Québec Redneck Bluegrass Project: dans la vraie marge

Le Québec Redneck Bluegrass Project est un groupe,... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE)

Agrandir

Le Québec Redneck Bluegrass Project est un groupe, voire un collectif, dont les nombreux membres font des allers-retours entre différents projets.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Alors qu'elle tourne partout au Québec, la bande délurée de Québec Redneck Bluegrass Project aura droit vendredi à une sortie en magasin de ses trois albums enregistrés de façon totalement indépendante. Histoire vraie qui ne s'invente pas d'un groupe québécois pure laine né... dans le sud de la Chine!

Test de son au Divan Orange. Deux Chinoises prenant soin d'un bébé jasent devant la porte pendant que les membres de Québec Redneck Bluegrass Project, alignés sur la scène, se réchauffent les doigts et les cordes vocales, bière à la main.

Dylan vient de La Motte, en Abitibi. Charles est né à Alma, pas loin de Nick - à Roberval - et de JP, qui a grandi à Chicoutimi, en face de chez Frank.

Pourtant, le Québec Redneck Bluegrass Project est né en Chine, en 2006. Décrivons-le comme un groupe, mais il s'agit plutôt d'un collectif dont les nombreux membres font des allers-retours entre différents projets.

Au tout début? «Nick et moi sommes partis en voyage ensemble pour finalement nous installer dans le sud de la Chine, à Kunming, dans le Yunnan, raconte Charles. Un jour, on se réveille et il y a quelque chose qui sent vraiment mauvais dans le salon et il a un "pad". Surprise, il jouait de la guitare et il chantait.»

Depuis, tout le monde surnomme JP «Le Pad», sa coiffure rappelant celle de Bernard Adamus, alors qu'il ressemble à une sorte de croisement entre Plume et Dédé Fortin.

Pourquoi s'être installés dans le Yunnan? Pour apprendre le chinois, pour les filles, le faible coût de la vie, mais surtout le pot qui pousse dans la rue et la bière. «Cinquante sous pour une grosse.»

JP, principal auteur-compositeur de QRBP à ce jour, jouait du bluegrass. «Nous, on ne connaissait même pas ça! On jouait du punk. Notre affaire était crottée et JP a amené une énergie positive», raconte Nick avec son accent du Saguenay.

JP a abouti à Kenning dans le cadre d'un long voyage sac au dos en Asie. Il connaissait le coloc québécois de Nick et Charles. Or, son père lui a appris, des années plus tard, que Nick était son petit-cousin. Comme quoi le monde est petit, même du sud de la Chine au Québec.

La bande décide alors de former un groupe bluegrass de reprises. «On s'est mis à jouer dans des mariages et pour du corpo, raconte Charles. On se faisait aussi inviter dans des expositions de voitures. C'est super payant. L'hiver, on crémait au boutte

De reprises en chansons originales

JP se met ensuite à composer des chansons, si bien que les membres de QRBP enregistrent dans «leur cuisine» le premier album du collectif, Sweet Mama Yeah, avant de le sortir en juin 2010.

Moment marquant de l'histoire de QRBP: le «bien-être tour» à travers l'Asie du Sud-Est, dans les rues du Laos, de la Thaïlande et de l'Inde. «Une tournée de "buskage" assez payante pour nos dépenses, indique Charles. On jouait pour les sourires. En Inde, il y avait des centaines de personnes dans le ghetto de Calcutta... des gens debout sur des chars.»

A suivi une «vraie» tournée chinoise pour le deuxième album, 3000, boulevard de Mess.

Entre-temps, des membres ont déserté et d'autres sont arrivés (dont Frank, à la contrebasse) alors que le groupe s'est mis à tourner au Québec tous les étés. Dylan Perron, gagnant du dernier concours Les Francouvertes, accompagne le groupe au banjo depuis quelques années, parallèlement à ses autres projets.

«C'est un band qui n'est pas cadrable, note le musicien qui a étudié le jazz à Concordia. Le groupe a une esthétique musicale [...] avec plein d'harmonisations qui font croire que les gars ont étudié au cégep. La culture musicale est là, mais c'est instinctif et non didactique.»

En tournée au Québec

Aujourd'hui, les nuits de spectacles ne se terminent plus sur le divan d'un admirateur déniché dans les effluves de l'alcool. Les membres de Québec Redneck Bluegrass Project n'ont rien perdu de leur esprit festif, mais ils dorment dans des lits dans le cadre de tournées relativement organisées.

Nick tourne par ailleurs avec son enfant et sa femme chinoise.

Cet été, QRBP se balade un peu partout au Québec. Il avait quelque 50 spectacles à son calendrier: aux FrancoFolies de Montréal, au Festival d'été de Québec, à Moncton, Trois-Rivières, alouette...

Le groupe s'apprête à donner suite à son album Scandales & bonne humeur, enregistré «dans un vrai studio» et sorti en février 2014.

«Pour le quatrième disque, on a sept ou huit chansons qui vont bon train. Le plan est de louer une maison quelque part pendant un mois pour faire les arrangements», raconte JP. Un chalet au Mexique, une roulotte au Maroc: les offres sont les bienvenues!

«On fait toujours avec ce qu'on a», résume Charles.

Bonne nouvelle: les trois albums de QRBP sortiront en magasin et en format numérique vendredi. «Le groupe en vend pareil en maudit, des albums, souligne Dylan Perron. Les choses se passent.»

«Mais il était temps qu'on soit distribué, car on se distribuait extrêmement mal! On va être gagnant en bout de ligne», dit JP.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer