Randy Bachman: une cure de jouvence blues-rock

Le vieux routier Randy Bachman s'est fait plaisir... (Photo: fournie par l'artiste)

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Le vieux routier Randy Bachman s'est fait plaisir en composant un nouvel album à la manière des power trios britanniques des années 60.

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Randy Bachman a de bien grands pieds. «J'ai les talons dans les années 60 et les orteils en 2015», dit en pouffant de rire le guitariste et chanteur canadien de 71 ans qui a connu la gloire avec les Guess Who et Bachman Turner Overdrive.

Bachman est tout feu tout flamme, lui qui lance ces jours-ci son nouvel album Heavy Blues et qui s'est arrêté au Théâtre Corona jeudi soir en compagnie de ses deux nouvelles musiciennes: Anna Ruddick, membre du groupe montréalais Ladies of the Canyon, à la basse, et Dale Anne Brendon à la batterie.

Heavy Blues est un concentré de blues-rock à la manière des power trios britanniques de la fin des années 60. Bachman ne le nie surtout pas, lui qui, en studio, a exhorté sa section rythmique à s'inspirer de ces dieux du rock anglais.

«Elles ont étudié le blues-rock de cette époque et elles rêvaient d'en jouer, mais moi, je l'ai vécu, dit-il. À la fin des années 60, j'étais en Angleterre et je faisais des tournées avec Led Zeppelin et les Who.»

«Avant d'aller en studio, j'ai suggéré aux filles de regarder des clips des années 60 sur YouTube. John Bonham, Ginger Baker et Keith Moon ne jouaient pas de leurs instruments, il les attaquaient!»

À trois, ils se sont lancés dans la chanson The Edge comme s'ils se prenaient pour les Who au Marquee Club de Londres en 1968. Puis Bachman leur a demandé de jouer Ton of Bricks comme le faisait Led Zep sur Immigrant Song ou Whole Lotta Love et de reprendre le rythme de Manic Depression de Jimi Hendrix dans Bad Child.

«On a fait d'autres morceaux à notre manière, comme du vieux Jimmy Reed qu'on aurait alourdi, ajoute-t-il. On s'est amusés comme des enfants dans un sous-sol, un peu comme les gars de Wayne's World, sans se demander si les gens aimeraient cet album et sans se douter qu'on aurait un jour des guitaristes invités.»

Des duos de guitaristes

Si les albums de duos de chanteurs ont la cote depuis des années, les disques de duos de guitaristes sont moins communs. Randy Bachman en a eu l'idée un peu par hasard.

Avec un nouveau contrat de disques en poche avec le label canadien True North, il a sollicité le réalisateur australien Kevin Shirley qui avait cinq jours de studio à lui consacrer. C'est tout le temps dont le guitariste et ses deux amies avaient besoin pour enregistrer une douzaine de chansons.

Shirley est parti mixer l'album dans son studio de Malibu et il a demandé à son voisin guitariste, Joe Bonamassa, de jouer un solo dans la chanson Bad Child.

Séduit par l'idée, Bachman a aussitôt envoyé un courriel à son vieux pote Neil Young qui a accepté d'être de l'aventure. Par la suite, il a recruté Peter Frampton et Robert Randolph, avec lesquels il avait joué l'an dernier au Hollywood Bowl, puis Scott Holiday et Luke Doucet ont embarqué eux aussi.

Auparavant, il avait demandé à la veuve de Jeff Healey s'il pouvait se servir d'un enregistrement qu'ils avaient fait ensemble pour l'inclure dans sa chanson Confessin' the Devil.

«C'est Neil [Young] qui m'avait conseillé, si je décrochais un contrat de disques, de ne pas refaire du vieux Randy Bachman en faisant comme si c'était nouveau. Il m'a dit: «Trouve-toi un nouveau groupe et un nouveau réalisateur, écris de nouvelles chansons et procure-toi d'autres guitares.» J'ai acheté des vieilles guitares des années 50 et 60 et des amplis différents, donc je ne pouvais pas jouer de la même façon.»

Bachman a également communiqué avec d'autres guitaristes comme Billy Gibbons de ZZ Top et Pete Townshend qui n'étaient pas disponibles pour jouer sur son album. Mais une demi-douzaine de guitaristes auxquels il a fait écouter Heavy Blues veulent déjà être de la partie s'il enregistre un autre disque du genre.

Rajeunir de 20 ans

Bachman vient à peine d'entreprendre une tournée avec Anna Ruddick et Dale Anne Brendon et il est emballé: «On a joué samedi soir [le 4 avril] au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland et le public était fou. C'est comme si je remontais dans le temps et que je jouais American Woman avec les Who, Taking Care of Business avec les Rolling Stones ou You Ain't Seen Nothing Yet avec Cream. J'ai l'impression d'avoir 51 ans, pas 71 ans! Je n'ai rien ressenti de tel depuis des années.

«Ça m'est arrivé quand j'ai créé American Woman sur scène pour les Guess Who, quand j'ai composé Taking Care of Business en spectacle avec BTO et puis sur ce nouvel album. J'espère que les gens vont entendre ce plaisir et cet enthousiasme.»

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BLUES-ROCK. Randy Bachman. Heavy Blues. True North.

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