est le golf qui vous garde autant en forme? [NDLR: Alice Cooper dit avoir remplacé la drogue par le golf.]

Le golf ne me garde pas tant en forme, mais la scène, croyez-moi, c'est aérobique! Surtout quand on donne cinq spectacles par semaine. J'ai coupé le sucre il y a un an et pour une raison quelconque, cela me donne beaucoup d'énergie. Je dors mieux. Le sucre, c'est une drogue.

Rappelez-nous l'époque où Frank Zappa a découvert votre groupe.

Frank mettait alors sur pied sa compagnie de disques. C'était la mode des groupes groovy comme Buffalo Springfield. Nous n'étions pas des leurs. Nous étions épeurants! Frank Zappa a entendu parler de nous. Il nous a vus sur scène et a dit: «What?» Il m'a fait un grand compliment en disant qu'il ne comprenait pas comment nos chansons pouvaient venir d'un groupe de l'Arizona cowboy. Il aimait le fait qu'il n'y ait aucun groupe comme nous.

Quelle a été votre réaction au documentaire Super Duper Alice Cooper?

J'ai travaillé étroitement avec l'équipe du film. Ils ont eu la bonne idée de présenter le Dr Jekyll et le M. Hyde en moi. Oui, il y a deux Alice Cooper.

Vous avez eu deux carrières, avant et après avoir arrêté de boire?

À l'époque, on ne pensait pas vivre plus vieux que 30 ans. L'idée était de vivre le plus vite et intensément possible. Jim Morrison et Jimi Hendrix sont morts... Les musiciens de ma génération se sont rendus à l'évidence: quoi faire pour vivre après 27 ans? J'ai dû arrêter de boire, il y a 33 ans. Je vomissais du sang le matin, c'était un signe clair que quelque chose n'allait pas. Iggy, Steven Tyler... Nous avons tous dû choisir entre mourir ou faire plus d'albums. Même Ozzy.

Vous animez l'émission Nights with Alice Cooper depuis des années. Une autre drogue douce?

Je fais jouer seulement ce que je veux. The Doors, The Yardbirds, The Who... C'est fantastique.

Pensez-vous que toutes les scènes d'horreur que vous avez reproduites sur scène (avec une guillotine, des poupées de bébés et des serpents) susciteraient la même réaction aujourd'hui?

Je ne pense pas qu'on puisse encore choquer une foule aujourd'hui. La chaîne CNN est plus heurtante que Marilyn Manson et Lady Gaga. Mais il faut continuer à mettre de la fantaisie dans nos spectacles.

On dirait qu'il n'y a plus de chansons juvéniles jubilatoires comme School's Out.

Je sais! Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas plus de jeunes groupes qui font des hymnes de la sorte. Il n'y a plus de rébellion. Mais écoutez le groupe The Strypes!

La religion occupe-t-elle toujours une place importante dans votre vie?

Mon père était pasteur, le père de ma femme aussi. Je suis retourné à l'église, car j'ai compris à quel point c'est important pour moi, dans mon nouveau mode de vie. Pour moi, être un rockeur et un chrétien, c'est deux choses. La religion, ce n'est pas de prier constamment, c'est une relation un à un avec Jésus.

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Alice Cooper se produit en première partie de Mötley Crüe, lundi soir, au Centre Bell.

Hollywood Vampires

Alice Cooper mène le projet Hollywood Vampires avec Johnny Depp et Joe Perry. Ensemble, ils sortiront un album le 11 septembre, réalisé par le grand Bob Ezrin. Au menu: des reprises de grands classiques du rock, ainsi que des collaborations avec Paul McCartney, Dave Grohl, Joe Walsh, Slash et Brian Johnson. Du bonbon!

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