La fibre comique de Carla Bruni

En concert, Carla Bruni se permet de montrer... (Photo: archives AP)

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En concert, Carla Bruni se permet de montrer son côté fantaisiste et taquin.

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Tout le monde sait que Carla Bruni a été mannequin avant de se lancer dans la chanson avec l'album Quelqu'un m'a dit, «un petit miracle» vendu à plus de deux millions d'exemplaires. Et qu'elle s'est volontairement éclipsée de la scène après avoir épousé le président Nicolas Sarkozy.

Le récital qu'elle donnera au Théâtre Maisonneuve le 21 avril - son premier en carrière au Québec - est plutôt dépouillé, voire intimiste, et tout à fait en phase avec la chanson française classique à laquelle elle voue une admiration sincère qui s'exprime dans la chanson-titre de son dernier album, Little French Songs.

Entourée de deux musiciens, la chanteuse s'y raconte, se remémorant notamment la petite Italienne qui ne parlait pas français à son arrivée dans l'Hexagone avant d'enchaîner avec sa version italienne de la Douce France de Trenet.

Mais ce concert, que La Presse a vu à Paris en novembre dernier, fait également ressortir la fantaisie et l'humour parfois taquin de Carla Bruni. «J'ai un peu la fibre comique et, en vérité, mon rêve est de faire rigoler, dit-elle au fil d'une conversation téléphonique tout à fait décontractée. Mais comme je fais des chansons assez mélancoliques, je ne peux pas non plus lancer vanne sur vanne.»

En novembre, le public du Casino de Paris a reconnu dans sa chanson Mon Raymond son ex-président de mari et un spectateur enthousiaste a même crié: «Reviens, Raymond!»

«C'est vrai que c'est cocasse parce que c'est un mélange de deux mondes très différents, dit Carla Bruni. J'essaie de m'extraire un peu de tout ça, mais, pour vous dire la vérité, ça ne me gêne en rien. Ça m'amuse, ça me fait sourire.»

Comme ça l'amuse sans doute que le public perçoive dans Le pingouin une allusion à peine voilée au président français actuel, François Hollande. Chanson qu'elle présente d'ailleurs en précisant qu'elle n'a absolument rien contre les pingouins.

«Je ne voudrais pas me retrouver avec la PETA sur le dos qui penserait que je parle de l'animal, dit-elle en pouffant de rire. C'est un animal curieux, ce pingouin, parce que je n'ai jamais compris si c'est un oiseau ou un poisson.»

Jouer le jeu

Le mois dernier, dans la foulée de l'affaire des enregistrements des conversations privées des Sarkozy-Bruni faits à leur insu par un proche conseiller de son mari, elle a présenté son tout premier succès au public parisien de l'Olympia en disant: «Quelqu'un m'a dit... qu'on nous écoute.»

«Mais je voulais que le public soit attentif, proteste-t-elle en rigolant. Quelqu'un m'a dit qu'on nous écoute, il y a des oreilles partout, c'est Big Brother.»

Plus sérieusement, elle ajoute: «J'ai toujours joué le jeu non seulement avec le public, mais aussi avec moi-même. Je ne prends pas tellement mon existence au sérieux et c'est beaucoup plus difficile d'écrire gai que d'écrire triste. Au fond, toutes les choses qui me permettent de faire un peu de malice me comblent en tant qu'auteur et compositeur.»

«Les gens disent que je joue avec mon personnage, mais, quand on a une image publique, elle est tellement transformée que si on ne s'amuse pas avec, on a une vie de con», ajoute-elle.

Ce concert feutré qui n'est quand même pas une enfilade de gags, Carla Bruni l'a voulu «un peu sur le fil, au bord du précipice», dit-elle. Elle avait en tête un tour de chant à la Nougaro et Aznavour, son modèle absolu qui «joue ses chansons avec une grande sobriété».

À la liste des artistes qui l'inspirent, elle ajoute Brassens, «ce type génial» qui l'a un peu libérée quand elle a constaté qu'il était lui aussi «intimidé entre chaque chanson, embarrassé par la lumière».

Le vieux Georges à qui, coquine, elle a emprunté la chanson Fernande sur un album hommage. «Je reprenais Fernande sur scène et c'était tous les soirs une espèce de fou rire fantastique. S'il y a une chose que les filles ne font pas, c'est précisément ça, bander, et donc le dire à la première personne avec une certaine féminité, ça me plaisait bien.»

Les annulations

Carla Bruni n'a jamais vraiment arrêté d'écrire des chansons. «J'ai un rapport à l'existence assez contemplatif et assez rêveur, donc je ne suis pas non plus passionnée par cette époque spasmodique, dit-elle. L'écriture, pour moi, c'est le contraire, c'est un refuge.»

C'est la première fois que la chanteuse renoue vraiment avec la scène depuis ses concerts en France à l'époque de Quelqu'un m'a dit. Ceux qu'elle devait donner à Québec et à Gatineau ont été annulés en janvier. Les organisateurs ont évoqué une faible vente de billets sans doute bien réelle, mais l'artiste affirme qu'elle avait déjà signifié qu'elle ne pourrait remplir ces engagements; ils auraient été pris sans qu'on la consulte.

«J'ai demandé à ma productrice ici qu'elle me prenne des salles petites et qu'elle tienne compte du fait que, physiquement, je ne peux pas faire un concert par jour; je n'y arrive tout simplement pas. Ce n'est pas que j'ai une mauvaise santé, mais je suis fragile. Donc je ne chante pas à Ottawa, je ne chante pas à Québec.»

À Montréal, le concert prévu à la salle Wilfrid-Pelletier a été déplacé au Théâtre Maisonneuve où près de 1000 des 1400 billets ont trouvé preneur. Par la suite, Carla Bruni chantera à New York puis à Los Angeles où elle sera l'invitée du talk-show d'Ellen DeGeneres.

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Au Théâtre Maisonneuve lundi prochain.




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