Guy Bélanger: retour aux premières amours

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Le bluesman Guy Bélanger a lancé un nouvel album cette semaine.

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Daniel Lemay
La Presse

Peut-être parce qu'il accompagne Bob Walsh depuis toujours, Guy Bélanger est considéré comme un blues-man. Ou est-ce tout simplement parce qu'il joue de l'harmonica, un instrument de tout temps associé au blues?

Pourtant, le fils de Beauport a à son crédit une soixantaine de participations à des projets dont la moitié n'ont rien à voir avec le genre, de Chloé Sainte-Marie à Gildor Roy, du Cirque du Soleil à Gérard D. Laflaque. Disons que Guy Bélanger est un bluesman qui joue de tous les styles et qu'il a lancé mardi son quatrième CD intitulé... Blues Turn.

«Mes trois premiers n'étaient pas des disques de blues. Celui-ci peut être considéré comme un retour à mes premières amours: j'ai commencé à jouer pour vrai avec Bob Walsh à Québec, il y a 40 ans», nous dira Guy Bélanger, rencontré la semaine dernière à sa résidence de Repentiguy, sur la rive sud de la rivière L'Assomption, un matin où se rassemblaient des centaines d'oiseaux migrateurs avant le grand voyage dont ils ne reviendront qu'au printemps.

Bélanger, lui, a connu une migration plus rapide: deux jours à Chicago et deux jours à Toronto d'où il a ramené 6 des 12 pièces du disque. Les 6 autres titres de Blues Turn ont été enregistrées chez Piccolo à Montréal avec ses collaborateurs habituels - André Lachance, un guitariste au son unique, le bassiste Marc-André Drouin et le batteur Michel Roy - qui l'accompagneront à son concert de rentrée, le 29 novembre à L'Astral.

Équipe de pros

«Je me suis payé la traite», sourit Bélanger en évoquant son premier voyage à Chicago, capitale du blues où René Moisan, le patron des disques Bros, a ses entrées. Enregistrement à la célèbre Delmark House de North Chicago avec des bluesmen primés: Big Eyes Smith, «le drummer no 1 de Chicago», Felton Crews, qui a joué avec Miles dans sa période funk, et Jimmy Johnson, un grand «un peu négligé par l'histoire», qui chante et joue de la guitare sur Last Night.

«On a enregistré ça live in the studio: une prise pour trouver le beat et une autre que je n'ai pas eu à retoucher. Des pros...», raconte Guy Bélanger.

À Toronto, Bélanger a travaillé avec le guitariste Steve Strongman, son compagnon de tournée de l'été dernier. «Steve et moi, ça marche», lance-t-il en évoquant sa rencontre avec cet «autre monde», celui des Maple Blues Awards où il a souvent été... en nomination. De la Ville Reine, Guy Bélanger a rapporté la bien nommée Queen City Storm, une de ses trois compositions du disque, Take a Walk Around the Corner de Leroy Carr et une Corrina, Corrina revisitée, titre que lui avait suggéré son frère Louis, le cinéaste de Gaz Bar Blues, film dont «Ti-Guy» a écrit la musique avec Claude Fradette.

Guy Bélanger, «tête dure», se laisse mener par sa conscience historique. «Tout le monde joue Mustang Sally et Sweet Home Chicago. Moi, j'essaie de revisiter des pièces moins connues, de les jouer à ma manière dans des styles différents: blues rock, gospel, country.»

Ici, le Highway Song d'un Gaspésien nommé Mike Robertson, deux pièces du révérend Gary Davis, un blues-man dont le nom est réapparu dans le folk revival des années 60, et une de Blind Boy Fuller, un élève de Davis, aveugle comme lui, qui pratiquait un style de guitare hérité du ragtime appelé Piedmont Blues, du nom du plateau qui longe la côte Est américaine.

Porte-étendard de Seydel

Guy Bélanger ne joue pas de la guitare. Il chante (ici sur trois pièces), ou il joue de la «musique à bouche», depuis peu sur des instruments du facteur allemand Seydel, l'un des premiers à fabriquer des «harmonika», au milieu du XIXe siècle. Seydel se cherchait justement un porte-étendard au Canada. Bélanger a envoyé quelques pièces et les Saxons ont dit: Wunderbar!

Pour Guy Bélanger, l'harmonica est un instrument «ludique» qui peut prêter à l'esbroufe avec une trop grande profusion de notes: «J'essaie de jouer juste les notes qu'il faut...» L'harmonica - il utilise le type diatonique standard: une note soufflée et une note aspirée pour chaque trou - est aussi un instrument soliste de plein droit: «Quand un band embauche un harmoniciste, c'est pour jouer des solos. Avec Bob [Walsh], j'ai toujours eu une belle place. Je vais jouer avec lui tant que je pourrai...»

Dans le temps, Guy Bélanger jouait de la flûte à bec, ces affaires en plastique à 5$ dont les «potteux» des années 70 essayaient de tirer des mélodies. Un soir, dans un party, un de ses amis a pris sa flûte, l'a cassée et lui a donné un instrument Hohner en do. «Tiens! essaye ça.»

L'harmonica venait de choisir Guy Bélanger.

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BLUES. Guy Bélanger. Blues Turn.

Guy Bélanger sera en spectacle à L'Astral le 29 novembre 2014 à 20h.

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