Emie R. Roussel: indivisible trio

Quantum, troisième enregistrement de la jazzwoman Emie R. Roussel,... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Quantum, troisième enregistrement de la jazzwoman Emie R. Roussel, carbure à deux énergies: surtout acoustique, mais aussi électrique. Lancé en février dernier, le nouvel album de ce trio qu'elle forme avec le batteur Dominic Cloutier et le contrebassiste/bassiste Nicolas Bédard constituait la matière principale au programme de l'Upstairs, samedi soir.

Rappelons que la pianiste avait été remarquée à la sortie de son deuxième album, Transit, ce qui lui valut d'être nommée Révélation Radio-Canada Jazz 2014-2015, et de gagner un prix Opus du Conseil québécois de la musique pour le meilleur CD jazz de l'année 2014. Nous voilà en 2015, et le trio d'Emie R. Roussel évoque la science pour en souligner le caractère indissociable. « En physique, peut-on lire dans les notes du nouvel album, quantum représente la plus petite mesure indivisible et suggère ainsi une parfaite illustration du trio.»

Emie R. Roussel sait fort bien que la qualité d'un trio de jazz repose non seulement sur les compositions de son leader, mais aussi sur sa cohésion, la qualité de l'interaction entre ses membres, bref sur son indivisibilité.

«Depuis plus de trois ans, nous jouons ensemble. Nous avons plus de facilité à ouvrir les pièces, à sortir du canevas de base et donc à nous amuser en nous relançant les uns les autres. Individuellement, nous avons aussi évolué, car nous travaillons tous fort individuellement.

«Aujourd'hui, j'ai le sentiment que nous sommes trois solistes, car je reçois beaucoup de créativité de la part de mes collègues. Pour Quantum, les compositions sont de moi, mais les arrangements ont été imaginés en groupe. Nous avons trouvé ensemble une couleur propre à chacune des pièces, ce qui a donné à cet album toute sa cohérence.»

Chez Effendi

Avec Quantum , Emie R. Roussel a rejoint la famille Effendi, étiquette montréalaise à qui l'on doit aussi la tenue du festival Jazz en rafale. Actuellement en tournée au Japon avec le contrebassiste Alain Bédard, directeur artistique et cofondateur d'Effendi, son père Martin Roussel est aussi pianiste de jazz. Natif du Bas-du-Fleuve, il a vécu plus de 20 ans à Montréal avant de retourner dans sa région natale à Rimouski, il y enseigne le piano comme sa fille bien-aimée.

«J'ai un contrat au cégep de Rimouski, j'y enseigne le piano et m'occupe des petits ensembles. J'y passe un minimum de trois jours par semaine. Ça m'assure une stabilité financière et il me reste du temps pour travailler sur ma création.»

Jazzwoman de son temps, Emie R iou x-Roussel se réclame de Brad Mehldau, Robert Glasper, Shai Maestro, Avishai Cohen, Jef Neve, Esperanza Spalding, Jill Scott, D'Angelo, Laura Mvula. Références jazz mais aussi R&B, d'où les composantes groovy de Quantum.

«Nous étions en train d'enregistrer Transit et nous avions réalisé que nous aimions tous le R&B et le groove. Le temps a passé et les nouvelles pièces plus groovy (Fender Rhodes, basse électrique et batterie) me sont venues naturellement lorsque je me suis mise à l'écriture de Quantum. Mais je ne voulais pas un album R&B; les pièces de l'album sont surtout acoustiques.» Emie R. Roussel estime en outre que les nombreux concerts donnés par le trio en ont rendu ses membres bien meilleurs qu'ils ne l'étaient lors de leur rencontre, il y a trois ans.

«Nous avons joué partout au Québec, dans l'Ouest canadien, en Australie, en Nouvelle- Zélande, récemment en Europe, et nous avons d'autres concerts à donner au Québec. Nous sommes allés en Italie, en Estonie et en France. Nous avons d'ailleurs joué au Sunside à Paris, où nous avons aussi lancé Quantum. Nous en avons profité pour lancer le nouvel album en Europe. Lors de ce voyage, nous avons invité un saxophoniste rennais, Maxence Ravelomanantsoa, à se joindre à nous pour les sets de l'Upstairs.»

Déterminée à imposer son trio sur la planète jazz, Emie R. Roussel organise elle même une bonne part de ses tournées.

«L'an dernier, explique-t-elle, je me suis rendue à la foire Jazz Ahead, en Allemagne; j'y ai fait les contacts nécessaires à une tournée en Océanie. Le trio y a joué notamment à Melbourne dans le cadre d'un festival de jazz se consacrant aux femmes leaders. Puis Effendi nous a aidés pour la tournée européenne. Jouer me tient vraiment à coeur, j'adore ce métier. Un cadeau de la vie! Tourner, c'est enrichissant, on y fait de belles rencontres, on tisse des liens avec l'extérieur. Je veux mener ça le plus loin possible.»

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