Laurence Jalbert: une infime partie de son infinité

Laurence Jalbert a concocté un album qui regroupe... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Laurence Jalbert a concocté un album qui regroupe 12 chansons connues revisitées, ainsi qu'un livre qui raconte leur histoire, et la sienne, par extension.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Marie-Christine Blais
La Presse

Cette semaine, Laurence Jalbert lance un album... et un livre. Un livre? Oui, une autobiographie. Plutôt un «essai autobiographique», intitulé À la vie, à la mer et articulé autour de 12 chansons de la vibrante «Lau» pour raconter sa vie et sa carrière mouvementées.

Ces 12 chansons - Rage, Au nom de la raison, Encore et encore, etc. - se trouvent, elles, sur l'album numérique intitulé lui aussi À la vie, à la mer, en version guitare-voix étonnamment renouvelée. Des versions remplies de vie, pas d'amer...

Non, pas d'amer chez Laurence Jalbert: «Parce que je suis la somme de tous mes choix et qu'au final, je suis tout simplement la fille à Robert pis Edna», lance-t-elle avec un beau grand sourire.

Fille à Robert pis Edna, donc fille de la Gaspésie, fille de la mer, mais aussi fille de gang, fille de coeur, fille de bar, fille mère et grand-mère, fille de 55 ans dont le premier album est sorti il y a 25 ans, fille de scène (quelque 125 spectacles en 2014)... et fille intense en pas pour rire.

Le livre de Laurence

La dernière fois que nous nous étions rencontrées, Laurence Jalbert venait de perdre son père Robert et avait failli être attaquée par un ours noir! Mais on ne trouvera cet épisode dans le livre À la vie, à la mer, parce que Laurence a des choses bien plus dérangeantes à raconter.

Si on voulait racoler le lectorat, on se contenterait de dire qu'il y est question de bactérie mangeuse de chair, de surdose, de bataille avec les poings dans les bars, de nourrisson tué à la naissance, de dépression majeure, de bébé grand prématuré, de fans aux instincts meurtriers...

Tout ça s'y trouve, sauf qu'on ressort de la lecture de l'ouvrage avec une impression de lumière, d'apaisement même! Car il y est aussi question d'amitié indéfectible, de musique qui ouvre et guérit, d'amour maternel immense, de spectacles inoubliables, de beauté inattendue, de volonté...

«C'est le pourquoi du livre, explique Laurence Jalbert avec un autre beau grand sourire. Dans mes spectacles, je sais que je réussis à toucher autant avec mes textes de présentation qu'avec mes chansons. Je ne suis pas du tout une thérapeute: je suis une chanteuse qui prend les choses à coeur parce que mes chansons entrent dans le coeur des gens. Alors, quand Claude André [journaliste culturel avec qui elle a travaillé pour rédiger ce livre écrit au "je"] m'a proposé qu'on écrive ma vie, j'ai réalisé que ça ne me tentait pas du tout de raconter que j'étais née à telle date!

«Mais raconter pourquoi existent des chansons comme Tomber, ou Corridor, ou Berceuse, raconter leur histoire qui se mêle à la mienne, les rencontres que j'ai faites grâce à elles, ça, ça me tentait.»

D'où le livre À la vie, à la mer, en librairie jeudi prochain, et dont on peut lire chacun des 12 chapitres indépendamment: «J'ai travaillé l'ordre des chapitres comme je travaille l'ordre des chansons pour un album ou un spectacle. Et laisse-moi te dire que c'est du travail! Je suis en train de travailler à un nouvel album pour l'automne prochain, et je sais que ça va être aussi quelque chose, trouver l'ordre des nouvelles tounes! Mais j'ai toujours tenu à m'en occuper», explique celle qui entreprendra une tournée de conférences à compter du mois de mai.

Le livre est dédié au compositeur et musicien Guy Rajotte, mort en avril 2014, aux côtés de Laurence depuis ses débuts: en 1976, elle avait répondu à la petite annonce «cherche chanteuse talentueuse pour ban de covers top 40 et de création», publiée par Rajotte. Pendant les 38 années suivantes, ils ne se sont plus quittés: «Guy et moi, on est la preuve qu'un gars et une fille peuvent être vraiment amis.»

Le disque de Laurence

C'est Yves Savard, autre ami de longue date, guitariste hors pair et compositeur, qui accompagne Laurence Jalbert sur l'album (numérique seulement) À la vie, à la mer, en vente à compter de mardi.

Mais il y a plus sur cet album que 12 très belles versions de chansons connues de Laurence Jalbert. En effet, cette dernière a décidé d'ajouter parfois des paroles à ses textes: on est ainsi nombreux à pouvoir fredonner «plus de raison d'exister», les tout premiers mots tristes de la chanson Au nom de la raison; on devrait être nombreux à soudain sourire en entendant Laurence chanter à la fin de cette nouvelle version: «T'as toutes les raisons d'exister.»

Laurence, qui sera du spectacle Femmes ensemble le 8 mars avec sa meilleure amie Marie-Lise Pilote et à qui l'émission En direct de l'univers sera consacrée le 28 mars, sentait ces ajouts indispensables: «J'ai une voix porteuse, et là, je veux porter de la lumière, de la confiance... J'ai quatre octaves de registre, mais ce n'est pas nécessaire de tous les faire en show; ce qui est nécessaire, c'est de s'en servir pour toucher les gens et peut-être les alléger un instant.»

C'est aussi pour alléger ceux qui le veulent et en hommage à sa mère Edna, qui adorait Nana Mouskouri, que Laurence Jalbert ajoute, à la toute fin de sa chanson Berceuse, quelques paroles tirées d'un grand succès de Nana, parfaites pour souligner la sortie d'un livre: «Toi l'étranger qui me lira, écoute ma prière...»

À la vie, à la mer

Laurence Jalbert

Éditions Un monde différent

208 pages

En librairie jeudi

CHANSON

LAURENCE JALBERT

À la vie, à la mer

Productions Laurence Jalbert

Sortie mardi en format numérique




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