Sorties de disques de la semaine

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La Presse

Parmi les nouveautés, voici les albums qui ont retenu l'attention de nos journalistes.

Ariane Moffatt: mère et monde

Ariane Moffatt n'a pas dormi beaucoup ces derniers mois, mais quelques moments d'évasion glanés soir après soir vers 22 h 22 lui auront permis d'accoucher d'un cinquième album.

Sur la touche médiatique, la jeune mère a trouvé la sérénité sur les touches de clavier. Quid des guits? Partis, sinon une maigre survivance sur la pétillante Miami.

En résulte une dream pop minimaliste, une expédition onirique où se bousculent les thèmes de la maternité, de la nostalgie, de la transition et de l'amour au féminin.

Maman Moffatt murmure souvent plus qu'elle ne chante, sans doute pour ne pas extirper ses jumeaux des bras de Morphée. À moins de les faire bruire et pianoter sur l'atmosphérique Matelots & frères.

22h22, qui flirte avec le new age et embrasse la pop, renferme son lot de surprises et de secrets. Il fera bon le voir grandir. - Charles-Éric Blais-Poulin

* * *  1/2

POP. Ariane Moffatt. 22h22. Simone Records.

Laura Welsh: soul romantique

Voilà un album qu'on n'attendait plus! Après avoir repoussé sa sortie de nombreuses fois, la talentueuse Laura Welsh dévoile son tout premier opus.

L'artiste, qui est souvent comparée à Adele et Jessie Ware, y dévoile une voix soul sur une musique romantique.

Dans Soft Control, l'élément le plus important est incontestablement sa voix. Une voix qui surplombe une musique qui paraît parfois inexistante et qui, de ce fait, nous encourage à nous concentrer sur ses mots.

On aime, mais en même temps, on lui reproche un manque de variété sur le plan des mélodies. Fort heureusement, cette petite maladresse est vite oubliée avec des titres comme Ghosts, God Keeps ou encore Hardest Part qui sont tout simplement sublimes.

Il s'agit d'un bon début pour Laura Welsh, mais avec des producteurs comme Dev Hynes, on aurait aimé un album qui la définit un peu plus. - Erika Peter

* * * 1/2

POP. Laura Welsh. Soft Control. Outsiders Recorded.

Matthew E. White: amalgame de haut niveau

Producteur émérite (Spacebomb Records), réalisateur de qualité, l'homme-orchestre Matthew E. White prend place seul à l'avant-scène pour la deuxième fois en carrière.

Si Big Inner, sorti en 2012, laissait entendre la voix chaude d'un prodige aux multiples vertus, ce Fresh Blood le confirme.

L'Américain mélange avec grande agilité les genres musicaux - rock, pop, soul, R & B, gospel, blues, jazz - les amalgame ou les déconstruit au gré de ses fantasmes.

Ambiance feutrée avec choeurs féminins pour les thématiques amoureuses (Feeling Good Is Good Enough); rythme saccadé et ajout de guitare pour les chansons plus accessibles (Rock And Roll Is Cold); crescendo, présence de piano et de violons larmoyants mis au service des textes pour les compositions aux thématiques sérieuses (Holy Moly traite des sévices sexuels commis par des prêtres).

Ce Fresh Blood est un album généreux, tout en rondeur, où la recherche musicale et la rigueur de son artiste transcendent la musique entendue. - Philippe Beauchemin

* * * *

SOUL ROCK. Matthew E. White. Fresh Blood. Domino Recording.

Will Butler: bric-à-brac rock

Pour son album baptême en solo, Will Butler nous sert huit pièces qui traduisent ses goûts musicaux omnivores.

Passant de balades au piano (Sing to Me) à des élans rock garage (Take My Side), le multi-instrumentaliste semble vouloir s'éloigner de ses confrères d'Arcade Fire en tirant dans tous les sens.

Si certains morceaux (Something's Coming) rappellent Reflector, le dernier album de la formation, l'ensemble transparaît indubitablement l'éclectisme.

À travers ce bric-à-brac musical, Butler parvient difficilement à imprimer sa propre signature, utilisant davantage ce premier opus comme laboratoire expérimental.

Ne manquant pas de profondeur, les propos du chanteur restent néanmoins plus légers que ceux de la formation montréalaise.

Policy tient certes la route, mais on aurait préféré une signature plus épurée pour un album d'une durée totale de 27 minutes. - Charles D'Amboise

* * * 1/2

ROCK. Will Butler. Policy. Merge Records.

Étienne Dupuis & Quatuor Claudel-Canimex: mariage irrésistible

On aime déjà la voix veloutée d'Étienne Dupuis, qui lance enfin un premier disque où il nous propose un récital plein d'originalité mettant magnifiquement en valeur ses qualités vocales, en compagnie du Quatuor Claudel-Canimex.

Le mariage de la voix et du quatuor à cordes est sublime et l'interprétation de Dupuis est sentie et maîtrisée.

L'album a aussi le mérite de nous faire entendre des oeuvres et des compositeurs rarement joués tels que le Britannique Geoffrey Bush et le Québécois Réjean Coallier, dont les oeuvres côtoient des pièces connues comme le traditionnel Danny Boy et l'Adagio pour cordes de Samuel Barber.

Réjean Coallier a composé son émouvant cycle de mélodies sur de jolis poèmes de Sylvain Garneau ayant pour thèmes la nature et l'amour. Une réussite! - Caroline Rodgers

* * * *

CLASSIQUE. Étienne Dupuis & Quatuor Claudel-Canimex. Love blows as the wind blows. ATMA Classique.

Emie R. Roussel Trio: acoustique ou groovy

Quantum évoque à la fois l'indivisibilité de ce trio et la spécificité de ses participants: Emie R. Roussel, piano et claviers, Nicolas Bédard, basse et contrebasse, Dominic Cloutier, batterie.

C'est aussi le titre d'un deuxième album de cette douée pianiste que l'on peut compter parmi les espoirs nationaux du jazz depuis la sortie de l'opus Transit (juin 2013).

Ce Quantum comporte une part de jazz acoustique typique de la période actuelle (attitude jazz indie, néo Brad Mehldau) et aussi un volet électrique (Rhodes et basse) axé davantage sur le groove marqué par le funk, le R & B ou le hip-hop (néo Robert Glasper).

Nous sommes ici devant une double allégeance esthétique, typique chez les jeunes musiciens de jazz, il faut d'ailleurs louer l'effort d'adaptation de l'ambitieux trio québécois à ce nouveau cycle.

Emie R. Roussel et ses collègues n'ont pas encore atteint les standards internationaux (en termes de technique), on leur souhaite d'y parvenir.

La meilleure façon à mon sens serait d'offrir encore plus de singularité dans les compositions et le son collectif. - Alain Brunet

* * * 1/2

JAZZ. Emie R. Roussel Trio. Quantum. Effendi.

Autres sorties

Searching For Zero, Cancer Bats

Wasted On The Dream,  Jeff The Brotherhood

Homage, Jimmy Somerville

Histoires sans mots,  Hichem Khalfa

Spring Break... Checkin' Out,  Luke Brian

Temps bipolaire, Navert

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