Rufus Wainwright: du bivouac sympa au septième ciel

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Entre des airs de Leonard Cohen, de Joni Mitchell et de Neil Young, qui ont une fois de plus mis en valeur la richesse de la voix de Rufus Wainwright, ce diable d'homme a glissé des choses aussi étonnantes que Safety Dance de Men Without Hats, plus amusante que convaincante, le mégasuccès Up Where We Belong de Joe Cocker et Jennifer Warnes.

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Les spectateurs rassemblés hier soir dans la très chaude chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours ont eu droit à un spectacle qu'ils n'oublieront pas de sitôt. Rufus Wainwright, ses trois musiciens et sa famille - la tante Anna, la soeur Martha et la cousine Lily - ont pigé allègrement dans la chanson populaire canadienne pour nous offrir un concert éclaté que seul Rufus pouvait concevoir.

Rufus rêvait de chanter Suzanne de Leonard Cohen dans la petite chapelle citée dans cette chanson [«our lady of the harbour», d'où le titre du concert d'hier] qui a fait connaître le regretté Montréalais à la planète il y a 50 ans. Il a même jonglé avec l'idée d'interpréter de bout en bout le premier album de Cohen, entreprise casse-gueule pour le papa de la petite-fille de Cohen. Il a finalement décidé de puiser dans le vaste répertoire de la chanson populaire canadienne pour monter un concert qu'il donnera encore ce soir au même endroit avant de le présenter au théâtre Ford de Los Angeles dimanche. Un disque sera tiré des enregistrements de ces trois concerts, nous a-t-il dit hier.

En fait de concept élastique, difficile de trouver mieux. Qui aurait pu prédire au début de cette soirée lancée de façon un peu brouillonne sur l'air de Do You Believe in Magic - chanson empruntée au groupe américain The Lovin' Spoonful sous prétexte que l'un de ses membres était torontois - qu'elle atteindrait par moments de tels sommets d'émotion? Et que Rufus et sa bande parviendraient à offrir un concert qui se tienne à partir de chansons aussi disparates?

De Cohen à Céline Dion

Entre des airs de Cohen, de Joni Mitchell et de Neil Young, qui ont une fois de plus mis en valeur la richesse de la voix de Rufus Wainwright, ce diable d'homme a glissé des choses aussi étonnantes que Safety Dance de Men Without Hats, plus amusante que convaincante, le mégasuccès Up Where We Belong de Joe Cocker et Jennifer Warnes, dont la musique a été composée en partie par Buffy Sainte-Marie, une version dramatique de Crown of Love d'Arcade Fire et, croyez-le ou non, Une colombe, le succès d'enfance de Céline Dion que le jeune Rufus a chanté jadis à l'école Saint-Léon-de-Westmount, mû par la conviction qu'il était meilleur que la chanteuse de Charlemagne.

Il y avait évidemment un clin d'oeil dans cet emprunt, mais c'est avec toute son âme que Rufus avait chanté auparavant Ziggy, «la chanson triste et gaie» de Berger et Plamondon qui a dû procurer un frisson à son auteur présent dans l'église.

Parmi les moments de pure beauté, il faut parler des deux chansons de Kate et Anna McGarrigle popularisées par Linda Ronstadt, Heart Like a Wheel et (Talk to Me of) Mendocino, qu'ont interprétées Rufus et Martha comme s'ils les avaient écrites.

Mais le morceau de bravoure de cette soirée pas comme les autres a été le fait de Martha Wainwright, une Martha littéralement possédée qui a mordu dans Going to a Town, l'une des plus belles chansons de son frère, et l'a chantée telle une funambule en équilibre parfait entre théâtralité et nuance. Le public, bouleversé, s'est levé d'un trait pour l'ovationner.




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